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MENUISERIE Réfection de 750 m2 de parquet point de Hongrie

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MENUISERIE Réfection de 750 m2 de parquet point de Hongrie

1. La Galerie des Glaces mesure 73 m de longueur par 13 m de largeur et 12,50 m de hauteur, affiche 17 portes-fenêtres et contient 357 miroirs.

Le chantier de restauration du château de Versailles a été l’occasion de redonner au sol de la galerie des Glaces son fameux point de Versailles. Réalisé en site occupé, câbles et boîtiers électriques ont pu être dissimulés entre les solives du plancher.

Depuis 2003, une grande entreprise de modernisation, de rénovation et de restauration du ­château de Versailles a été ­lancée. Une entreprise pharaonique qui ne nécessitera pas moins de 17 ans de travaux et un budget de 390 Me ! La programmation de la première tranche (de 2004 à 2009) englobe la restauration de la galerie des Glaces qui fait l’objet d’une opération de mécénat du groupe Vinci, à hauteur de 12 Me. Cette galerie grandiose – qui occupe la façade ouest du château – fait l’objet d’une restructuration minutieuse, tant au niveau de ses peintures, sculptures et ­glaces, que de son sol en parquet. Une restauration d’autant plus délicate qu’il fallait laisser la galerie ouverte au public pendant toute la durée des travaux. Pour cela, les ouvriers ont travaillé le lundi, jour de fermeture au public, et la nuit, pour les travaux bruyants. L’intervention sur le parquet, les installations électriques et le système de sécurité incendie constituaient la phase de travaux préliminaires. Ainsi, le parquet primitif, disparu à la fin du xviiie siècle, avait été changé au début du xixe siècle, pour un parquet simplifié, à points de Hongrie, lui-même remplacé en 1950. Vieilli prématurément, (les éléments composants du parquet avaient été cloués et non chevillés), ce dernier a donc été entièrement déposé, car il ne présentait pas d’intérêt archéologique et ne répondait pas aux normes de fabrication d’un vrai parquet type « Versailles ». En dessous, le faux plancher support, constitué de lames en sapin clouées sur des solives, était en bon état, puisque seulement 10 à 20 % de sa surface ont dû être remplacés par de nouvelles lattes. Elles devaient toutefois être ouvertes tous les 2 ou 3 m afin d’intégrer, dans le vide du plancher compris entre les ­solives, les nouveaux câbles et boîtiers électriques, conformément aux normes européennes.

Une pose traditionnelle…au laser

Les trois opérations d’ouverture du faux plancher, de passage des fourreaux et de remise en place des lattes, ont fait l’objet d’une programmation en trois zones, chaque zone devant être traitée sur une durée d’une semaine. Vint ensuite la pose proprement dite du parquet de Versailles. Soit 750 m2 de parquet en chêne ­refait entièrement suivant la technique traditionnelle du point de ­Hongrie. Ainsi, 500 panneaux ont été fabriqués sur mesure en atelier, par l’entreprise Briatte. Une opération complexe puisque chaque panneau comprend 43 pièces (12 carrés de 135 mm de côté, 8 triangles, 19 frises de 65 mm de largeur et de longueurs ­variables, et enfin les 4 battants de 80 x 840 mm bordant le pourtour). Puis, ces pièces, à l’image d’un puzzle, sont assemblées au moyen d’une cadreuse, par emboîtement des rainures et des languettes, ou baguettes de bois de 20 x 6 mm. Ces panneaux de base carrés, qui mesurent 92 cm de côté, sont épais de 24 cm, afin de résister au trafic important de la galerie. De même, des chevilles en bois de 8 mm de diamètre sont fixées à chaque intersection de lames. Les panneaux achevés sont alors mis en œuvre selon un sens de pose immuable à partir d’une lame centrale, perpendiculairement à l’axe longitudinal de la Galerie. Ils se présentent tous orientés à 45°, par rapport à la façade. Sur toute la périphérie, une bande de marbre sert de bordure décorative et de repérage. Après avoir dessiné un pré-­calepinage général des panneaux sur l’ensemble de la surface à traiter, la pose commence par le traçage au sol à partir d’un laser de l’axe général longitudinal. Un premier panneau est ensuite installé à l’entrée, disposé sur sa diagonale, ses pointes alignées sur l’axe formalisé. Il est alors cloué sur tout son pourtour. La rainure périphérique reçoit ­ensuite une fausse languette collée. Cette ­baguette de bois de 2 cm de ­largeur par 6 mm d’épaisseur va servir à liaisonner le panneau à des clavettes intermédiaires. Ces dernières sont clouées sur le faux plancher (voir ­schéma). Les panneaux sont ainsi montés de part et d’autre des panneaux centraux, jusqu’à chaque extrémité de la pièce délimitée par un ceinturage en parquet de 35 cm de largeur. Il se compose de l’assemblage d’une lame ­indépendante clouée le long d’un demi-panneau et d’un parquet doté d’un motif dit « à lames sans fin », également cloué. Ce dernier étant constitué de quatre lames entrelacées formant une succession de rectangles qui ont été fabriqués et assemblés en atelier, suivant le même procédé que ­celui du panneau de base. Préalablement, en sous-face de ces motifs, des boîtiers de sol électriques ont été insérés.

Cette phase de pose permettait d’opérer les ultimes ajustements sur les bords. Le parquet posé étant livré brut, il doit ensuite être traité. Il est d’abord raboté à l’aide d’une raboteuse à parquet équipée d’un tambour et d’un aspirateur, pour présenter une surface parfaitement plane. Il est ensuite poncé, avec la même machine munie d’un abrasif à grain fin, avant de recevoir une patine choisie en accord avec l’architecte en chef des Monuments historiques. Ce produit étalé offre une tonalité spécifique qui vieillit le bois artificiellement. Une cire à chaud termine le travail, avant le lustrage de l’ensemble.

Si ce chantier ne recelait pas de réelles difficultés techniques, le challenge reposait sur une organisation rigoureuse des tâches, au regard du temps imparti très restreint. En ­effet, les travaux ont été effectués en trois mois. Un record quand on sait que la salle est restée partiellement visitée pendant les travaux.

Aux deux tiers de la pose, un échafaudage a été monté, pour lancer la restauration des fresques de la voûte.

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