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Mégapoutres en X pour plateaux de bureaux suspendus

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Mégapoutres en X pour plateaux de bureaux suspendus

© Doc. Odile Decq

Outre son audacieuse structure, le Pavillon 8 du quartier Confluence à Lyon se distingue par les innovations mises en œuvre pour l’enveloppe, l’acoustique et le captage d’eau dans la nappe phréatique qui alimente des dalles actives.

Construit dans le quartier Confluence de Lyon, sur les berges de la Saône, le nouveau siège social de GL Events, société d’événementiel, se développe en deux blocs épurés presque perpendiculaires, vitrés et sérigraphiés, qui dissimulent une audacieuse ossature métallique intérieure. Livré au début de l’année, l’ouvrage a été réalisé par le Studio Odile Decq, qui a remporté le concours en 2005.

Le rez-de-chaussée et sa mezzanine forment un front bâti parallèle au quai Rambaud. L’emprise au sol rectangulaire, de 50 par 33 m, suit un axe longitudinal sud-nord. Un deuxième bloc parallélépipédique abrite les plateaux de bureaux des quatre niveaux de superstructure. D’environ 53 par 35 m, il forme un angle de 86° par rapport à celui du rez-de-chaussée et se déploie dans un généreux porte-à-faux de 28 m par rapport à l’angle des façades nord et ouest. Les quatre niveaux de bureaux du pavillon et leurs circulations s’organisent autour d’un large atrium intérieur. « Notre projet s’attache à reprendre à son compte l’architecture industrielle, mais en la réinterprétant, présente l’architecte Odile Decq. Le pavillon, massif, s’apparente au vocabulaire constructif des ponts roulants et des grues, d’une manière plus radicale encore dans son acceptation. » Ce choix a permis une approche flexible, avec un assemblage sur site d’éléments structurels en composants modulaires simples et répétitifs, préusinés et industrialisés d’usine. Par la minimisation des points d’appui au sol, l’architecte a pu jouer la transparence de l’édifice, tout en réduisant les nuisances du chantier. Le béton armé a été réservé aux ouvrages d’infrastructure et au noyau de contreventement toute hauteur, qui abrite les sanitaires et les locaux techniques.
Outre la complexité structurelle, la modernité de l’ouvrage repose sur les innovations mises en œuvre pour l’enveloppe, l’acoustique interne et la gestion de l’énergie. Trois Atex ont été obtenues par le façadier Hefi Fischer pour ce projet : une pour les façades en double peau et deux pour la verrière photovoltaïque de l’atrium intérieur. Les façades présentent la particularité que l’extraction de l’air vicié s’effectue directement dans la lame d’air de la double peau. D’une surface de 360 m2, la verrière est soutenue par une rangée de 17 poutres en verre de longueur variable. Par ailleurs, elle intègre dans son vitrage feuilleté des cellules photovoltaïques (Ertex Solar) disposées suivant des motifs non répétitifs.

Contraintes de charpente et ambitions visuelles

Côté thermique, l’eau captée dans la nappe phréatique alimente les réseaux hydrauliques des dalles actives qui tempèrent trois niveaux de bureaux, de R +1 à R +3. L’eau de la nappe est également exploitée par des pompes à chaleur (City Multi WR2, Mitsubishi Electric) pour alimenter les cassettes de climatisation à tous les niveaux, ainsi que les planchers réversibles des niveaux R +4 et du rez-de-chaussée. L’une des difficultés du projet a porté sur l’absence de faux plafonds. Les gaines de ventilation, de climatisation (4 500 m de liaisons frigorifiques) et de désenfumage (1 700 m de gaines Promat) sont apparentes et peintes. La synthèse était complexe et précise, du fait des contraintes de charpente et des ambitions visuelles de l’architecte. Pour le confort des occupants, la vitesse de ventilation des cassettes a été limitée à 600 m3/h par cassette. « Autre difficulté : les luminaires suspendus en forme de pétales, assez légers, pouvaient bouger avec le flux de la ventilation, explique Didier Chambas, chef de projet chez Eiffage énergie thermie. Certains pétales, trop proches des cassettes, ont dû être abaissés. »

N°335

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