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LUMINAIRES DÉCORATIFS De l'accentuation à la création d'ambiances

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LUMINAIRES DÉCORATIFS De l'accentuation à la création d'ambiances

Compacts, multisources (Leds compris) orientables dans toutes les directions et offrant un large choix d'ouvertures de faisceaux, les luminaires décoratifs se prêtent aux jeux de mise en valeur et d'accentuation, en particulier dans les commerces, restaurants, showrooms, halls d'accueil et musées.

L es fabricants ont longtemps fait la distinction entre éclairage décoratif et éclairage fonctionnel. Puis, le développement de technologies avancées en matière d'optiques aidant, le luminaire décoratif s'est imposé comme metteur en lumière d'espaces particuliers comme les boutiques ou les musées. Il est alors devenu « architectural » pour ses capacités à mettre en valeur l'architecture des lieux en jouant avec les volumes. Aujourd'hui, ses performances optiques permettent d'aller chercher le plus petit détail d'un décor intérieur pour le souligner. À l'inverse, il est possible de balayer les grands volumes ou de créer différentes atmosphères lumineuses au sein d'un même espace et respecter ainsi la volonté de l'architecte de créer des ambiances variées.

Les designers et concepteurs lumière ont vite compris l'avantage d'utiliser des luminaires compacts et ont été les premiers à créer des produits spécifiques pour obtenir l'effet recherché. Certains luminaires, aujourd'hui en catalogue, sont nés d'une collaboration menée entre un concepteur et un fabricant, dans le cadre d'un projet particulier. Ces exemples sont pour partie à l'origine de l'enrichissement des matériels de série, et permettent d'apporter des solutions innovantes à des projets présentant les mêmes contraintes techniques. Ainsi, le luminaire architectural s'est enrichi des expériences et du savoir-faire des concepteurs et des industriels. En partant d'applications spécifiques, il s'est étendu à de nombreux domaines d'éclairage intérieur comme les restaurants, les halls d'accueil, les showrooms, offrant alternativement faisceaux étroits, lumière douce, ou changements de couleur.

IRC et température de couleur

La réglementation est peu rigoureuse en matière d'éclairage d'accentuation ou de mise en valeur (voir plus bas). Aussi, les projets ne dépendent pas de niveaux d'éclairement à obtenir mais plutôt de l'effet recherché par le concepteur. C'est pour cette raison que les lampes qui équipent les luminaires décoratifs offrent de préférence un indice de rendu des couleurs élevé, supérieur à 85, qui restitue le plus fidèlement possible les couleurs des objets à éclairer.

Quant aux températures de couleur, tonalité de la lumière, la palette est souvent large, et là encore, si aucune réglementation n'impose de valeurs, les teintes chaudes, inférieures à 3 500 K, sont davantage utilisées pour créer des ambiances chaleureuses dans les magasins, halls d'accueil, musées, dans lesquels le bien-être des utilisateurs est primordial. D'autres solutions proposent la possibilité de choisir la température de couleur comme l'Express de iGuzzini, luminaire encastré à led biodynamique, avec variation des températures de couleur, allant du froid (6 000 K) au chaud (3 000 K) ou encore l'appareil à leds de Erco qui offre une lumière « Blanc chaud » ou « Blanc lumière du jour ».

Même si l'heure est à la recherche d'économies d'énergie, celles-ci ne constituent pas la première exigence en éclairage architectural. La lumière dorée de l'halogène et des lampes compactes aux iodures métalliques seront favorisées, et quand la fluorescence équipe ces luminaires, les lampes (tubes ou fluocompactes) affichent des températures de couleur chaudes qui ne vont guère au-delà de 3 500 K.

Selon un calendrier établi de juin 2009 à septembre 2015, les lampes incandescentes standard et certaines lampes halogènes commencent à être bannies du marché européen. Depuis quelque temps, les fabricants proposent des lampes halogènes moins énergivores, appelées « Energy saver » (30 % d'économies sur les consommations des halogènes standard) qui s'utilisent en lieu et place des lampes incandescentes classiques et durent 3 fois plus longtemps.

Les leds ont trouvé leur place dans ces luminaires ultracompacts, ou bien est-ce l'inverse, la compacité de luminaires architecturaux aurait ouvert de nouvelles possibilités. En lumière blanche, ou en couleurs pastel ou saturées, ou RGB (rouge, vert bleu), les luminaires à leds balisent, accentuent, ponctuent, dynamisent les espaces avec des changements de couleurs et d'intensité pour un éclairage dynamique.

Suspensions, lampadaires, lampes à poser.

Les encastrés ou plafonniers fluorescents restent l'apanage de l'éclairage général des bureaux. Mais les espaces de travail s'ouvrent désormais à la fantaisie avec des éclairages localisés qui viennent en complément de la rigueur fluorescente. Touche personnelle, originalité, éclairage d'appoint, les luminaires décoratifs s'imposent.

Par exemple, c'est ainsi que l'on voit apparaître des luminaires décoratifs dans les bureaux, comme Kao d'Artemide, équipé de tubes fluoescents T5 et qui se décline en suspension, applique ou plafonnier. Ou encore Sherazade, conçu par les architectes Gigli et Materassi en collaboration avec Paolo Targetti, un ruban de lumière composé de modules qui peuvent recevoir des lampes fluocompactes ou iodures métalliques. Chez Louis Poulsen, c'est la célèbre suspension Artichoke Pomme de pin (créée par Poul Henningsen voilà 50 ans) qui s'immisce désormais dans les espaces de travail. Le lampadaire en aluminium Ataro de Waldmann peut se fixer sur socle ou directement sur le bureau pour un complément d'éclairage. Ce n'est pas tant ­l'objet lumineux comme élément de décoration qui dicte le choix du luminaire que l'effet souhaité. Surtout dans les musées, boutiques, showrooms dans lesquels la mise en valeur des objets joue un rôle primordial. Le choix des angles d'ouverture du faisceau, comme la Pure Suspension de Flos (de 6 à 66°), associé aux possibilités d'orientation de l'appareil avec notamment Sydecar de iGuzzini qui offre des rotations de 360° sur l'axe vertical et de 360° du groupe optique via une rotule à friction constante, permet une lumière ajustée au plus près.

De son côté, Erco propose un éclairage rasant avec Nadir, encastré de sol, qui offre une compensation d'inclinaison de 10° maximum dans toutes les directions, afin d'obtenir un éclairage le plus homogène possible sur les parois. Plus audacieux, Emanon, projecteur à gobos, permet la projection de motifs en noir et blanc ou colorés, et animés selon une vitesse de rotation choisie.

À l'image de Graffiti de Thorn, le projecteur peut se décliner en trois tailles différentes, toutes les versions offrant un système de focalisation du faisceau et un réglage sur deux axes avec une rotation de 0 à 360° et une inclinaison de 0 à 90°.

Variations sur couleurs pour ambiances dynamiques

Tout (ou presque) a été dit sur les leds et après l'engouement de la fin des années quatre-vingt-dix qui ont vu les diodes électroluminescentes équiper tous les type de luminaires, l'effet de mode a laissé la place à des applications plus raisonnées de ces semi-conducteurs. Elles trouvent pleinement leur place dans l'éclairage décoratif où leurs caractéristiques (petites dimensions, très longue durée de vie, faibles consommations) en font un produit attrayant pour animer et dynamiser les espaces intérieurs.

Dans les restaurants, boutiques (lieux où il s'agit d'attirer l'attention du client ou du visiteur), les leds montrent alors leur efficacité technique et leur capacité à participer au décor.

Philips propose la gamme UnicOne, en projecteurs, suspensions et appliques qui offrent tous le même design aux formes géométriques pour une harmonie visuelle. Selon les versions, les luminaires peuvent s'équiper de lampes aux iodures métalliques, de halogènes ou de leds, pour une mise en valeur de la décoration intérieure, tout en maintenant des niveaux d'éclairement exigés.

Le downlight encastré, Express, créé par Jean-Michel Wilmotte pour iGuzzini présente trois modèles à leds : led monochrome avec 2 versions à lumière blanc chaud, et blanc neutre brillante, à led RGB pour changements de couleur dynamiques et le modèle à led biodynamique avec variation des températures de couleur.

Conçu par le designer Matteo Thun, le Sconfine Sfera de Zumtobel, dans la version suspension, déclinée en trois diamètres différents, se présente sous la forme d'une sphère où la transparence joue avec l'aspect chromé ou bronze (selon les modèles).

Des leds encore chez Thorn avec l'encastré de sol Base Led dont la cellule intelligente permet de gérer la température de couleur et sa stabilité, et d'assurer l'équilibre entre les led bleues et rouges. Quelles sont les obligations du maître d'ouvrage pour les installations d'éclairage architectural ? Pour les travaux neufs, ils sont définis dans la RT 2005. Le chapitre 9 du Th-C-E 2005 donne la liste des systèmes d'éclairage qui ne doivent pas être pris en compte dans le calcul énergétique. Sont exclues les installations d'éclairage extérieur, celles des parkings et de sécurité, ainsi que l'éclairage destiné à mettre en valeur des objets ou des marchandises. Le texte précise que cette dernière catégorie couvre les objets d'art tels que les peintures, les sculptures, les objets d'art avec un éclairage incorporé (lustres.) mais pas les luminaires décoratifs ;

- l'éclairage localisé destiné à mettre en valeur les tables de restaurant.

C'est donc essentiellement l'éclairage général qui est visé par la réglementation en vigueur pour le neuf. Pour les travaux de rénovation, l'article 40 de l'arrêté du 3 mai 2007 s'applique aux installations d'éclairage général de plus de 100 m². Il limite la puissance installée en éclairage général à 2,8 watts par m² pour 100 lux d'éclairement à maintenir, selon la norme européenne EN 12464 relative à l'éclairage des lieux de travail. Mais comme pour les travaux neufs, l'arrêté ne fixe pas de limite de performance énergétique pour l'éclairage d'accentuation ou de mise en valeur.

Des produits respectueux de l'environnement

Suite aux objectifs ambitieux définis par le Grenelle de l'environnement, et à la révision de la directive européenne relative à la performance énergétique des bâtiments, il est possible que ces textes relatifs à la construction neuve ou aux rénovations soient révisés et prennent en compte à l'avenir l'ensemble des installations d'éclairage du bâtiment. Or, la future réglementation thermique prévoit une consommation d'énergie primaire dans le tertiaire de 50 kWh par an. Même modulé selon les types de bâtiments, ce niveau sera difficile à respecter en intégrant les consommations jusqu'ici ignorées.

Mais le législateur utilise déjà une autre voie possible pour atteindre ses objectifs : plutôt qu'encadrer dans le détail les consommations du bâtiment, il prévoit d'interdire les produits énergivores qui peuvent y être installés. C'est ce qu'on observe déjà avec la règlementation sur les lampes.

Développement durable oblige, les fabricants n'hésitent pas à mettre en avant leur investissement dans la protection de la planète et dans la recherche d'économies d'énergie en affichant leur engagement déterminé dans l'éco-conception.

À l'instar de Sarlam, certains ont même développé un document, le PEP, ou Profil environnemental produit, qui permet de mesurer l'impact écologique des produits, de leur conception à leur fin de vie et leur revalorisation. Il inclut une analyse multicritère du bilan carbone préconisée par l'Ademe et vise la maîtrise de trois indicateurs majeurs : l'épuisement des ressources naturelles, l'énergie totale consommée, la participation à l'effet de serre.

Chez Thorn, c'est le programme PEC, signifiant Performance, Efficacité et Confort, qui, pour le fabricant, représente les trois dimensions fondamentales d'un bon éclairage. La performance concerne la photométrie des produits, la visibilité, le contraste, les couleurs, la maîtrise de l'éblouissement. L'efficacité fait référence à l'optimisation énergétique, à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à l'utilisation du produit, c'est-à-dire son adaptation à l'application. Quant au confort, c'est une notion plus subjective qui a trait au bien-être, à la santé, aux ambiances, d'où l'idée de créer des éclairages dynamisants. Pour chaque produit et chaque application, on recherchera le bilan PEC optimal.

Philips, de son côté, indique, avec un pictogramme quels sont les Produits phares verts qui sont référencés selon six domaines de convergence écologique et doivent réaliser des performances de loin supérieures (>10 %) dans au moins l'un des domaines écologiques suivants : efficacité énergétique, fiabilité pendant toute la durée de vie, substances dangereuses, recyclabilité, emballage, poids.

Et si chacun a mis en place sa propre communication concernant une politique de respect de l'environnement, le Syndicat de l'éclairage, de son côté, a été à l'initiative du lancement d'une filière de recyclage des luminaires, englobant plus largement les DEEE.

Tableau de luminaires

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