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Tribune libre du Serce : "Loi Elan : des objectifs réalistes et réalisables"

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Tribune libre du Serce :

Guy Lacroix, président du Serce.

© Serce

En attendant que la commission mixte paritaire examine le texte de la loi Elan le 12 septembre, le Syndicat des entreprises de génie électrique et climatique (Serce) estime, dans une tribune, qu'il est possible "d'atteindre les objectifs sur les bâtiment existants avec un rapide retour sur investissement". Pour le syndicat, "les rebondissements dans le dossier du décret tertiaire, prévu par la loi Grenelle II de juillet 2010, témoignent de la méconnaissance qui règne autour du secteur de l’efficacité énergétique et de ses opportunités".

"Le projet de loi fixe un objectif de réduction des consommations d’énergie de 40% à horizon 2030, 50% en 2040 et 60% en 2050.

En admettant que le décret soit publié fin 2019, en tenant compte des délais pour le vote de la loi et de consultation sur le projet de décret, les propriétaires concernés disposent de 10 ans pour atteindre le premier objectif. Le SERCE estime que ce délai est tout à fait tenable. Il peut même être atteint bien avant cela pour certains types de bâtiments, en agissant uniquement sur les équipements et les systèmes.

Le SERCE rappelle qu’il existe plusieurs leviers d’actions qui permettent de réduire considérablement ses consommations tout en tenant compte des contraintes budgétaires et financières :

L’implication des occupants, grâce à la mesure et l’affichage des consommations d’énergie et de la qualité́ de l’air afin de leur faire adopter des gestes responsables et économes (réduction de 5 à 10% de la consommation d’énergie globale)

Le contrôle et la régulation des consommations énergétiques permettant de ne consommer que l’énergie seulement nécessaire (réduction de 15 à 20%) ;

L’utilisation d’équipements et solutions efficaces sur le plan énergétique favorisant la réduction des consommations d’énergie (réduction de 20%) ;

La maintenance des équipements essentielle pour ne pas laisser les performances se dégrader dans le temps (absence de dérive).

Ces solutions nécessitent un investissement faible ou modéré, ont un temps de retour sur investissement rapide, entre 3 et 7 ans, et peuvent être déployées sans rupture d’exploitation des bâtiments.

Si la multiplication des politiques d’engagement volontaristes est un signe encourageant, les résultats ne sont pas à la hauteur, et il n’en demeure pas moins nécessaire d’adopter un cadre réglementaire susceptible de porter durablement l’ambition nationale en faveur de l’efficacité énergétique des bâtiments.

Les conclusions des études réalisées par les opérateurs sur le volet énergétique (IFPEB, AFNOR, OCPE) ne laissent planer aucun doute par rapport à la maturité du secteur des services énergétiques pour atteindre les objectifs tels qu’ils sont envisagés actuellement par l’article 55, sur tout segment de bâtiment tertiaire, afin d’amorcer une dynamique vertueuse et souhaitable sur le parc de bâtiment tertiaire existant.

Les parlementaires ont donc bien fixé des objectifs réalistes…et réalisables ! "

 

"Quelques exemples d’actions concrètes au service de la performance des bâtiments tertiaires sur les postes de consommation usuels :

. Agir sur le système de régulation des compresseurs permet de diminuer environ de 15 à 20% les consommations des groupes froids utilisés dans les grandes surfaces alimentaires ou la restauration (action éligible aux certificats d’économie d’énergie).
. Installer une récupération d’énergie sur les condenseurs des groupes frigorifiques, action également éligible aux CEE, permet d’en exploiter la chaleur fatale afin d’assurer le chauffage d’une partie de la surface commerciale, avec une réduction de la consommation de chauffage de 15 à 20% selon les régions.
. Remplacer l’installation d’éclairage intérieur existant par des luminaires équipés de LED pilotés selon l’occupation permet d’atteindre en moyenne 10% de réduction des consommations de son site.
. Mettre en place une régulation sur la production/distribution de chaleur existante permettant de piloter les températures intérieures en fonction de l’occupation permet d’économiser de 20 à 35% des consommations de son site.
. L’autoconsommation d’énergie photovoltaïque in situ permet en outre de réduire ses consommations électriques de l’ordre de 10%, en profitant de la synchronisation naturelle des productions solaires des installations et des besoins en consommation liés aux activités diurnes des bâtiments tertiaires.
Autant d’actions qui peuvent être regroupées (ou non) dans des montages financiers qui échelonnent les investissements dans la durée et peuvent proposer des clauses de garantie de résultats engageantes pour les prestataires de services énergétiques.
A titre d’exemple, les retours d’expériences sur les Contrats de Performance Energétique s’étoffent (250 CPE recensés) et attestent de la possibilité d’atteindre jusqu’à 45% d’économie d’énergie en combinant exclusivement les actions précédemment citées, avec un Temps de Retour sur Investissement (TRI) inférieur à 10 ans."

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