Nous suivre Les Cahiers Techniques du bâtiment

LOGISTIQUE Automatisation du transport de chariots en hôpital

Sujets relatifs :

LOGISTIQUE Automatisation du transport de chariots en hôpital

D’une capacité d’accueil de 352 lits, l’hôpital militaire Sainte-Anne de Toulon remplace l’ancien établissement pavillonnaire du xixe siècle. Il occupe 62 000 m2de SHON, sur 9 niveaux et il est surmonté d’un héliport. (Doc. Agence SCAU-A.Zublena.)

Le nouvel établissement hospitalier de Toulon a fait le choix d’un système de manutention automatique de ses chariots qui desservent les étages depuis le sous-sol logistique.

La construction du nouvel hôpital militaire Sainte-Anne (Toulon) s’inscrit dans un vaste programme de modernisation et de remplacement des bâtiments datant du xixe siècle. Réparti sur 9 niveaux (62 000 m2 de SHON) et doté d’une capacité d’accueil de 352 lits, cet établissement de dernière génération dispose d’équipements techniques sophistiqués. Preuve en est le nouveau système automatisé de transport de chariots mis en œuvre par la société TMS Automotion. Il ­assure le convoyage de matériels et d’archives, la distribution de médicaments, de repas, de ­linge… ainsi que l’évacuation des déchets.

Balisage du sol par pastilles aimantées

À l’origine du choix de la maîtrise d’ouvrage, la volonté de mieux utiliser le potentiel de son personnel, tout en favorisant son redéploiement auprès des patients et en le libérant d’une tâche extrêmement mécanique, répétitive et terriblement gourmande en temps… S’inspirant d’une expérience pilote mise en oeuvre à Cologne, le système se compose de six véhicules autoguidés ou AGV (Automatic Guided Vehicule) se repérant à partir de petites pastilles aimantées (Ø 20 mm et d’une hauteur de 10 mm), intégrées au sol. À la différence d’un système filoguidé, les appareils ne sont guidés ni par fil, ni par rail, et peuvent librement dévier de leur trajectoire pour contourner un obstacle. Chaque véhicule est équipé d’un odomètre embarqué, lequel mesure le chemin parcouru au sol à l’aide de roues codeuses traduisant le nombre de tours effectués en unités de longueurs. En partant d’un point donné, défini par ses coordonnées x et y, il connaît donc sa ­position au sol.

Cependant, d’infimes glissements des roues survenant inévitablement – par exemple, lors d’un virage ou d’un passage de joint de dallage – les appareils sont amenés à corriger régulièrement leur position pour pallier tout risque d’erreur de trajectoire. Le recalage est réalisé à chaque passage de l’appareil au-dessus des pastilles aimantées qui, réparties sur les circulations empruntées par les robots à raison d’une tous les 5 m environ, constituent des repères absolus pour le système.

En véritable robot, le véhicule autoguidé est doté d’un ordinateur de bord qui possède en mémoire le plan de l’ensemble des circuits, configuré sous Autocad à partir des relevés effectués par un géomètre. À noter la grande ­souplesse du système qui peut enregistrer toute modification des locaux par simple changement du plan en mémoire.

Le système est géré depuis la régie par un serveur central spécifique dont la conception autorise une grande indépendance de fonctionnement et une maintenance réduite. L’ordinateur central du système AGV communique avec chaque véhicule par un réseau informatique interne, via des ­antennes Wi-Fi. Il gère les ­ordres de transports en fonction de la proximité et de la disponibilité des appareils. Il garde par ailleurs en mémoire l’ensemble des tâches effectuées, ce qui permet de dresser un historique des déplacements et d’identifier les pannes éventuelles. Les ordres de transports sont répartis sur la journée, ce qui implique une certaine rigueur de planification des tâches : elles sont hiérarchisées selon leur priorité.

Cependant, une certaine flexibilité est tolérée pour permettre plusieurs transports dans le même créneau horaire. Les AGV desservent tous les étages de l’établissement hospitalier depuis le niveau –2, qui est entièrement dédié à la logistique et rassemble notamment la pharmacie, la stérilisation, le magasin central, la cuisine, la lingerie, les archives et les quais de livraison.

Cinq véhicules dédiés

Ils manutentionnent les chariots entre les gares de transfert, qui sont des espaces propres où attendent les armoires de blanchisserie, de repas, les conteneurs de déchets… L’établissement hospitalier compte 11 gares logistiques au niveau –2 et 14 gares d’étage. Pour atteindre les étages, les véhicules empruntent 6 ascenseurs dédiés, dont le fonctionnement est géré depuis le serveur central.

Parmi les six véhicules, cinq ont un fonctionnement régulier et prédéfini (ex : livraison des ­repas, linges), et le dernier opère en mode taxi pour gérer l’imprévu, à savoir le remplacement de l’une des tortues en cas de défaillance ou le transport ponctuel.

Pour réaliser sa mission, chaque véhicule autoguidé vient se glisser sous le chariot au départ et le soulève. Un appareil peut transporter jusqu’à 230 kg, sa ­vitesse de pointe pouvant atteindre 1,5 m/s. Les véhicules sont programmés pour fonctionner de 8 h à 21 h, grâce à des batteries gel plomb. Ils se rechargent partiellement en journée et entièrement la nuit.

Repérage des obstacles par balayage infrarouge

La sécurité du système constitue un aspect important de sa conception. Il passe, en premier lieu, par le signalement visuel de chaque véhicule en fonctionnement au moyen de clignotants avant et arrière. Il s’appuie ensuite sur une détection des obstacles par balayage infrarouge depuis l’avant et l’arrière de chaque véhicule. Lorsque l’appareil repère un obstacle situé à moins de 50 cm, il freine pour s’immobiliser à moins de 10 cm et repart, une fois l’obstacle ­dégagé.

En cas d’immobilisation prolongée, un message est envoyé au serveur central qui, selon l’information, peut envoyer un message téléphonique à l’une des personnes en charge de la ­maintenance. Le montant global de cette installation est de l’ordre de 1,2 Me HT (y compris AGV, embases des chariots, électrification…), avec un temps de retour sur investissement estimé entre 3 et 5 ans.

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°278

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2008 des Cahiers Techniques du Bâtiment

Nous vous recommandons

Un siège social vêtu de bois dans une ancienne halle ferroviaire

Un siège social vêtu de bois dans une ancienne halle ferroviaire

À Versailles, une charpente en bois a été greffée sur les fermes en acier d'une halle SNCF désaffectée et une structure à poteaux et planchers en bois mise en œuvre conjointement, afin[…]

29/11/2018 | ChantierInnovation
Meccano géant sur le toit d'un bunker

Meccano géant sur le toit d'un bunker

Perspective, l'immeuble tertiaire en structure bois le plus haut de France

Perspective, l'immeuble tertiaire en structure bois le plus haut de France

Des joints creux réalisés dans l'épaisseur d'un système d'ITE

Des joints creux réalisés dans l'épaisseur d'un système d'ITE

Plus d'articles