Nous suivre Les Cahiers Techniques du bâtiment

Dossier

Les solutions reproductibles en construction bois

Sujets relatifs :

Les solutions reproductibles en construction bois

Tout dans ce bâtiment est issu de la préfabrication bois : les cellules tridimensionnelles des habitations, circulations, cages d’ascenseur et d’escalier. (Doc. MH Modul Holz GmbH)

La légèreté, grand avantage du matériau bois, permet la préfabrication en atelier, milieu autrement plus favorable qu’un chantier, d’éléments constructifs d’envergure. Le transport groupé sur site et un montage rapide des éléments réduisent le temps de chantier à quelques semaines, voire quelques jours.

Sous forme de barres, du tasseau à la poutre assemblée par collage, le matériau bois, outre sa légèreté (1) , dispose de belles performances structurelles.

Il permet aisément la composition d’éléments de façades préfabriquées de grande envergure, dont les limites dimensionnelles sont celles imposées par le transport en semi-remorque. Le contreventement et la stabilité de ces éléments sont typiquement assurés par des matériaux composites, de l’ordinaire panneau OSB aux panneaux de type Agepan, voire aux isolants en fibres de bois à capacité structurelle.
D’où l’emploi de plus en plus fréquent en Allemagne et en Autriche du matériau bois en réhabilitation thermique de constructions.

Isolation thermique intégrée

En ossature bois, l’essentiel de l’isolation thermique se fait entre montants et lisses, dans l’épaisseur de l’ossature. Cette dernière est réalisée par des sections bois calibrées, assemblées par vissage, clouage ou agrafage. L’épaisseur de l’ossature est donc celle de l’isolant principal, qu’il soit en ouate de cellulose, matelas de fibres de bois ou autres panneaux isolants. Aujourd’hui, face aux attentes accrues d’isolation thermique on y rapporte un second plan isolant côté externe, afin de supprimer les ponts thermiques.
Un « mur-manteau » à ossature bois est donc composé d’éléments aux dimensions allant jusqu’à une hauteur d’étage et jusqu’à la longueur de charge d’un plateau semi-remorque, soit de 10 à 13 mètres, prêts à assembler. Le degré de finition de ces éléments dépend du marché concernant ce lot, mais aussi des conditions de chantier, notamment de la flèche de la grue, de sa position et de sa capacité de levage. Dans des conditions normales, les huisseries y sont intégrées, les raccords d’étanchéité à l’air préparés et les revêtements extérieurs posés. Dans ce cas, le montage se fait en sécurité depuis des nacelles automotrices, et la mise en place d’un échafaudage n’est pas nécessaire.

Surélévation et extension

L’option de surélever ou d’agrandir par extension est souvent proposée. Elle est très appréciée par les maîtres d’ouvrage, car elle participe à l’équilibre financier de l’opération de réhabilitation. Les mêmes modes de construction légers à ossature bois permettent de préfabriquer des modules spatiaux tridimensionnels de surélévation ou d’extension qui seront levés-posés avec la même rapidité sur le chantier que les éléments de façade. Pour cela, ils doivent être configurés par rapport aux moyens de transport.
Les entreprises françaises de la construction bois sont, pour près de 40 % d’entre elles, équipées de machines de taille du bois à commande numérique, voire même, d’équipements automatisés d’assemblage d’éléments de mur ou toiture en ossature bois. La gestion informatique des dimensionnements, approvisionnements, chutes, assemblages, accessoires et consommables va souvent jusqu’à une représentation 3D du déroulement de montage sur site.

Procédé industriel et savoir-faire artisanal

L’effervescence du marché des logiciels de conception en construction bois, des modules spécifiques bois intégrables aux outils informatiques de conception architecturale et des passerelles entre architecture et calculs structurels, process de production et de montage, est un indicateur éloquent de cette évolution.
Or, le monde de la construction bois est pour l’essentiel caractérisé par la compétence et l’expérience, par l’habitude de l’étude détaillée en amont de la production et du montage, et par le savoir-faire complexe de préfabrication et de planification. On est à la lisière entre procédés industriels et savoir-faire artisanal. L’impact du poste « manœuvre » y est largement inférieur à 10 %, contrairement à la construction maçonnée où il va dépasser les 50 %. Le secteur bois occupe aujourd’hui à peine 5 % du volume total de la Construction en France, contre près de 15 % en Allemagne et en Suisse et jusqu’à 30 % en Autriche, notamment dans le Vorarlberg, point de mire européen.
Il y a dans ces zones géographiques un savoir-faire affirmé en matière de réhabilitation, directement inspiré des méthodes de la construction du neuf et porté par des entreprises novatrices comme Huber & Sohn et Gumpp & Maier. En Bavière, une politique très progressiste de promotion de l’économie d’énergie depuis deux décennies a fait émerger des compétences architecturales pointues et des projets de recherche et de développement enviables. L’assurance avec laquelle ces professionnels intègrent leurs contributions dans une démarche structurée pour venir à bout d’interventions très complexes de réhabilitation, fait réaliser qu’en France les obstacles sont encore très nombreux : la pensée analytique en « déboursé sec/coût de main-d’œuvre » au lieu des considérations en coût global, les consultations linéaires, la structuration hiérarchique des compétences, les appels d’offre par lots... autant de freins à évacuer, de mauvaises habitudes à perdre.

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°315

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2012 des Cahiers Techniques du Bâtiment

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news hebdo Cahiers techniques du batiment

Nous vous recommandons

Reconversion : une nouvelle perspective pour le logement social

Dossier

Reconversion : une nouvelle perspective pour le logement social

Alternative à la construction neuve, la reconversion d'édifices existants (bureaux, équipements, bâtiments industriels) en logements sociaux participe des stratégies en faveur d'une construction[…]

Loger dans le "déjà-là"

Dossier

Loger dans le "déjà-là"

La nouvelle vie d'un lieu de travail

Dossier

La nouvelle vie d'un lieu de travail

Berceau nouveau

Dossier

Berceau nouveau

Plus d'articles