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les Plaques de fibres-ciment : Un DTU succède aux ATec

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les Plaques de fibres-ciment : Un DTU succède aux ATec

MARTHE JACQUEAUGRAMAGLIA, ingénieur spécialiste Couverture et étanchéité à la Direction des techniques et des méthodes de Socotec

Désormais considérées comme faisant partie des techniques traditionnelles, les couvertures en plaques ondulées en fibres-ciment font l’objet d’un nouveau texte réglementaire.

Le nouveau DTU 40.37 « Couvertures en plaques ondulées en fibres-ciment » réintègre ces procédés dans les techniques considérées comme courantes. Dans la continuité des précédents référentiels (Avis techniques et Cahier de prescription de pose), il apporte des précisions sur certains points particuliers. Marthe Jacqueau-Gramaglia, ingénieur spécialiste Couverture et étanchéité à la Direction des techniques et des méthodes de Socotec, en définit les particularités.

CTB : Ce document s’inscrit dans une évolution du matériau

M.J.-G. : En effet, à la suite de l’interdiction de l’amiante, les couvertures en plaques de fibres-ciment qui faisaient jusqu’alors l’objet du DTU 40.31, étaient soumises à la procédure d’Avis technique depuis 1997. Il existait un Cahier de prescriptions techniques de pose rassemblant les préconisations communes à ces procédés. Après une petite quinzaine d’années de recul, les professionnels ont estimé que le domaine était désormais assez mûr pour réintégrer les techniques courantes. D’ailleurs, le nouveau DTU 40.37 s’inscrit en grande partie dans la logique des référentiels qui l’ont précédé. Il adopte la structure classique des DTU en trois cahiers : Cahier des clauses techniques (partie 1-1), Critères généraux de choix des matériaux (partie 1-2) et Cahier des clauses administratives spéciales (partie 2).

On remarquera, toutefois, qu’il limite son domaine d’application aux plaques ondulées de profil 177 x 51, excluant de fait les plaques supports de tuiles dont les profils sont différents. Ces dernières relèvent donc toujours de la procédure d’ATec.
On notera que ces familles de produits sont soumises au marquage CE, relevant de la norme européenne EN NF 494 A3. Dans le cadre d’une démarche volontaire du fabricant, elles peuvent également faire l’objet d’un certificat de Marque NF - Plaques profilées en fibres-ciment.

CTB : Quel est le domaine d’emploi ?

M.J.-G. : Le domaine d’emploi reste strictement le même que celui visé par les ATec. Il s’agit donc des plaques ondulées de profil 177 x 51 dont la longueur est limitée à 2,50 m (les plaques de 3,05 m ne sont pas visées), pour des bâtiments de faible et moyenne hygrométries en France métropolitaine, en climat de plaine (altitude inférieure à 900 m).

Les plaques doivent être conformes à la norme NF EN 494 A3, de classe mécanique C1X uniquement et présenter une classe de chocs 600 joules au sens de la norme NF EN 15057.
Pour justifier de ces performances, l’industriel peut soit afficher un certificat de marque NF, soit organiser une réception par lot selon l’annexe A de la partie 1.2 du DTU.

CTB : Les règles de mise en œuvre présentent-elles des particularités ?

M.J.-G. : Elles restent globalement conformes à celles décrites dans les ATec : limites de pente (minimum de 9 %), de longueurs de rampants et de recouvrement transversal ; des exigences de compléments d’étanchéité et de largeur d’appui minimale en fonction de la nature des pannes ; des exigences de coupe de coins de plaques, de nombre et de position de fixations ; le traitement des points singuliers, etc.

Un chapitre précise les conditions de ventilation en sous-face de couverture. Cette partie, plus précise que dans les ATec, donne des sections de ventilation avec ou sans isolation en précisant les dimensions des espaces libres sous les pannes. Seuls les procédés d’isolation sous pannes et entre pannes sont visés par ce DTU. Il est aussi fait état du détail du traitement d’un joint de dilatation.
Mais la nouveauté la plus significative réside sans doute dans le dimensionnement aux charges ascendantes des couvertures, qui fait l’objet de l’annexe C de la partie 1-1 du DTU. La justification est réalisée « aux contraintes admissibles », selon l’expérience reconnue et réussie, ce qui implique de considérer les performances des couvertures vis-à-vis des règles NV 65 modifiées. Les charges admissibles de la couverture doivent rester supérieures à la dépression de vent perpendiculaire aux génératrices.

CTB : Cela entraîne-t-il des changements ?

M.J.-G. : Dans le cas d’un bâtiment simple d’élancement courant, la dépression admissible correspond à l’effort en rive avec un vent perpendiculaire aux génératrices (vent extrême). Une évolution qui pourrait faire que certaines constructions - par exemple 20 m de hauteur en site exposé en zone 3 ou 4 de vent selon les NV65 - pourraient se trouver en limite de conformité.

Les conséquences portent à la fois sur le choix des fixations et sur le fait qu’il faudra peut-être privilégier des plaques cinq ondes, dont la densité de fixations est supérieure à celle des plaques six ondes.
Par ailleurs, la résistance au déboulonnage des plaques au droit des fixations était suivie jusqu’à présent dans le cadre de l’ATec. Avec sa disparition, la profession a demandé une modification de la marque NF, afin d’intégrer le suivi de cette caractéristique importante. Durant la période de transition, il revient au fabricant de justifier et de garantir ses performances. Cette démarche pourrait être suivie de la demande de révision de la norme européenne NF EN 494 pour normaliser les essais.

CTB : Concernant les fixations et les accessoires de fixations, le DTU apporte-t-il du nouveau ?

M.J.-G. : Il n’apporte pas de changement, mais des précisions quant au choix de la nature des fixations, plaquettes et rondelles métalliques en fonction de l’atmosphère extérieure (milieu rural non-pollué, urbain normal ou sévère, bord de mer…), qui fait l’objet de l’annexe B de la partie 1-2.

N°312

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