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Les enjeux du BIM en France

Stéphanie Obadia

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Les enjeux du BIM  en France

Autodesk a fait réaliser une étude sur les enjeux du BIM en France. Si les avantages sont bien perçus, il reste encore quelques efforts à faire pour en doper le développement.

Quels sont les enjeux du BIM en France ? Tel était l’objet d’une étude réalisée pour Autodesk par InfoPro Études auprès de 261 personnes issues d’entreprises de moins de 10 salariés à plus de 250 salariés ou plus, principalement architectes, BET et entreprises de construction.
Les premiers enseignements sont révélateurs du marché et montrent que les sondés dans l’ensemble ont bien perçu les avantages du BIM, mais que des axes d’amélioration en termes de freins, d’interopérabilité ou de rentabilité restent encore à lever.
En effet, plus de la moitié des répondants se sentent très impliqués dans le BIM. Si la prescription est très engagée, le décalage avec les autres sondés se creuse notamment avec les petites entreprises et les hors prescriptions.


Le BIM trouve aujourd’hui son usage principal dans la conception : 92 % des utilisateurs ont eu recours au BIM pour la conception de leurs projets. Les autres usages sont l’utilisation du BIM pour les estimatifs/quantificatifs (59 %), la construction (56 %). Concernant le niveau de formation, il est jugé assez faible dans l’ensemble : seulement 39 % des répondants estiment que les architectes sont suffisamment formés et informés au BIM, 38 % concernant les ingénieurs et 20 % pour les professionnels de la construction.

La question des coûts, une priorité

Rien de surprenant quant à l’utilisation du BIM : 9 utilisateurs sur 10 ont recours au BIM pour des projets neufs (vs 85 % des potentiels utilisateurs). En revanche, 77 % des utilisateurs y ont recours ou souhaiteraient l’utiliser pour des projets de rénovation ou de réhabilitation et 66 % pour des projets d’extension. Des chiffres qui confirment la tendance. Parmi les ouvrages cités, les utilisateurs du BIM privilégient les bureaux (79 %) et les logements collectifs (61 %). Les trois quarts des utilisateurs y ont recours pour estimer des coûts. La rentabilité et la question des coûts sont donc la priorité, suivies par l’analyse de la lumière du jour, la thermique dynamique et la structure, loin devant l’acoustique ou la mécanique des fluides.

Interopérabilité oblige

L’intérêt du BIM en termes de communication semble être bien compris puisque 8 répondants sur 10 jugent l’interopérabilité/open BIM importante pour leurs projets. Parmi les formats ouverts, 80 % des répondants connaissent le format IFC et 67 % l’utilisent. Loin devant les autres formats comme COBie, GBxml et Landxml. Parmi les plateformes collaboratives et solutions de partage de données les plus utilisées, WeTransfer (74 %) et Dropbox (50 %) sont les plus cités. Les autres plateformes comme BIM 360 Team, BIM 360 Docs, Kroqi, Trimble connect, Aconex ou Prosys sont finalement peu connues des sondés. Enfin, la sécurité des données liées au cloud et la protection de la propriété intellectuelle sont jugées importantes par 9 répondants sur 10. Loin devant la protection de la propriété intellectuelle (6 sur 10) ou la gratuité totale ou partielle de son utilisation (4 sur 10).

Pour quels bénéfices ?

Les avantages du BIM semblent plutôt clairs pour les utilisateurs. Les répondants constatent une amélioration de la capacité de conception et de construction et de la communication entre toutes les parties dans le processus de conception et de construction.

Les principaux bénéfices sont liés à la fiabilité des informations dans les documents de construction, à la réduction d’erreurs et à la capacité à proposer de nouveaux services. En revanche, la question du retour sur investissement est moins perçue : seulement un tiers des utilisateurs BIM constate un retour sur investissement positif. en revanche, pour plus de la moitié des répondants, le BIM est jugé rentable. À l’avenir, près de 6 répondants sur 10 souhaitent développer des processus collaboratifs BIM avec l’externe.

Freins et leviers à l’utilisation du BIM

Le manque de budget semble être le principal frein à l’utilisation du BIM pour les non-utilisateurs (52 %). Parmi les autres freins cités se trouvent le manque de maîtrise et de compétences humaines et de formation.

Parmi les anciens utilisateurs du BIM, plus de la moitié d’entre eux ont arrêté d’utiliser le BIM depuis moins d’un an. En effet, les outils du BIM sont jugés difficiles à utiliser et peu adaptés pour certaines entreprises, le ratio temps/coûts est peu rentabilisé et la question de l’interopérabilité et de la rupture de chaîne entre les intervenants n’est pas encore réglée. Plusieurs leviers cités par les sondés permettraient d’inciter à l’utilisation du BIM. Pour le faire évoluer en France, il semble donc important de favoriser l’apprentissage auprès des professionnels de la construction, en donnant davantage accès à des moyens et ressources pour apprendre les logiciels et pratiques du BIM (59 %), ainsi qu’à des formations pour les professionnels du BTP.

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