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Les coulissants sont prêts pour la RT 2012

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Les coulissants sont prêts pour la RT 2012

En dimensions extrêmes, Sky-Frame est capable de réaliser des fenêtres atteignant 26 m de longueur et 4 m de hauteur. (Doc. Sky-Frame.)

Lors de la sortie du label BBC en 2007, nombre de portes-fenêtres et fenêtres coulissantes du marché n’étaient plus au niveau requis. Les fabricants ont depuis amélioré leurs gammes et rattrapé leur retard.

en construction, les fenêtres et portes-fenêtres coulissantes sont destinées aux grandes ouvertures vitrées et cela s’accorde bien avec l’imposition de la RT 2012 qui, en logement, demande que la surface des ouvrants, mesurée en tableau, soit au moins égale à 1/6 e de la surface habitable.

Au-delà de cette mesure, les réglementations imposent aujourd’hui aux fenêtres des exigences en termes d’affaiblissement acoustique - un critère de choix dont l’importance croît au fur et à mesure que les villes publient leurs cartes du bruit - d’étanchéité à l’air, exprimée par le coefficient A du classement AEV, et thermiques.
La performance thermique d’une fenêtre coulissante s’apprécie à travers trois coefficients clés : •Uw, la perte de chaleur globale à travers la fenêtre de l’intérieur à l’extérieur ; •Sw, le facteur solaire ou la faculté de laisser entrer la chaleur ; •TLw, la transmission lumineuse.
En construction neuve, dans la mesure où nous visons désormais des performances très élevées, avec des consommations d’énergie de l’ordre de 50 kWhEP/(m².an), chaque aspect compte : maximiser les apports de lumière pour réduire les consommations d’électricité pour l’éclairage, minimiser les pertes de chaleur en hiver pour réduire les consommations de chauffage et limiter les apports de chaleur en été pour éviter la surchauffe et réduire le plus possible les consommations d’énergie pour le rafraîchissement.
Aucun coulissant, quel que soit le vitrage monté dessus, ne peut accomplir ces trois tâches avec un égal bonheur. Dans la mesure où le marché des coulissants se trouve avant tout en logement et en petit tertiaire, le choix classique consistait jusqu’à présent à maximiser Uw et Sw pour réduire les besoins de chauffage, ainsi que Tlw, pour peser sur les consommations d’éclairage. Tout en confiant à des protections solaires efficaces, le soin de réduire les apports de chaleur externes en été.

Facteurs solaires d’été et d’hiver

L’avènement de la RT 2012 et la formidable réduction des déperditions thermiques qui l’accompagne peuvent pousser à reconsidérer cette stratégie. Les besoins de chauffage sont désormais très faibles, de l’ordre de 10 à 15 W/m², tandis que la surchauffe d’été devient un problème très réel. Il est désormais prudent de réaliser des simulations thermiques dynamiques, lors de la conception d’un bâtiment de logements collectifs, pour calibrer avec exactitude les performances optimales des ouvrants. De plus, la RT 2012 a considérablement compliqué le calcul des performances des ensembles ouvrants protections solaires. Le coefficient « Ujn » de transmission thermique jour-nuit de la RT 2005 disparaît au profit d’un facteur solaire d’été et d’un facteur solaire d’hiver, chacun doté de trois composantes : •la transmission de chaleur sous forme de rayonnement de courte longueur d’onde, notée « Sw1 » dans le cas d’une baie nue, si le coefficient ne s’applique qu’à la baie (dormant ouvrant partie opaque éventuelle) ; •« Sws1 » s’il s’applique à l’ensemble baie protection solaire ; •la transmission de chaleur sous forme de rayonnement à grande longueur d’onde et l’échange de chaleur par convection, notée « Sw2 » ou « Sws2 » ; •et, dans le cas d’une protection solaire intérieure, le flux lié à la ventilation de la lame d’air entre la baie et la protection solaire intérieure, noté « Sws3 ».
Les données d’entrées demandées à propos des ensembles ouvrants protections solaires dans le moteur de calcul RT 2012 sont beaucoup plus nombreuses que celles dont la RT 2005 avait besoin : 10 pour des parois vitrées avec protections mobiles et jusqu’à 80, si ces protections mobiles sont des stores à lames orientables.
Du point de vue de la performance thermique, un double vitrage suffit. Schüco estime qu’en l’état actuel des réglementations, le triple vitrage ne se justifie que dans les régions les plus froides de France, comme le Doubs, par exemple, où la température extérieure peut descendre jusqu’à -40 °C en hiver. Ce fabricant souligne d’ailleurs, qu’il n’existe pas encore de complexe triple vitrage certifié par Cekal. L’aspect thermique n’est pas le seul à être pris en compte dans le choix d’une baie coulissante. L’étanchéité à l’air, l’affaiblissement acoustique et les dimensions maximales possibles entrent en jeu également.

Étanchéité à l’air : le passage à la translation n’est pas nécessaire

En 2007, virtuellement la totalité des fenêtres et portes-fenêtres coulissantes disponibles sur le marché français, étaient équipées de joints à brosses. Les premiers essais de perméabilité à l’air dans des logements BBC en cours de construction, ont rapidement montré que cette technologie seule ne permettait pas d’atteindre les valeurs d’étanchéité exigées par le label, valeurs qui allaient être rendues obligatoires par la RT 2012. Les prescripteurs ont trop vite traduit ce phénomène par l’idée exagérée que les coulissants étaient interdits par le label BBC et par la RT 2012. Dans les faits, les coulissants ont disparu des appels d’offres pour les opérations BBC en logements collectifs.
On ne saurait exagérer l’importance de l’étanchéité à l’air des ouvrants. Selon Schüco, une perméabilité à l’air insuffisante des ouvrants en RT 2012 peut entraîner une surconsommation de chauffage de 5 à 15 kWhEP/(m².an). Lorsqu’on ne doit pas en consommer plus de 50 pour cinq usages, un tel impact est inacceptable.
Il existait pourtant une autre technologie disponible : les coulissants dits « à translation » ou « à soufflet » avec ouverture parallèle. Combinant les avantages de l’oscillo-battant et du coulissant, ils assurent une frappe de l’ouvrant contre le dormant lors de la fermeture et procurent donc une bonne étanchéité à l’air. Des ouvrants coulissants à soufflet parallèle étaient proposés par Schüco, K.Line ou Siegenia-Aubi, par exemple, qui les réservaient aux grandes ouvertures. Mais ce que voulait le marché, c’était de l’ouverture à translation au prix du traditionnel à brosse. Quelque 50 % plus onéreux que le coulissant traditionnel, le coût de la technologie à translation s’est avéré trop élevé pour le marché actuel. K.Line a même interrompu la commercialisation de sa solution oscillo-coulissante. Rehau, en revanche, parie sur le succès de sa gamme levante-coulissante Geneo, dont les certifications pour le marché sont en cours et devraient être disponibles en 2013. La technologie de translation ne sera pas nécessaire avant la RT 2020, sauf dans des configurations extrêmes où une excellente étanchéité à l’air est nécessaire. Elle pose en plus des difficultés de compréhension des manœuvres aux utilisateurs non-avertis. Pour sa gamme PK de coulissants à soufflet, Siegenia-Aubi a tenu compte de cet aspect et conçu l’ouverture de manière à ce qu’elle soit traditionnelle. L’ouverture commence, en effet, par un coulissement, l’ouverture parallèle arrivant ensuite. Les fenêtres à ouverture à translation sont également pénalisées par la largeur de leurs menuiseries, qui nuit à leur performance en terme de transmission lumineuse TLw. Dans un coulissant classique en aluminium à rupture de pont thermique, la largeur du montant central est de 4 cm environ. Dans le cas d’un coulissant à translation, il faut un profilé et deux ailes, soit 12 cm : trois fois plus que pour un coulissant classique de bonne qualité.

Étanchéité à l’air : amélioration des joints

Les fabricants se sont donc orientés vers une amélioration de la technologie des joints à brosse en ajoutant une âme plastique chez Schüco, en les complétant par au moins deux joints glissants compressés et en revoyant tous les raccords et les pièces d’angles des coulissants chez K.Line.
Avec deux joints glissants, la gamme KL-BC de K.Line, un coulissant deux rails en aluminium avec rupture de ponts thermiques dans l’ouvrant et dans le dormant, parvient à un classement A*3 - E*6B - V*A3 et à des performances de Uw 1,4W/m 2 .K - Sw 0,48 - TLw 67 % avec un double vitrage de 28 mm à isolation renforcée et de Uw 1,1W/m 2 .K - Sw 0,38 - TLw 59 % avec un triple vitrage de 32 mm.
En terme d’étanchéité à l’air, un classement A*3 ou A*4 s’avère suffisant pour satisfaire aux exigences de la RT 2012. À terme, les constructeurs envisagent une disparition totale des joints à brosses, au profit de joints gonflables, par exemple.
Mais cette technologie n’est pas encore tout à fait au point et ne présente pas une fiabilité dans le temps suffisante. En ce qui concerne la performance acoustique, dans la mesure où les coulissants n’offrent pas de serrage avec des joints appuyant sur le dormant, leurs performances acoustiques sont, par nature, un peu moins bonnes que celles des ouvrants à frappe. Chez Schüco, par exemple, les coulissants traditionnels atteignent tout de même des affaiblissements acoustiques de 35 à 36 dB. Les coulissants à translation de Schüco offrent jusqu’à 38 ou 41 dB d’affaiblissement. Ce qui est exceptionnel. Au-delà, il faut s’orienter vers des doubles fenêtres.

Vers des dimensions exceptionnelles

En même temps que la course à la performance, les fabricants se livrent à une compétition en ce qui concerne les dimensions maximales de leurs coulissants. Les fabricants suisses sont en tête, mais ils assurent en même temps fourniture et pose. Tandis que les fabricants allemands et français sont plutôt des gammistes : ils développent des solutions de profilés, avec tous les accessoires nécessaires et les vendent à des menuisiers qui, à leur tour, fabriquent les ouvrants. Cela impose aux fabricants-gammistes une rigueur particulière dans le développement de leurs produits. Quoi qu’il en soit, tous s’attachent à augmenter par deux les dimensions de leurs coulissants : accroître la surface maximale du vantail de base et augmenter le nombre maximal de vantaux. Le suisse Air-Lux semble être le vainqueur toutes catégories : sa « Série 173 » offre des vantaux de dimensions maximales (H x L) 3 x 5,9 m ou 4,5 x 3 m, avec un poids maximal de 1,5 tonne. Il est suivi par Sapa Building System avec sa gamme Confort 160 (3 x 6 m, jusqu’à 450 kg), puis par Sky-Frame (4 x 2,3 m). Parmi les gammistes, Schüco et son ASS 77 (3,5 x 3,5 m) ne sont pas loin, tout comme Rehau avec les dimensions exceptionnelles (2,70 x 10 m) des vantaux de sa gamme Geneo. En terme de longueur totale possible pour une fenêtre coulissante, Air-Lux propose 12 m, Kawneer monte à 18 m avec son coulissant AA 3765 Kasting, Schüco se hausse à 20 m avec ASS 77, Sky-Frame parvient à 26 m, Profils Systèmes atteint 36 m avec ses coulissants Satin Road, tout comme Rehau avec Geneo et Sapa Building System avec Confort 160.
Dans de telles dimensions, les constructeurs proposent des solutions avec quatre à six rails.

Tableau des fabricants

N°317

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