Les coffres de volet roulant

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Coffre bloc-baie - Conservation des dormants - Pose avec cochonnet

Les coffres de volet roulant font l’objet d’un guide Rage publié en décembre 2014. Ce document propose des solutions pour réduire la perméabilité à l’air de la paroi. Caroline Renouf-Demelun, ingénieure au CSTB, en présente les dispositions principales.

Quel est l’apport de ce guide Rage ?

Ce guide Rage vient compléter d’autres textes de référence (lire l’encadré). Son intérêt est d’aborder la question du traitement de la perméabilité à l’air de façon complète, tant en ce qui concerne les types de produits que les modes de pose, afin d’éviter les fuites pouvant se produire sur ces ouvrages, en neuf ou en rénovation.

Quel est le champ couvert ?

Le guide porte sur cinq types de coffres : les coffres blocs-baies, pour demi-linteau, tunnels, traditionnels ou pour la rénovation. Il traite de l’ensemble des cas de pose avec une isolation extérieure ou intérieure, répartie ou sur construction à ossature bois, avec une fenêtre en applique intérieure ou extérieure, ou en tableau.
Même si l’objectif premier est de traiter de la mise en œuvre, la conception des coffres est abordée dans des annexes s’intéressant aux performances des produits (isolation thermique, perméabilité à l’air, stabilité et résistance au vent, affaiblissement acoustique) et présentant des exemples de solutions pour traiter les passages d’air au niveau des jonctions entre les différents éléments du coffre (les planches, et notamment les trappes de visite, les embouts, etc.).

Quels sont les points les plus délicats ?

La liaison avec la fenêtre et la mise en œuvre du produit n’étant pas réalisées de la même manière pour tous les types de coffres, le guide distingue pour chacun des cas les points de vigilance vis-à-vis de la perméabilité à l’air, notamment à l’aide de schémas.
On retrouve cependant toujours les trois zones de vigilance suivantes : la liaison avec le gros œuvre, la liaison avec la fenêtre et les passages de manœuvres, avec des modalités de traitement dépendant du type de coffre.
Par exemple, dans le cas des coffres blocs-baies et pour demi-linteaux, ceux-ci sont assemblés sur la fenêtre en usine, le menuisier assure la mise en œuvre de l’élément en une seule opération et le calfeutrement du coffre au gros œuvre est réalisé en continuité avec la fenêtre, assurant ainsi l’étanchéité de l’ensemble coffre et fenêtre. Dans le cas des coffres tunnels, la liaison avec la fenêtre est effectuée sur chantier, comme celle avec le gros œuvre : l’étanchéité entre les joues et le gros œuvre et au niveau de la liaison coffre-linteau est réalisée par le coulage du linteau (schéma 1).
Par ailleurs, le guide comporte un chapitre sur les responsabilités correspondant à chaque lot ; pour une bonne gestion des interfaces, une coordination entre les différents corps d’état étant indispensable. En fin d’ouvrage, des fiches pratiques recensent les différentes configurations de pose et indiquent les tâches de chaque intervenant, dont l’exécution et la réception des supports.

Peut-on préciser les précautions à prendre au niveau de la liaison au support ?

La notion de tolérance d’exécution du plan de pose est importante. Le guide renvoie notamment aux NF DTU 20.1 et 31.2, traitant respectivement de la maçonnerie et des constructions à ossature bois. Il s’agit de respecter les tolérances vis-à-vis des dimensions des baies ou des réservations, ainsi que la planéité du plan de pose. Il est nécessaire que l’installateur vérifie les tolérances géométriques avant la mise en œuvre.
Ensuite, à la liaison du coffre et du gros œuvre, le calfeutrement est réalisé par un mastic sur fond de joint, une mousse imprégnée, ou par le coulage du mortier (cas du coffre tunnel). Il faut se référer aux NF DTU 36.5 et 44.1 applicables le cas échéant, et prêter une attention particulière au choix de produits de calfeutrement adaptés à la dimension du joint et compatibles avec les différents supports.
L’étanchéité de la liaison du coffre à la fenêtre doit être traitée, par mastic, mousse adhésive double face ou mousse imprégnée.

Chaque cas de figure donne-t-il lieu à un développement particulier ?

Comme la grande majorité des documents Rage, ce guide se veut très concret. C’est pourquoi il comporte vingt-quatre fiches qui évoquent l’une des combinaisons possibles, en fonction du type de coffre, du mode de pose de la fenêtre, et du système constructif, dans le cas de travaux dans le neuf ou en rénovation. Pour la construction neuve, il détaille la mise en œuvre en applique intérieure et en tableau (côté intérieur, à mi-mur, côté extérieur). En rénovation, il traite des fenêtres posées en tableau et en feuillure.
Du mode constructif au plan de pose, tous les éléments indispensables sont indiqués.
Les fiches présentent les points de vigilance, les tâches pour chaque lot et des plans de mise en œuvre reprenant les recommandations précédemment mentionnées.

Existe-t-il d’autres points stratégiques ?

Il est impératif de préserver l’accessibilité des volets roulants pour la maintenance : la trappe de visite ne doit pas être bloquée mais disposée de façon à faciliter les interventions, en garantissant la possibilité d’une ouverture suffisante pour l’accès au mécanisme de la fermeture. De même, les dispositifs de manœuvre (en particulier la sangle et le treuil) constituent des zones sensibles vis-à-vis des fuites d’air. D’une part, au niveau de la traversée des parois du coffre ; d’autre part, et en particulier pour les cas de coffres tunnels ou pour demi-linteau, au niveau de la traversée du complexe d’isolation intérieure. Dans les deux cas, l’emploi de dispositifs d’étanchéité adaptés au niveau du passage de manœuvre est nécessaire, ainsi qu’un perçage soigné (schéma 2).
Bien entendu, le guide s’intéresse aux particularités de la mise en œuvre avec une isolation thermique par l’extérieur : dans le cas d’un enduit sur isolant, elle nécessite un dispositif de désolidarisation par un profilé de raccord entre l’isolant et le coffre, ainsi qu’une plaque droite, en L ou en Z, entre le coffre posé en tableau et l’isolant. Celle-ci permet de fixer l’isolant, sauf si le système de coffre prévoit que le lambrequin puisse assurer cette fonction.

La rénovation implique-t-elle des mises en œuvre particulières ?

Lorsque la menuiserie existante est déposée, les travaux sont assimilables à ceux dans le neuf. Lorsque le dormant est conservé, il est impératif de réaliser un calfeutrement entre le coffre et l’ancien dormant, prolongé ensuite sur la périphérie de la fenêtre. Il faut également vérifier la qualité de l’étanchéité entre l’ancien dormant et le gros œuvre (schéma 3). Enfin, une ventilation de l’ancien dormant, conformément au NF DTU 36.5, doit être assurée pour éviter tout risque de dégradation due à la condensation.

N°345

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