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Les ascenseurs mobilisent la moitié du budget

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Les ascenseurs mobilisent la moitié du budget

L’entrée du Monoprix Richelieu est équipée de portes d’accès automatisées et dotées d’un détecteur de présence. Une balise sonore indique l’entrée du magasin aux malvoyants, ses heures d’ouvertures et son offre commerciale.

© (Docs. Monoprix/Bertrand Leroy.)

Au 1er janvier 2015, le distributeur aura terminé l’adaptation de 380 magasins. Un projet parfaitement réussi, mais qui montre la difficulté à conduire de tels travaux. Quelque 52 dossiers d’Ad’AP seront déposés pour la difficile mise en conformité des ascenseurs dans les étages de plusieurs établissements.

«Chez Monoprix, accessibilité rime avec opportunité. Elle n’est donc pas vécue comme une contrainte dans ce groupe de distribution français ciblant le commerce de proximité.» C’est le message que fait passer Eric Szwartzfeld, chef de service prévention-sécurité, en charge du dossier technique de la démarche accessibilité actuellement en cours.

Son propos n’est pas uniquement commercial, puisqu’il repose sur un raisonnement simple. D’un côté, la démarche vise à ouvrir les magasins à tous les clients : les handicapés, bien sûr, mais aussi les personnes âgées, les femmes enceintes, les personnes avec poussette, ou celles aux membres blessés ou immobilisés. Et d’autre part, à « assumer une responsabilité sociétale se traduisant par un comportement transparent et éthique. »
Voilà pourquoi le Groupe a choisi d’investir plus de 15 millions d’euros pour rénover l’accessibilité de 380 magasins de la marque Monoprix, Monop’daily, Monop’beauty et Naturalia, sur un parc total de plus de 420 magasins, la différence étant constituée d’établissements accessibles à tous, dès leur construction.

Une charte qui normalise tous les aménagements

Après avoir tâtonné en raison des imprécisions et des délais sur les aspects techniques à prendre en compte, Monoprix a débuté son projet par l’édition d’une charte complète des travaux à conduire. Élaborée en interne, elle comporte près de 200 pages qui définissent, espace par espace (parking, cheminements, accès…) les travaux à réaliser. Tous les aménagements sont normalisés et abondamment illustrés en termes de matériels, couleurs, matériaux, équipements mis en œuvre. Cette charte respecte la réglementation et va même au-delà de ce que souhaite le législateur en prévoyant l’installation de boucles à induction, ou de balises sonores. Maître d’ouvrage, Monoprix en confie l’Assistance maîtrise d’ouvrage (AMO) à A2CH, un bureau d’études spécialisé dans l’accessibilité. Quatre contractants généraux réalisent les travaux : Ingeded, PHM immobilier, Cobat et Artea. Les marchés leur sont confiés par lots, selon leur capacité à assurer les travaux. Ils sont compétents sur ces travaux très variés.
Depuis 2011, les chantiers sont programmés à un rythme soutenu : 79 magasins traités en 2012, 108 en 2013 et 183 en 2014. Au premier janvier 2015, le parc total sera conforme sur les diverses thématiques, y compris les élévateur pour personnes à mobilité réduite (EPMR) destinés aux circulations sur les marches intérieures et installés en fonction des accords de dérogation. Seules resteront à traiter, les circulations verticales nécessitant l’installation d’ascenseurs d’accès aux étages des magasins non encore équipés.
En effet, « la création d’un ascenseur est très structurante, car il ne s’agit pas seulement d’installer un équipement. En parallèle, il faut souvent entièrement remodeler tout ou partie du magasin pour tenir compte d’abord de l’emprise au sol de l’équipement et de l’univers commercial environnant.

52 dossiers d’Ad’AP pour les ascenseurs

Ensuite, s’ajoute la problématique de créer des espaces d’attente sécurisée aux étages rendus accessibles à tous, voire la mise en œuvre des installations de désenfumage qui n’existaient pas auparavant. » La facture s’alourdit alors rapidement. Ainsi, près de la moitié du budget (7 Me) est destinée aux travaux généraux sur l’horizontalité des 380 magasins (marches, seuils, visibilité, circulations, EPMR), soit 18 500 €/magasin, l’autre part (8 Me) est consacrée à l’installation de 50 ascenseurs, soit 160 000 €/ascenseur « a minima », précise Éric Szwartzfeld. Au total, 52 dossiers d’Ad’AP (Agenda d’accessibilité programmée) relatifs à l’installation d’ascenseurs seront déposés dans les délais fixés par le gouvernement. Les travaux seront planifiés sur les années suivantes.

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