Dossier

Les acteurs traditionnels jouent la compatibilité

Sujets relatifs :

PHOTO - 854240.BR.jpg

L’arrivée d’internet et des appareils mobiles décuplent les possibilités de service pour les solutions domotiques et GTB. À la condition d’une bonne interopérabilité des systèmes. Les stratégies des industriels divergent, ainsi que les solutions techniques qui les accompagnent.

Internet est aujourd’hui très largement présent dans l’habitat, et de plus en plus d’objets connectés sont proposés. Les systèmes domotiques sont ainsi raccordés à une box internet, par le biais de passerelles ou « box domotiques ». D’ailleurs, en 2014, SFR et Orange se sont positionnés sur ce marché. Si les offres et applications demeurent en phase de démarrage, leur évolution sera, bien sûr, observée avec attention.

Conjugués à l’essor des smartphones et autres tablettes à écran tactile, ces développements redynamisent la domotique. Jusque-là réservées à des budgets élevés, pour des amateurs d’innovations, les installations se démocratisent. Elles comportent des sondes, horloges, programmateurs et autres détecteurs, qui permettent de stocker des données révélatrices du mode d’occupation. Leur analyse ouvre la voie à des services, notamment d’optimisation énergétique.
Dans cette perspective, les diverses technologies de communication des systèmes domotiques et immotiques doivent être compatibles.
Le signal de commande peut être véhiculé par le réseau basse tension : c’est le principe du courant porteur en ligne (CPL). Mais, le plus souvent, les circuits de puissance et de commande sont séparés. La communication s’effectue alors par un réseau filaire dédié ou par radiofréquence. Ponctuellement, les installations font appel au rayonnement lumineux infrarouge. À terme, on prévoit le développement du Li-Fi (*), nouvelle technologie qui exploite les capacités de transmission d’information de l’éclairage à led.
Généralement, les composants des circuits de commande nécessitent une alimentation très basse tension. Lorsque celle-ci est assurée par des piles ou des batteries, se pose le problème de la durée d’autonomie.

Partenariats

Les équipements sont interopérables, à condition d’utiliser un même protocole de communication. Certains industriels ont élaboré un écosystème propriétaire : notamment Delta Dore avec X3D ; Legrand avec MyHome BUS/SCS ; ou encore Somfy avec RTS. D’autres se sont réunis au sein d’associations, de clubs ou alliances, afin d’élaborer et promouvoir collectivement un protocole ouvert. Exemples de bus de terrain standardisés : BACnet, KNX, LonWorks, Modbus, M-Bus dédié à la télérelève de compteurs, ou DALI spécialisé en gestion de ballasts électroniques d’éclairage. Dans le domaine de la radiofréquence, on recense EnOcean, ZigBee et Z-Wave, qui cohabitent avec le wifi et Bluetooth.
En Europe, KNX occupe une position dominante. Ce protocole fédère plus de 350 adhérents, dont ABB, Delta Dore, Hager, Legrand, Schneider, Siemens et Somfy. Néanmoins, sur ces sept industriels, six sont également impliqués dans LonWorks. Et six d’entre eux se sont associés dans le cadre de la start-up Confluens, pour élaborer des modalités d’interopérabilité. Lancée en 2013, cette démarche jusque-là restée très discrète devrait faire parler d’elle au cours de l’année.
De son côté, l’association Agora s’est donné pour objectif de « permettre aux technologies domestiques de dialoguer et d’interagir ». Aux côtés d’industriels leaders, elle rassemble des opérateurs téléphoniques (Bouygues, Orange et SFR), ainsi que des grandes entreprises présentes dans l’énergie et les services (EDF, La Poste et Veolia). Elle s’est engagée dans une coopération internationale avec les organisations Energy@home et EEBus, basées respectivement en Italie et en Allemagne, afin de définir un langage commun pour le « smart home ».
Les grands acteurs du marché élargissent donc leur stratégie, dans l’optique de proposer une offre multimédia et multiprotocole. Cette politique, boostée par des passerelles de convergence IP et des interfaces OPC, passe également par des partenariats plus ponctuels. C’est ainsi que Philips, spécialiste de l’éclairage, et Somfy, acteur de la motorisation des stores et volets, se sont alliés pour proposer une solution intégrée de gestion de la lumière dans les bureaux. Baptisée « Light Balancing », elle optimise l’éclairement naturel, afin de réduire les consommations d’énergie en respectant des exigences de confort thermique et de protection solaire. Fondée sur le bus ouvert DALI et le bus propriétaire Animeo IB+, elle existe également en version KNX et LonWorks.
Parallèlement, Philips a noué un partenariat avec Bosch, cette fois, pour élaborer une plateforme de gestion commune contrôlant l’éclairage et le chauffage-ventilation-climatisation, soit 75 % de la consommation d’un immeuble tertiaire.

Multiprotocole

Delta Dore mise également sur une stratégie d’accord. L’entreprise propose désormais une passerelle de communication compatible avec plusieurs marques de générateurs : Amzair, Atlantic, Daikin, Panasonic et Saunier Duval. D’autres coopérations sont annoncées. Très présente sur le marché de la maison individuelle, elle a renouvelé son offre de box domotiques qui communiquent par radiofréquence. Raccordés à une box internet, ces boîtiers sont déclinés en trois versions ; la solution de base gérant le chauffage, l’éclairage, les volets roulants et une alarme.
L’industriel vient de conforter sa position en rachetant Lifedomus, une PME spécialisée en domotique multiprotocole. Il pratique et valorise le concept de « home cloud », autrement dit, les données personnelles relatives au mode de vie sont stockées dans le logement et non sur des serveurs externes. Seul l’occupant y a accès, sauf accord spécifique.
Hager poursuit une autre voie. Particulièrement active sur le marché du résidentiel collectif, par le bus de terrain KNX, la société propose une offre orientée à la fois vers les habitants et les gestionnaires de parcs immobiliers. Les données et services leur sont accessibles sur un portail internet (lire l’encadré ci-dessus). Sur site, l’infrastructure est optimisée par la mise en œuvre d’un serveur mutualisé, éventuellement complété par une station météo.
Parmi les prestations attendues figurent les demandes de suivi et de diagnostic à distance des équipements techniques. Pour un fabricant tel que Viessmann, l’enjeu est fort. À terme, il prévoit de commercialiser des chaudières « internet inside ». Objectif de cette connexion directe ? Faciliter le travail de son réseau d’installateurs et de dépanneurs. Les informations disponibles pourront également servir à améliorer les matériels.

N°343

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°343

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2015 des Cahiers Techniques du Bâtiment

Nous vous recommandons

Technipédia : Traitement du bois

Dossier

Technipédia : Traitement du bois

Le traitement du matériau est un sujet central dans la construction bois. Obligation d'autorisation de mise sur le marché, choix du traitement de prévention et de son procédé de mise en oeuvre ou lutte[…]

01/06/2017 | MateriauxInnovation
"Le réemploi, une pratique à massifier"

Interview

"Le réemploi, une pratique à massifier"

Réglementation : les AMM changent la donne

Dossier

Réglementation : les AMM changent la donne

Quel traitement préventif pour une bonne durabilité

Dossier

Quel traitement préventif pour une bonne durabilité

Plus d'articles