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Les ABF au carrefour du patrimoine et des techniques

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Les ABF au carrefour du patrimoine et des techniques

Les zones de protection du patrimoine architectural urbain et paysager (Zppaup) s’inscrivent dans la continuité de la politique d’André Malraux et attestent de l’importance de la création dans les centres anciens. L’avis conforme des architectes des Bâtiments de France (ABF) dans ces secteurs garantit le maintien et la réutilisation du bâti ancien dans la durée. Par sa ­décision du 12 février 2009, le Conseil constitutionnel maintient l’avis de l’ABF en Zppaup. Cependant, le projet de loi Grenelle ii semble vouloir réduire la force juridique de cet avis. Malgré la Cassation du Conseil constitutionnel, des projets liés à la loi pour l’accélération des programmes de construction et d’investissement publics et privés ­envisagent de modifier la nature de l’avis de l’ABF en Zppaup. Cette décision est motivée principalement par le refus de pose de panneaux solaires, dans quelques agglomérations.

Pour les ABF, la priorité va à la qualité archi­tecturale et à l’insertion d’éléments techniques, quelle que soit leur fonction, comme un élément de l’architecture elle-même. Derrière de tels projets, c’est toute l’architecture qui est fragilisée. Certes, le besoin de diversifier nos sources énergétiques par les énergies renouvelables est une priorité incontestable, mais la manière d’insérer les dispositifs de productions énergétiques individuels ou collectifs ne peut être abordée sous le seul angle technique. Aussi doit-on s’interroger sur le registre de l’insertion architecturale de panneaux ­solaires afin que les industriels puissent prendre en compte les spécificités du patrimoine, de manière à diversifier leur offre. Un panneau solaire sur un toit en tuile canal, en zinc, en cuivre ou en ardoise doit-il ­nécessairement revêtir le même aspect et des dimensions identiques ? Doit-il répondre au seul critère de surface nécessaire ou doit-il d’abord s’insérer harmonieusement sur un pan de toiture, une ligne de faîtage, un complément de ­pyramidion de verrière préexistante ? De ce point de vue, des communes comme Moustiers-Sainte-Marie (Alpes-de-Haute-Provence), située dans le département le plus ensoleillé de France, ont su travailler en collaboration avec l’ABF pour évaluer en amont les impacts et les solutions. La mise en place de panneaux photovoltaïques a été ­autorisée de concert. Leur positionnement préserve la qualité du paysage, première source de revenus pour le pays.

Il est également important de réfléchir sur la production de l’énergie collective dans le contexte de pression imposé par le lobby nucléaire. Le développement durable ne se limite pas à une succession d’initiatives individuelles sur chaque immeuble. Il concerne l’intérêt général et s’inscrit dans le cadre de programmes communs, tels que centrale solaire sur des bâtiments industriels, géothermie partagée pour un ­lotissement et, en premier lieu, la modification de nos ­usages.Des solutions respectant la notion d’inertie et venant compléter un enduit de chaux sur un mur en ­moellons de pierre marquent déjà un premier retour au bon sens paysan. Ce dernier s’avère fondamental dans ­l’appréciation du patrimoine. Les solutions d’usage de matériaux respectueux de l’environnement dans leur cycle de vie doivent être privilégiées, notamment en matière d’isolation des combles. Jeter une fenêtre ayant résisté 300 ans au profit d’une menuiserie qui posera déjà ­problème dans 20 ans doit nous faire réfléchir à des ­solutions intermédiaires de restauration moins consommatrices ou à des doublages de fenêtres dans les embrasures intérieures. Mais, le bâtiment est-il la bonne échelle de réflexion ? Ce n’est pas le champ habituel des ABF qui étudient les dossiers au niveau de l’îlot urbain ou du grand paysage. La réflexion que nous menons embrasse l’environnement quotidien du milieu rural comme celui du citadin.

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