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Le tri sélectif fait le ménage dans le vide-ordures

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Le tri sélectif fait le ménage dans le vide-ordures

© (Docs. : Hubert d’Erceville.)

Manutention simplifiée, nuisances réduites, sécurité et hygiène en plus, passage au tri sélectif... la suppression des colonnes de vide-ordures répond au souci d’améliorer la gestion au quotidien de cette résidence francilienne, édifiée dans les années soixante.

Contexte : un trouble à supprimer

Symbole du confort architectural moderne des années 60, le vide-ordures (VO) est aujourd’hui mis sur la sellette. Cette colonne verticale de grand diamètre (350 à 500 mm), qui débouche sur des poubelles installées en sous-sol, est édifiée en tubes ou caissons - souvent en amiante-ciment à l’époque, aujourd’hui en acier. Et est dotée, à chaque étage, de pelles/vidoirs installés dans les appartements ou sur les paliers.
Souvent mal utilisés, ces vide-ordures sont devenus une source de troubles (hygiène, odeur, bruit...) pour de nombreux gestionnaires immobiliers qui voudraient les supprimer. On savait les vide-ordures malodorants et bruyants, parfois engorgés, souvent dangereux avec le risque d’incendie, favorisant la prolifération d’insectes ou de nuisibles. C’est finalement la généralisation du tri sélectif et les conditions de travail des gardiens qui devraient en signer la fin définitive.

Amélioration des conditions de travail

Le Groupe 3F, spécialisé dans l’habitat social supprime, systématiquement depuis quinze ans, les gaines de vide-ordures lors des travaux de rénovation de son patrimoine. Dans la pratique, les conduits restent en place, les gaines sont bouchées. C’est le cas à l’Haÿ-les-Roses (94), un ensemble de 390 logements répartis sur sept bâtiments (trois datent de 1959, quatre de 1964) rénovés au début des années quatre-vingt-dix.
Ici, la première motivation de 3F a été d’améliorer les conditions de travail des gardiens. C’est ce qu’a réclamé le CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, institution représentative du personnel), constatant la pénibilité lors du réacheminement des containers roulants du sous-sol sur des rampes d’accès très raides et trop étroites.
Ces travaux sont un prologue à la réhabilitation complète de la résidence, prévue les prochaines années dans le cadre du Projet de renouvellement urbain du quartier « Plaine Bicêtre ». L’installation sommaire de bacs de tri sur les aires de parking extérieur, est donc provisoire. Le projet ultérieur intégrera des dispositifs plus pérennes, construits en dur lors de la rénovation définitive.

Exploitation : la condamnation des VO en trois étapes

« Dans les trois immeubles construits en 1959, l’arrivée du conduit en amiante-ciment dans le local VO situé au sous-sol est à l’air libre, hors de la gaine », fait remarquer Nathalie Fèvre, chef de projet patrimoine chez 3F. C’est une des difficultés de ce chantier qu’elle dirige, prévu pour durer quatre mois : il faudra mener une opération de désamiantage pour retirer la portion qui sort de la gaine. Cela fait partie du processus de condamnation, en trois étapes.
1- Aménagement provisoire, à l’extérieur, des nouvelles aires de dépôt et de tri sélectif. Les espaces définitifs seront implantés et réalisés lors de la rénovation future. Il faudra alors étudier les circulations, les habitudes de vie, la disposition des lieux, les possibilités de collecte des bacs.
2- Obstruction systématique des accès dans les appartements. L’opération comporte la dépose des pelles, puis le bouchage des ouvertures par des carreaux de plâtre coupe-feu recouverts d’une plaque PVC ou de carreaux de faïence. L’opération, prévue sur cinq semaines, nécessite la présence des occupants. Au bout de deux semaines, 7 à 14 % des logements demeuraient inaccessibles (absence, décès, refus d’accès, aménagements intérieurs). Selon la société BRTC, spécialisée dans la rénovation, ce taux est normal.
3- Désamiantage, désinfection et condamnation des locaux VO au sous-sol. Une fois tous les accès condamnés, le conduit et le local VO sont nettoyés et désinfectés une dernière fois à la vapeur d’eau sous pression. Puis, le découpage et le désamiantage sont réalisés sur place. Enfin, les colonnes sont bouchées définitivement par de la maçonnerie en plancher haut des sous-sols, avec calfeutrement coupe-feu. Des portes métalliques pare-flamme et coupe-feu 1/2 heure sont posées et verrouillées pour clore définitivement les locaux. Ils pourront ultérieurement être utilisés par les gardiens pour des stockages divers.
Pour faciliter le travail, l’opération est conduite de façon très méthodique et coordonnée. Voilà pourquoi l’appel d’offres a été passé en un lot, attribué à l’entreprise de maçonnerie BRTC (Aubervilliers, 93) qui est habituée à ce type d’opération.

Résultat : des équipements pour faciliter les accès et simplifier les usages

Dans cette zone urbaine, l’habitat collectif est relativement exigu. En effet, les cuisines de petites dimensions permettent difficilement le stockage de plusieurs poubelles de tri. Malgré cela, la suppression des vide-ordures ne provoque pas d’objections de la part des occupants : ils sont majoritairement satisfaits. Pour les gardiens, le travail de maintenance, de manipulation des bacs et de nettoyage est amplement simplifié. La généralisation du tri sélectif est à l’ordre du jour. C’est sur cette idée que 3F sensibilise les occupants, prévoyant d’investir dans de nouveaux blocs/meubles éviers qui intègrent des poubelles domestiques à trois compartiments.
Tous ces équipements encouragent une meilleure séparation des déchets ménagers, des bocaux et verres ou des emballages. Pour faciliter l’accès aux stockages communs, la tendance est d’installer des bacs collecteurs au rez-de-chaussée sur des îlots extérieurs quand c’est possible, et non plus en sous-sol.
Les industriels proposent de nouveaux équipements pratiques, comme les bornes enterrées. Elles sont équipées de détecteurs qui alertent le gardien et l’entreprise de collecte avant que le volume maximal de remplissage soit atteint.
Pour sauver les VO, certains constructeurs s’adaptent. Ils proposent des systèmes « passe-paquets » installés au RDC en récupération collective (Sociam, Zedem). D’autres équipent les pelles d’un système qui répartit les déchets par typologie en bas de colonne, l’occupant ayant au préalable appuyé sur un bouton de sélection (Ecologia Citybox). Mais l’installation et la maintenance de tels équipements peuvent poser des problèmes de maintenance et de sensibilité aux pannes. Ils ne sont pas testés par 3F.

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°329

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