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Le réemploi se met à l'e-commerce

Jacques Rolland
Le réemploi se met à l'e-commerce

Depuis des années, les entreprises de démolition ou de déconstruction démontent, trient et stockent les produits et matériaux issus de leurs chantiers. Les places de marchés sur internet sont une opportunité pour les valoriser plutôt que de les mettre à la benne, d'autant que le coût de mise en décharge augmente considérablement.

© SEDDRe

Beaucoup de vendeurs et encore peu d'acheteurs : les places de marché en ligne de produits de la déconstruction ont bien du mal à décoller. Pas facile de positionner l'offre et de motiver la demande.

Recycler c'est bien, réemployer c'est mieux. Suivant le principe de l'économie circulaire, un nouveau secteur de la construction cherche à se mettre en place, à l'appui de la loi de transition énergétique pour une croissance verte (n° 2015-992 du 17 août 2015) qui stipule que 70 % des déchets du BTP devront être revalorisés en 2020. Une aubaine et une incitation à réutiliser les plus de 40 millions de tonnes de déchets produits annuellement par le bâtiment.

Le commerce en ligne peut-il être le moyen de faire coïncider l'offre de matériaux et de produits inemployés ou provenant des chantiers de déconstruction/démolition - et une demande encore mal identifiée, mais que certains espèrent croissante ? Le processus informatique du commerce électronique est simple, c'est là son danger. A priori, il suffit, comme sur Le Bon Coin, de publier les annonces des vendeurs en indiquant les produits ou les lots, leur emplacement, état et conditions de reprise, prix. Les acquéreurs potentiels n'ont alors qu'à naviguer sur le site et cliquer sur les références qui les intéressent afin d'être mis en contact et réaliser la transaction. Reste à créer et animer cette communauté. C'est le point le plus délicat, qui réclame savoir-faire, moyens et un peu de chance.

Les matériaux issus de la déconstruction (ici, des pavés de granit) sont parfois de très bonne facture et de qualité, comme des matériaux neufs.

Trop peu de transactions

C'est sur cette base que deux sites web se sont rapidement lancés : Matabase dès 2014, puis Travaux matériaux en 2015. Avec beaucoup d'amateurisme et peu de transparence, ils ont essuyé les plâtres en contactant des cédants et réussi à mettre en ligne quelques centaines d'annonces. Mais ils se sont très rapidement heurtés à une demande insuffisante pour faire décoller le marché. Seuls quelques entrepreneurs indépendants, TPE ou artisans spécialisés, à la recherche de produits bien précis, comme du bois, du ferraillage, pavés/ carrelages ou de décoration ont opéré quelques transactions. Résultat : même s'ils sont toujours en ligne et affichent des annonces, ces deux sites ne sont pratiquement plus opérationnels.

Matabase, pourtant soutenu par l'Ademe, réoriente ses activités vers le diagnostic déchets et la commercialisation de sa matériauthèque, et tente de revendre sa place de marché. Travaux-matériaux a déposé le bilan en 2018 et ses deux créateurs ont embrassé d'autres activités, même si l'un d'eux maintient bénévolement le site sans réel statut juridique. Le Syndicat des entreprises de déconstruction, dépollution et recyclage (SEDDRe) a[…]

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