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Le point sur… Salles d’eau : la NF 15-100 redessine les volumes

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Le point sur… Salles d’eau : la NF 15-100 redessine les volumes

Jean-Jacques Baylard, ingénieur chez Socotec.

Les matériels évoluant, la dernière mise à jour de la NF 15-100 pour les salles d’eau concerne les volumes de protection et la qualité des équipements électriques.

La partie 7-701 du sous-chapitre vii de la norme NF 15-100 consacré aux dispositions spécifiques à prendre dans les salles d’eau a fait l’objet d’un amendement – l’amendement n° 2 – afin de tenir compte des dernières évolutions techniques et réglementaires. Jean-Jacques Baylard nous en livre les principales évolutions qui portent essentiellement sur la redéfinition des volumes de sécurité.

CTB : Quelles sont les raisons de cette évolution ?

Jean-Jacques Baylard : Rappelons que les dispositions de la norme NF 15-100 concernant la salle d’eau sont conçues d’abord pour assurer la sécurité des personnes, avant même celle des biens. Le risque principal étant que par l’installation d’appareils inadaptés ou parce que l’isolation des installations est mal réalisée ou trop dégradée, des courants dangereux provoquent l’électrocution des utilisateurs. Côté matériels, la généralisation des douches ou baignoires à équipements complémentaires comme les jets pulsés, les bains bouillonnants, etc. imposait de reconsidérer les dispositifs. Les risques de projection d’eau à des distances plus élevées augmentent en effet le risque.

Enfin, il fallait aussi tenir compte de la réglemen­tation sur l’accessibilité issue de la loi 2 005-102 du 11 février 2005.

CTB : Quels sont les locaux concernés ?

J.-J. B. : Tous les locaux qui disposent de salles de bains ou de douches, des logements aux hôtels, en passant par les maisons de retraite, hôpitaux, internats, salles de sport, etc.

CTB : Les principaux changements concernent bien la définition des volumes de protection ?

J.-J. B. : En effet, rappelons que la norme prévoit quatre volumes dits volume 0 (celui où il y a l’eau), volume 1 (le plus proche de l’eau et dont la hauteur monte à 2,25 m), volumes 2 et 3 dans lesquels les conditions de pose d’appareillage électrique sont soumises à des règles très strictes. Dans le volume 2, par exemple, il n’est possible de placer que des éclairages et des prises pour les rasoirs, ou des appareils d’utilisation de classe II (à double isolation ou à isolation renforcée).

Interrupteurs et prises de courant seront impérativement dans le volume 3, etc. La suppression des receveurs a conduit à reconsidérer ces différents volumes. Le volume 1 des douches passe de 0,60 m à 1,2 m, avec ou sans receveur. Seuls sont permis dans ce volume les dispositifs basse tension comme les éclairages en 12 V en TBTS, peu courants et assez coûteux. Toutefois, la présence d’une paroi mobile, de type pare-douche intégral, permet dans certaines conditions de limiter ce volume 1 aux anciennes dimensions (c’est à dire 0,60 m).

CTB : Les volumes 2 et 3 sont-ils aussi concernés ?

J.-J. B. : Tout à fait. Le volume 2 est aussi défini en fonction de la présence éventuelle d’une paroi mobile. Mais, attention, il peut sortir par la porte. En conséquence, dans certains cas, l’interrupteur ne peut même pas être placé à l’extérieur de la pièce, à côté de l’entrée, comme on le trouvait fréquemment.

Quant au volume 3, il reste à 2,40 m à partir du volume 2.

Si ces augmentations ne sont pas très importantes à chaque fois, leur cumul devient sensible. Dans les conditions les plus extrêmes, on atteint 4,20 m ! (1,20 0,60 2,40).

CTB : Les matériels devront-ils également évoluer ?

J.-J. B. : La classification des appareils électriques (indices de protection IP) est concernée. Notons que seul le second chiffre qui correspond à la protection vis-à-vis des liquides nous intéresse ici. Dans les volumes 1 et 2, les appareillages devront désormais avoir un degré IP X4. Cette exigence est portée à IP X5 si les volumes risquent d’être soumis à des jets d’eau (nettoyage, proximité de douches à jets horizontaux). Nombre d’équipements actuellement utilisés (appareils d’éclairage, prises, interrupteurs, appareils de chauffage, sèche-cheveux fixes... ) sont désormais à bannir.

CTB : Existe-t-il des dispositions constructives nouvelles ?

J.-J. B. : La normalisation des annexes A et B qui portent sur les liaisons équipotentielles et qui n’étaient qu’informatives sont désormais une règle stricte : tous les matériels accessibles – mais aussi tous les éléments métalliques susceptibles de propager des différences de potentiels – devront être reliés à la prise de terre par le biais de la liaison équipotentielle.

Sont concernées les canalisations ou les huisseries métalliques (qui ne peuvent plus être raccordées en série dans la liaison équipotentielle). Tous les éléments constructifs concernés sont détaillés dans l’annexe B de la norme.

CTB : Quels sont les autres changements apportés par cette réécriture ?

J.-J. B. : Beaucoup de précisions sur des points spécifiques. Ainsi, un plafond démontable sans outil (la norme le précise) est considéré comme inexistant ! Un plafond démontable à l’aide d’un outil limite les volumes, mais le volume au-dessus d’un volume 1 ou 2 est un volume 3. Un plafond non démontable est une paroi fixe qui limite le local et donc tous les volumes.

Le volume au-dessus des volumes 1 ou 2 entre 2,25 m et 3 m devient un volume 3, alors qu’il avait été classé en volume 2 précédemment. De la même façon, les règles pour les douches collectives ont été clarifiées, et les volumes légèrement retouchés.

Le texte s’est enrichi de nombreuses figures qui viennent préciser l’articulation et les limites des différents volumes : c’est là un louable effort de clarification mais, bien entendu, il n’était pas possible de traiter tous les cas particuliers… et une salle d’eau est souvent un cas particulier !

CTB : Quelles sont les modalités d’application de ce nouveau texte ?

J.-J. B. : L’amendement est applicable à tout établissement dont la date de dépôt de permis de construire (ou acte administratif équivalent) est postérieure au 30 avril 2009.

Pour les bâtiments existants, deux possibilités. En cas de rénovation lourde du bâtiment, ce sont les nouvelles règles qui s’appliquent. Il en est de même en cas de création ou de transformation profonde d’une salle d’eau. Dans le cas de remplacement d’appareils à l’identique (par exemple, lors d’opérations de maintenance), il n’y a pas lieu d’appliquer les nouvelles règles, mais s’en tenir à celles qui sont applicables lors de la construction.

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