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Le point sur...Parquets collés : le cisaillement sous haute surveillance

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Le point sur...Parquets collés : le cisaillement sous haute surveillance

Avec un élargissement de son champ d'application, la nouvelle mouture du DTU 51-2 spécifie les modes de pose de ces produits sur un plancher chauffant et introduit des obligations pour les colles.

La nouvelle édition du DTU 51-2 « Parquets collés » de mai 2009 avait pour but premier l'introduction des normes européennes. Le nombre de modifications apportées à cette occasion a conduit à un remaniement profond.

L'une des dispositions les plus importantes est l'introduction des conditions de réalisation sur les planchers rayonnants électriques et la nouvelle donne en matière de colle. Jean-Paul Balcon, ingénieur à la direction des techniques et des méthodes à Socotec en analyse les principales dispositions.

CTB : Le principal apport de cette nouvelle version du DTU est l'introduction de nouveaux supports. Quels sont-ils ?

J.-P. B. : Le collage sur les sols chauffants eau chaude des dalles désolidarisées isolées relève du DTU 65.14 - Partie 1. En revanche, le collage sur le plancher rayonnant électrique - qui relève quant à lui d'un Cahier de prescriptions techniques (CPT) - apparaît pour la première fois. Mais, les planchers réversibles basse température (aussi gérés par un CPT) ne sont pas concernés.

Il n'est pas inutile de rappeler que le DTU ne vise que l'application en local sec et donc les cuisines et salles d'eau privatives n'y ont pas été introduites.

CTB : Concernant le parquet lui-même, ce texte apporte-t-il des nouveautés ?

J.-P. B. : Rappelons qu'il n'existe pas de classement Upec pour les parquets qui sont régis par une norme française depuis 2003. Elle établit un rapport direct entre le local à équiper et l'essence (via la dureté) et l'épaisseur du parement à retenir (conditionnant le nombre de ponçages possibles). La norme est très précise et définit chaque local de façon nominative (par exemple : les « musées »). Elle facilite grandement le choix.

Par ailleurs, il existe de nombreuses normes européennes sur chaque type de parquet (massif, contrecollé, etc.). En revanche, des précisions importantes sont apportées concernant les colles qui relèvent, globalement, de la norme européenne NF EN 14-293. L'avant-propos particulier du CGM est essentiel : « Conformément à l'avant-propos général à tous les DTU, les colles visées par ce CGM sont celles dont l'aptitude à satisfaire aux dispositions techniques du DTU est reconnue par l'expertise. Les colles ayant pour seule preuve d'aptitude à l'emploi, la ­conformité à la norme NF EN 14293, indépendamment de tout lien avec une essence de bois ou section de lame de parquet, sans réponse aux spécifications complémentaires données à l'article 4 du présent document, ne sont pas d'usage courant en France.

Le manque d'expérience concernant le comportement des ouvrages réalisés avec ces colles ne permet pas actuellement de définir des dispositions techniques de mise en œuvre de ce DTU. Ce qui constitue clairement une allusion à la question essentielle qu'est le bon comportement de l'ouvrage en particulier la tenue au cisaillement de l'interface parquet/support. C'est pourquoi le « Dossier colle » doit impérativement comporter une indication de conformité à l'essai au caisson climatiseur, défini par la norme NFB 54-008 qui, à cette occasion, est introduite dans la nouvelle version du DTU. Cet essai est actuellement le seul moyen reconnu pour vérifier le bon comportement aux alternances d'ambiances sèches et humides.

CTB : Chaque usage, avec chaque essence, doit-il être validé par l'effet ?

J.-P. B. : Non, pour limiter justement le nombre d'essais en caisson climatiseur, il a été décidé de ne les réaliser que sur deux essences : le chêne, essence de base, et l'ipé, essence réputée difficile à coller. Chacune des autres essences de bois est positionnée au regard de ces deux essences de référence. En pratique, chaque fabricant a le droit de choisir de faire porter l'essai sur l'une ou l'autre des essences de référence. Si l'essai n'a porté que sur le chêne, seules les essences sollicitant moins que le chêne sont acceptables. Les essences indigènes et exotiques sont citées nominativement dans le DTU et positionnées par rapport aux deux essences de références.

CTB : Le DTU a-t-il évolué sur la mise en œuvre ?

J.-P. B. : Un parquet collé est essentiellement sollicité au cisaillement. Le mouvement du parquet dépend des variations d'humidité de l'air ambiant. La règle de base n'a pas évolué : application sur un support cohésif, sec et sans remontée d'humidité. De ce fait, un collage direct sur dallage ou plancher sur vide-sanitaire est prohibé.

Il appartient aux DPM (Documents particuliers du marché) de préciser la nature du dispositif qui assurera la coupure entre le support béton et le parquet. Il importe de stopper toute migration d'humidité y compris sous forme de vapeur. Dans son principe, cette obligation n'est pas une nouveauté. En revanche, elle est plus explicite et des solutions techniques précises sont désormais proposées. Ainsi, est indiqué le moyen technique de mesure de taux d'humidité : la bombe à carbure, exclusivement.

CTB : Des prescriptions particulières concernant le support existent-elles ?

J.-P. B. : Concernant l'aspect cohésif, la performance minimale de 0,5 MPa fait l'objet d'une définition dans le DTU 26-2 concernant les chapes. Le DTU 51-2 ajoute une exigence dans un seul cas : celui des parquets massifs d'une largeur supérieure à 120 mm. Dans ce cas, la sollicitation au cisaillement est particulièrement importante et la borne de 0,5 MPa a été relevée à 0,8 Mpa pour les chapes.

CTB : Certains supports sont-ils particulièrement bien adaptés au parquet collé ?

J.-P. B. : Depuis plus de 15 ans, il existe sur le marché des liants hydrauliques permettant de réaliser des chapes ayant la double particularité ­suivante : un développement rapide des propriétés mécaniques (25 ou 30 MPa à 1 jour) et une humidité résiduelle à 1 jour faible (exemple 2 %).

En matière de parquet c'est surtout cette seconde propriété qui est utile.

En particulier en rénovation, deux supports sont donc bien adaptés : les chapes réalisées avec ce liant hydraulique particulier (la chape relève d'un avis technique sous l'intitulé - chape rapide) et les chapes sèches (plaque de plâtre ou de mortier de ciment sur lit de granulats) relevant également d'un avis technique, mais introduit dans le DTU.

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