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Le point sur… Dalles alvéolées : une nouvelle technique traditionnelle

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Le point sur… Dalles alvéolées : une nouvelle technique traditionnelle

La série des Documents techniques unifiés (DTU 23) s’étoffe avec l’arrivée du DTU 23.2 « Plancher à dalles alvéolées préfabriquées en béton ». Une technique maintenant utilisable en zone sismique.

Jusqu’à la publication de la norme DTU 23.2 « Planchers à dalles alvéolées préfabriquées en béton » en août 2008, ces modes constructifs relevaient de la procédure de l’Avis technique ou de l’Agrément technique européen. La publication de la norme européenne NF EN 1168 et de son annexe 1 sur « Produits préfabriqués en béton – dalles alvéolées » a abouti à l’élaboration de ce nouveau document que commente Abdelouahed Elmokhtari, correspondant technique national de Norisko pour les structures en béton et les ouvrages d’art.

CTB : Quel est le champ couvert par le DTU 23.2 et comment se présente-t-il ?

Abdelouahed Elmokhtari : Cette nouvelle norme DTU s’insère dans la série des DTU 23 concernant les ouvrages en béton et s’applique à tous les travaux d’exécution de planchers en dalles alvéolées en béton armé ou précontraint, pour des ouvrages de bâtiment ou de génie civil situés en zone sismique ou non sismique. C’est donc un champ très large qui comprend tous les bâtiments (logement, tertiaire, scolaire, etc.) et de génie civil comme les stations d’épuration, bassins de rétention, etc.

Le DTU comporte quatre sections : Le Cahier des clauses techniques types (Partie 1-1), les critères généraux de choix des matériaux (Partie 1-2), le Cahier des clauses administratives spéciales types pour les marchés privés (Partie 2) et les Règles de calcul (Partie 3).

CTB : Quelles sont les principales nouveautés du texte ?

A. E. : Il faut d’abord noter qu’en devenant l’objet d’un DTU, ces ouvrages qui relevaient auparavant de procédures Avis techniques ou de l’Agrément technique européen, entrent dans le champ des techniques considérées comme traditionnelles, dès lors qu’on reste dans le champ défini par le nouveau texte.

Parmi les nouveautés, l’élargissement du champ d’utilisation aux zones sismiques. Même si elles sont peu étendues en France, plusieurs régions sont concernées par cette limitation. À noter toutefois, que le DTU n’autorise pas de porte-à-faux avec débord des dalles dans ces zones sismiques.

CTB : Quelles sont les principales prescriptions concernant les dalles ?

A. E : D’abord des précisions sur leurs dimensions. Les dalles alvéolées précontraintes ont une épaisseur comprise entre 0,12 et 0,40 m et leur largeur est inférieure ou égale à 1,20 m. Les dalles alvéolées en béton armé ont une épaisseur comprise entre 0,12 et 0,24 m et une largeur maximale de 0,60 m. Il est toujours possible de sortir de ces dimensions mais alors le DTU n’est plus applicable et il faut revenir à la procédure d’Avis technique. Le texte autorise un certain nombre d’ouvrages spécifiques comme les dalles biaises dès lors que l’angle biais ne dépasse pas 45°. Un dispositif qui permet de réaliser des ouvrages courbes.

Une section est consacrée aux planchers composites. Il est précisé que l’épaisseur de la dalle collaborante ne doit pas dépasser le tiers de la hauteur globale du plancher, et ce, quelle que soit la composition du béton. Et s’il est admis que ces planchers puissent supporter des charges roulantes jusqu’à 30 kN par essieu (exception faite pour les camions de pompiers) il est exclus que le plancher puisse être soumis à des chocs ou à des actions dynamiques.

CTB : Les appuis et les porte-à faux font également l’objet de précisions.

A. E : Il s’agit surtout de définitions pour les quatre cas possibles.Le « repos sur appui » représente la distance horizontale entre le nu de l’appui et le point le plus en retrait au niveau de la sous-face de la dalle alvéolée. Le « repos minimum » est la valeur de repos sur appui en dessous de laquelle une lisse de rive est obligatoire. Le « repos nominal » est la valeur du repos sur appui sur le plan de pose qui tient compte des tolérances de fabrication des dalles et des tolérances d’exécution des ouvrages. Enfin, « l’espace d’appui » est la profondeur d’appui nominale qui doit être réservée sur la structure porteuse pour permettre la pose des dalles alvéolées. Ces notions connues pour d’autres ouvrages sont ici appliquées à la mise en œuvre des dalles alvéolées.

Par ailleurs, le DTU précise que les porte-à-faux perpendiculaires aux dalles alvéolées ne sont possibles qu’avec des planchers avec dalles collaborantes rapportées. Mais il est nécessaire de laisser la place pour les armatures. Quant aux porte-à-faux avec débord des dalles, comme vu précédemment, ils sont interdits en zone sismique.

CTB : Quels traitements sont admis pour les dalles alvéolées ?

A. E : La norme européenne a généralisé toutes sortes de possibilités comme de la peinture, de l’enduit, des plafonds suspendus, etc. ou tout simplement rester apparent, tout comme la partie supérieure.

CTB : D’autres règles portent sur le stockage des dalles.

A. E : Elles visent en effet à leur conserver toutes leurs performances. En premier lieu, le stockage et la manutention sur chantier doivent respecter les indications des cahiers des charges de fournisseurs et être réalisés afin de n’altérer ni endommager les éléments et leurs parements. Quand il existe, car le DTU conseille la pose des dalles dès leur fourniture sur chantier, le stockage intermédiaire est obligatoirement horizontal et n’excède pas 1,5 m de haut (sauf conditions spéciales acceptées par le fournisseur). Dans le cas de dalles alvéolées précontraintes, le stockage n’excèdera pas deux semaines. Une durée qui ne peut être prolongée qu’en cas de nécessité, et si le fournisseur prévenu a calculé la dalle en conséquence.

CTB : La partie 3 est consacrée aux règles de calcul.

A. E : Fondée sur les eurocodes 0, 1 et 2, la partie 3 définit des règles de calcul harmonisées. On notera deux notions importantes. D’abord, le concepteur définit lui-même la durabilité de sa dalle, liée à la durabilité du bâtiment. On ne considère plus que l’on construit pour toujours ! Il lui revient ensuite de préciser s’il accepte ou non la présence de fissures dans la dalle et quelle largeur maximale est supportable pour ces fissures.

L’ensemble des dispositions des eurocodes ont permis de calculer de façon beaucoup plus fine les ouvrages comme les dalles alvéolées. En général, et d’expérience, le gain se fait tant sur la géométrie (coffrage) que sur les armatures. C’est ainsi que, souvent, là où la conception traditionnelle imposait des épaisseurs de 20 cm, aujourd’hui 16 cm sont tout-à-fait ­acceptables.

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°288

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