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Le Hall D de l’aéroport de Toulouse-Blagnac

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Le Hall D de l’aéroport de Toulouse-Blagnac

La galerie : jeu de façades « inversées »Pour privilégier une paroi lisse côté intérieur, les vitrages de la galerie reliant hall et satellite sont posés à l’alignement intérieur de la peau béton, tandis que les éléments structurels - ossature aluminium et cadres acier de support - sont reportés à l’extérieur. Compte tenu de la taille des cadres, une poutre intermédiaire horizontale, suspendue par des tirants en acier, assure le contreventement et le support des vitres supérieures. Tous les vitrages sont parclosés horizontalement par capot serreur intérieur et joint EPDM. Celui-ci a été spécifiquement extrudé et relevé de manière à rejeter vers l’extérieur les eaux de ruissellement.

© (Doc. Philippe Garcia.)

Inauguré en 2010, le Hall D, dernière extension de la plate-forme toulousaine, se déploie sur 40 000 m². Conçu par les architectes Cardete & Huet, ce terminal articulé en trois modules fait la part belle à l’éclairage naturel, aux innovations techniques et à la modularité.

Construit pour faire face à la croissance du trafic aérien et accueillir les vols internationaux, le Hall D augmente de 70 % la surface de l’aéroport de Toulouse-Blagnac (31), portant sa capacité d’accueil à 8,5 millions de passagers. Il est constitué de trois modules distincts, un hall principal parallélépipédique, un satellite d’embarquement semi-circulaire et une galerie linéaire reliant les deux.

La dissociation spatiale des bâtiments a abouti à la réalisation de façades distinctes, mais toutes issues d’une volonté de transparence, privilégiant la lumière naturelle, à travers 18 000 m² de parois vitrées.

Transparence et luminosité maximales

Le hall principal, dédié à l’accueil, à l’enregistrement-livraison des bagages, aux commerces et aux services, se développe derrière une grande façade vitrée suspendue. Celle-ci, orientée nord face à la ville, telle une immense double fenêtre, baigne de lumière naturelle les trois niveaux intérieurs. Elle protège un espace-jardin toute hauteur, où se déploient les circulations verticales, dévoilant les niveaux détachés de la façade : une plate-forme supérieure dédiée aux départs, un niveau intermédiaire pour les arrivées et correspondances et un sous-sol avec accès direct au parking silo situé en face du hall.
Voulue par les concepteurs comme la plus transparente et immatérielle possible, la façade mur-rideau a été conçue selon un procédé peu courant, par ailleurs objet d’une Atex. Deux grandes parois vitrées, situées de part et d’autre du bloc d’entrée, sont suspendues sur 16,5 m de hauteur et s’étirent chacune sur une longueur de 36 m.
Leur particularité réside dans un système de contreventement réalisé par des raidisseurs verticaux en verre trempé, qui viennent renforcer l’ossature secondaire. Celle-ci, conçue très fine afin de favoriser la transparence, présente une trame montants/traverses de 3 m/1,5 m. Le vitrage isolant de la façade, maintenu horizontalement sur les traverses par capot serreur, est uniquement étanché à la silicone sur les montants verticaux, qui eux servent à moiser les raidisseurs.
Ces derniers sont suspendus à deux poutres-treillis de 36 m de portée, totalement dédiées à la reprise des façades vitrées et indépendantes de la toiture, afin d’éviter tout risque de mouvements et sollicitations parasites.

Brise-soleil en bois incorporé au vitrage

Excentré et détaché du hall d’accueil pour s’implanter au plus près des pistes, le satellite d’embarquement offre une forme semi-circulaire pour optimiser le nombre d’avions à son contact.
Côté pistes, les salles d’attente avant embarquement s’ouvrent sur une vue panoramique à 180° orientée sud-ouest. Pour le confort des usagers, la façade se devait d’atténuer la luminosité et le rayonnement solaire tout en préservant la visibilité sur les avions. Afin de créer une ambiance chaleureuse, le choix technique s’est porté sur un double vitrage respirant enfermant un moucharabieh en bois. Un assemblage de lames de bois croisées selon une densité variable confère une luminosité tamisée et naturelle à la salle.
À l’inverse, la façade intérieure du satellite, donnant sur un patio semi-circulaire, est très structurée. Une série de 52 poteaux triangulaires de 1,50 m de côté sur 14 m de haut alterne avec autant de vitrages de mêmes dimensions.
En plus de l’omniprésence de l’apport de lumière naturelle grâce à ses façades, le Hall D est doté d’un système de Gestion technique centralisée (GTC) permettant d’ajuster les consommations énergétiques en permanence en fonction de la luminosité.

N°320

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