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Le grand retour de la paille

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Le grand retour de la paille

À l’heure où les préoccupations environnementales sont exacerbées, les matériaux naturels font un retour sur le ­devant de la scène constructive hexagonale. Illustration significative sur le plateau de Caussols, dans l’arrière-pays de Grâces (Alpes-Maritime), avec la construction d’une maison à ossature bois (130 m2) isolée en paille. En effet, ce matériau, 100 % recyclable et économique, est connu et employé depuis longtemps pour ses qualités d’isolant thermique et acoustique. Le problème étant qu’en France « ce matériau écologique n’est pas encore considéré comme un matériau à part entière », explique ­Jérôme Bernard, l’architecte responsable du projet. Pas de DTU, pas de garantie décennale, seule une étude de l’Ademe attestant de ses qualités de résistance au feu. Ces performances, qui dépendent bien entendu du taux de compression des fibres, n’auraient rien à envier aux meilleurs isolants. Résultat : les projets sont le plus souvent menés, en autoconstruction, par des particuliers. Cette réalisation n’échappe pas à la règle. « J’ai, en tant que spécialiste de l’architecture écologique, ­répondu favorablement à la volonté du client qui est venu me solliciter », le choix de la structure finale se portant, après examen des différentes techniques de construction possibles, sur une ossature bois de type poteaux-poutres », explique Jérôme Bernard. Dans la pratique, la maison repose sur une base classique de fondations chaînées en béton sur vide sanitaire, avec dalle béton sur laquelle est érigée la structure porteuse en bois. Six cents bottes de paille de 80 x 50 cm (épaisseur 40 cm) ont été nécessaires pour habiller l’ensemble, un réseau de poutrelles secondaires en bois, assurant leur maintien. Pour éviter tout risque de remontées capillaires par le sol, la première rangée de bottes a été posée sur une réhausse béton ceinturant l’habitation. « Les quatre côtés ont également été équipés de larges débords en toiture afin de garantir leur protection et d’éviter tout problème lié à l’humidité », poursuit Jérôme Bernard. Et pour parachever le tout, un enduit traditionnel à la chaux assurera la protection au feu tout en laissant respirer le bâtiment. Des panneaux solaires, intégrés en façade sud, assureront la production d’ECS, le chauffage par plancher chauffant étant complété par une ­cheminée qui fera l’appoint.

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