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La rénovation en logements collectifs

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VMC autoréglable avec récupération de chaleur sur air extrait Résidence Jean Désiré Trait, Caluire (Rhône)Quelque 349 logements sont répartis sur les trois bâtiments de cette résidence. Une réhabilitation partielle a eu lieu en 2002 par remplacement des menuiseries extérieures. La rénovation en cours par le nouveau bailleur GrandLyon Habitat prévoit la mise en place d’une chaufferie bois et d’une VMC autoréglable (remplacement des bouches VMC, des entrées d’air et des extracteurs), avec récupération de chaleur par PAC Soraya sur air extrait pour préchauffage de l’eau chaude collective, pour un surcoût de 178 000 € HT. Les pertes de l’ancien système ECS avec chaudière centralisée et distribution en étoile étaient estimées à environ 35 %.

© Doc. GrandLyon Habitat

Lors d’une réhabilitation d’un immeuble collectif, l’existant le plus fréquent est la ventilation naturelle. Plusieurs niveaux de rénovation sont possibles en fonction du budget et des contraintes du site.

La rénovation thermique de l’habitat, individuel et collectif, est un enjeu majeur du plan de transition énergétique. La réhabilitation s’organise autour d’un triptyque de base : amélioration de l’isolation de l’enveloppe (avec ou sans travaux spécifiques sur l’étanchéité), changement des sources de production d’eau chaude (ECS et chauffage) et optimisation de la ventilation. En cas de VMC existante, les conduits en place sont utilisés pour installer un nouveau système plus efficace. Si la ventilation est naturelle, plusieurs niveaux de rénovation sont envisageables, dont la première étape est d’optimiser le débit de la ventilation naturelle avec des bouches autoréglables ou hygroréglables. Il est possible de s’arrêter là ou de passer à la VNA (ventilation naturelle assistée), à l’hybride (type statomécanique) ou à la VMC.

« Lorsque nous effectuons des travaux de rénovation, en général, nous remplaçons à l’identique ou nous passons de l’autoréglable à l’hygro A, de la ventilation naturelle à de la VMC hygro A, résume Nacima Sahraoui, chargée de maintenance à GrandLyon Habitat. Lorsque les contraintes du bâtiment ne nous permettent pas le passage en VMC - manque de place pour le caisson, bâtiments classés ou appareils à gaz raccordés au conduit de fumée -, nous étudions alors la possibilité de la VNA. L’hygro B est privilégié pour les opérations où les menuiseries sont remplacées. »

Entrées d’air et bouches d’extraction

La situation est fréquente d’un immeuble non rénové de plus de trente ans d’âge, avec la présence de nombreux ponts thermiques, de menuiseries vieillissantes à simple vitrage, parfois remplacées dans certains appartements de manière hétérogène et d’une ventilation naturelle. La rénovation lourde intègre la pose d’une isolation en façades par l’extérieur (ou si ce n’est pas possible, par l’intérieur) avec remplacement des menuiseries et pose de double vitrage.
L’étanchéité du bâtiment étant ainsi renforcée, il est impératif de veiller à un renouvellement d’air suffisant. Pour garantir une qualité de l’air intérieur tout en réduisant les pertes thermiques, les rénovations s’accompagnent très souvent de la mise en place d’entrées d’air et de bouches autoréglables ou hygroréglables. Les entrées d’air doivent être prévues dans les nouvelles menuiseries des pièces de vie, salon et chambres, tandis que les bouches d’extraction viennent remplacer les grilles dans les pièces humides, cuisine, salle de bains et WC.

Hygroréglable, VNA, VMC ou hybride

L’avantage de l’hygroréglable est de se réguler en fonction de la présence des occupants et de leurs activités (douche, préparation de repas…). Le statique à très basse pression est le cas le plus fréquemment rencontré en rénovation, avec une régulation obtenue avec les bouches et un tirage intermittent en cas de vent ou lorsque la différence de température entre l’intérieur ou l’extérieur est suffisante. L’hygroréglable comme l’autoréglable peuvent être associés à une VNA, une VMC ou une ventilation hybride.
La ventilation naturelle peut être améliorée par la pose d’un équipement terminal, avec un extracteur statique, statomécanique ou mécanique installé en toiture, en coiffe des conduits, en remplacement du simple aspirateur béton ou métallique. L’extracteur statique améliore le tirage généré par le vent grâce à l’effet Venturi, évite la pénétration de la pluie et peut avoir également une fonction antirefouleur. Pour sa part, l’extracteur statomécanique (ou hybride) possède deux modes de fonctionnement, statique ou à assistance mécanique à basse pression. Ce deuxième mode est activé soit lorsque le tirage est insuffisant soit lorsqu’un besoin de ventilation ponctuelle se fait ressentir, par exemple pour assurer un grand débit dans la cuisine. « Ainsi pour un R + 3 ou R + 4 où le tirage naturel n’est pas suffisant, nous recommandons du statomécanique comme Astato ou des caissons basse pression type Acthys, vers 70 Pa. Nous avons de plus en plus de demandes en rénovation pour de la basse consommation et basse pression », confie Éric Pajot, directeur de travaux chez EuropTherm. Mais simple ou double flux, basse pression ou non, la pose d’une VMC hygro A ou B est beaucoup plus rare en rénovation qu’en neuf. La pression d’extraction étant plus importante, le nombre d’entrées d’air est réduit par rapport à ceux nécessaires pour une ventilation statique. Il est possible d’avoir une seule bouche d’entrée d’air dans la chambre au lieu de deux. La VMC demande un coût plus élevé d’installation et d’entretien. Le débit d’air est forcé et les bouches s’encrassent plus vite, demandant une maintenance plus fréquente.

N°351

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