La réalité augmentée passe de l’atelier au chantier

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© Doc. FP

Déjà opérationnelle en atelier (aéronautique et automobile notamment), la réalité augmentée est testée en construction sur les chantiers navals, dans le cadre du programme de recherche Genesis. Les conditions y sont proches de celles d’un chantier bâtiment.

L’accord de partenariat signé début mars entre le centre de recherche Clarte de Laval et l’institut de recherche technologique (IRT) Jules-Verne de Nantes est susceptible de donner un coup de fouet aux applications professionnelles de la réalité augmentée (RA).

Popularisée par les applications grand public sur tablettes ou smartphones, la RA exploite une capture de la réalité effectuée par une minicaméra et enrichie en temps réel d’informations telles que des éléments de signalétique ou de géométrie 3D. Afin de libérer les mains de l’utilisateur, elle peut être projetée sur l’écran d’un casque de réalité virtuelle ou sur celui, transparent, de lunettes de type optical see-through. Les plus connues du grand public sont les Google Glass, mais plusieurs fabricants proposent des modèles pour les professionnels, comme les français Laster et Optinvent, ou les japonais Epson et Sony. Les nouveaux programmes de R&D visent à faire sortir la réalité augmentée industrielle de l’environnement très contraint des ateliers, vers les chantiers qui posent des difficultés du fait d’un environnement variable en matière de géométrie, d’éclairage, de taux de poussières, etc.

Guider l’ouvrier dans la pose

Financé dans le cadre des investissements d’avenir et piloté par l’industriel STX France, le projet Genesis ambitionne de développer le paquebot du futur. Clarte apporte à l’IRT son expertise pour l’aide à la construction et au contrôle sur chantier, avec des outils de réalité virtuelle et augmentée. « L’enjeu est de guider l’opérateur, pour qu’il sache où poser et fixer les panneaux et les tuyaux, l’accompagner dans le mode opératoire : comment régler son pistolet à souder ? avec quelle puissance ? quel type de soudure réaliser ? » présente Jean-Louis Dautin, directeur de Clarte. Traditionnellement, le montage sur le chantier s’effectue avec des plans 2D sur papier des réseaux en situation. La vision 3D sur un écran permet de situer plus aisément la pièce à monter (typiquement, un tuyau) dans son environnement. L’usage sur chantier d’une tablette est déjà expérimenté par Clarte. La pièce est visualisée, avec des indications précisant où l’installer, dans quel sens, quelle position. Jean-Louis Dautin ajoute que « cette "phase tablette" est opérationnelle. Nous testons les lunettes de réalité augmentée de type Epson Moverio. Nous travaillons avec STX France sur l’ergonomie, afin d’apporter une vraie valeur ajoutée à l’ouvrier, en lui indiquant avec des flèches où se diriger, où se trouve la pièce, dans quel sens la saisir, etc. » Ces lunettes comportent un double écran en visière mobile et intègrent une caméra VGA. Elles sont reliées à un petit boîtier tactile placé dans la poche, qui leur confère leur autonomie. L’usage de lunettes sans fil est préféré à la tablette ou au smartphone : il laisse à l’opérateur les mains libres.

N°343

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