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La plaque de plâtre dans tous ses états

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La plaque de plâtre dans tous ses états

En sus de toutes les problématiques techniques qu’elle résout, la plaque de plâtre se prête à la réalisation d’espaces hors normes en dimensions et décors. Ci-dessus, le centre de communication Renault Square Com (Hauts-de-Seine) qui a valu à l’entreprise D3A le 1er prix des trophées du plaquiste Placo 2007 dans la catégorie « Ouvrages techniques en plaques de plâtre ». (Doc. Placo.)

La « classique » plaque de plâtre fait dans le sur-mesure : découpe, hauteur étage, petits formats, cintrage, haute dureté, assainissement de l’air ambiant… Cette multiplicité de systèmes apporte des réponses à des configurations toujours plus complexes et techniques. Le tout dans un contexte réglementaire en pleine évolution.

Innovation, tel est le credo des industriels de la plaque de plâtre. En effet, tous ont à cœur de conserver et d’étendre leur leadership dans le ­domaine du cloisonnement et de l’isolation. Les profondes évolutions observées ces dernières années apportent des réponses aux contraintes techniques, de même qu’elles améliorent les modes de mise en œuvre, productivité sur les chantiers oblige.

Ainsi, l’une des évolutions les plus remarquables tient à la mise en place de services de ­découpe sur mesure pour toutes les applications courantes, déco­ratives et techniques (Platec). Les éléments, préfabriqués et pré-assemblés en usine à partir de plans, sont rainurés sans entamer le carton de la face visible, puis découpés, fraisés, pliés, cintrés et assemblés dans toutes les formes possibles. Ils répondent à tout type d’ouvrage : corniches (avec éclairage intégré ou non) joints creux, encorbellements, ellipses, coupoles… Leur assemblage se fait par collage. La stabilité des éléments est assurée par des cales en aggloméré, collées et vissées, puis disposées de façon à s’intégrer aux systèmes d’accrochage, étriers métalliques ou languettes en plaque de plâtre pour un emboîtement mâle/femelle. Les bordures biseautées des éléments autorisent un jointoiement sans bande. Il existe aussi des systèmes d’ossature métallique cintrée en usine (Knauf métal courbe) avec prédécoupe des plaques. Soit de véritables « kits » qui facilitent la mise en œuvre de faux plafonds à courbures convexes ou ­concaves. Cette ­approche coïncide avec la tendance générale qui veut que les techniques de pose et de finition se peaufinent au fil des ans.

Renforcement des propriétés acoustiques

Les industriels tendent donc à généraliser les solutions quatre bords amincis. Notamment pour des applications dans le domaine de la cloison de grande hauteur ou en plafond. Ils ­développent également pour leurs produits une approche système pour des applications spécifiques (complexes de cloisons acoustiques de grande hauteur ou cloisons séparatives de logement répondant aux exigences de la NRA).

Dans ce domaine, tous les ­industriels ont développé de véritables systèmes de cloisons et de plafonds acoustiques avec la plaque de plâtre. À épaisseur équivalente, les performances sont égales ou supérieures, mais sans la contrainte de poids. Les exemples les plus significatifs : les cinémas multiplexes dans lesquels les cloisons de grande hauteur présentent des propriétés acoustiques hors normes. Ces ouvrages jouent à la fois sur la transmission des bruits aériens ou de chocs entre les locaux et sur la correction acoustique dans les volumes clos. Dans ce cas, il s’agit d’améliorer l’écoute en diminuant le niveau sonore des locaux grâce à l’accroissement de l’absorption acoustique.

Mais, la mise en œuvre de ces procédés ne souffre aucun amateurisme. Car le bruit, à l’instar de l’eau, est capable de se propager par la plus petite des fissures. Il en résulte une altération des performances de l’ouvrage. Lors de la prescription, il faut tenir compte de la baisse de performance par rapport à celle mesurée en laboratoire.

Elle peut être de trois ordres :

– les transmissions latérales, qui dépendent de la nature des ­parois et du mode de liaison entre elles.

– Les transmissions parasites ­attachées aux défauts de la paroi ou à sa mise en œuvre.

– Le volume et la disposition des locaux.

La correction acoustique passe aussi par une nouvelle génération de plaques (BA 25 version DB de Placo). Ces dernières, via un panneau mince de fibres dures contrecollées en face arrière, ont des performances acoustiques accrues.

En plafond, la correction acoustique passe aussi par une offre renouvelée de cavaliers et de suspentes. Ces pièces assurent la désolidarisation vibratoire des plafonds. Ainsi, les ressorts les plus performants apportent une fréquence propre inférieure à 6 Hz, contre 12 pour les modèles précédents. D’où l’assurance d’un filtrage vibratoire dès 8,5 Hz. Parallèlement, ces suspentes se sont simplifiées. Ainsi, une seule pièce assure la désolidarisation vibratoire, la fixation mécanique et le réglage de la hauteur du plénum.

Autre principe à respecter lorsque l’on traite l’acoustique avec la plaque de plâtre : la mise en œuvre des systèmes.

Matériau très résistant au feu

Sur le plan des performances et au niveau juridique, la mise en œuvre est très importante. Si cette règle n’a pas été respectée, il y a peu de recours possibles en cas de litige. Tout industriel refusera de prendre à son compte une paroi qui n’inclut pas la totalité de ces produits, arguant le fait que la solution retenue ne répond pas à ses préconisations. C’est un principe sur lequel les industriels sont solidaires et intransigeants et qu’ils souhaiteraient également appliquer aux solutions feu. Les entreprises – désireuses de panacher les composants (ossatures, plaques…) entre les marques des différents fabricants – contestent ce fait.

En matière de protection incendie, les vertus de la plaque de plâtre sont indéniables. Les techniques permettent d’atteindre des performances CF 4 h, grâce aux qualités intrinsèques du matériau. En effet, lors d’un incendie, le plâtre libère une grande partie de l’eau qu’il contient (vaporisation) et absorbe une quantité d’énergie importante qui réduit les élévations de température. Concrètement, après l’évaporation de l’eau excédentaire, le plâtre sec contient toujours 20 % d’eau. Lors d’un incendie, cette eau s’évapore peu à peu, tout en protégeant la paroi. Durant toute la déshydratation du plâtre, la température de la paroi est stabilisée à 100 °C.

En outre, même complètement déshydraté, il subsiste un agglomérat qui continue de protéger le support du contact direct d’avec les flammes.

Les protections sont réalisées à l’aide de plaques standard (BA 18) ou avec des plaques spécifiques de couleur rose.

Ces dernières, dont l’offre s’est démultipliée, sont composées d’un cœur en plâtre hautement résistant, entre deux parements de voile de verre enduit. Le classement réaction au feu est M0.

Deux principes incontournables pour la protection feu

Pour les cloisons de séparation, l’exigence peut revêtir deux aspects : la stabilité au feu et le ­degré coupe-feu. La stabilité au feu s’applique dans le cas de cloisons incorporant un élément de la structure principale du bâtiment et devient ici le premier critère de performances à analyser. Le degré coupe-feu concerne l’isolement entre deux locaux et prend en compte la nature de chacun d’entre eux. Dans le cas d’habillage de structures poteaux ou poutres, deux options sont envisageables. Soit les plaques sont vissées sur des agrafes spécifiques, elles-mêmes mises en place sur l’élément de structure ; soit elles sont vissées sur l’ossature habituellement utilisée. L’épaisseur de protection à mettre en œuvre pour une stabilité donnée dépend du type de plaques utilisées, du facteur de massivité des fers, ainsi que de la température de ruine de la structure. Certains détails de mise en œuvre sont à respecter : une distance de 4 cm entre les structures et les plaques de plâtre et le traitement à l’enduit spécifique des joints du (ou des) parements internes. Dans tous les cas, deux principes sont incontournables pour une protection-feu efficace : le respect des procès-verbaux d’essai, quand ils existent, et celui des règles de mise en œuvre.

À venir : une plaque pour assainir l’air ambiant

Autres applications avec un important développement : les ­plaques haute et très haute ­dureté (plaque diamant de Knauf, ­Prégyroc de Lafarge ­Plâtre…), hydrofugées, classées M1 et M0 pour la mise en œuvre de parois assurant une protection incendie. Dans ce domaine, on trouve aussi de nouvelles plaques de 25 mm d’épaisseur ­(Mégaplac de Placo), spécialement formulées pour répondre à la réglementation incendie et dédiées en priorité aux bâtiments de stockage, de logistique, ou aux bâtiments industriels. Elles sont associées au système d’ossature habituellement utilisé pour les cloisons de grande hauteur. Ici, la différence réside dans la plaque elle-même – ses quatre bords droits, sa couleur blanche et sa finition sans joints. Les plaques sont mises en œuvre bord à bord, à la verticale, sans enduit et sans l’espace traditionnel de 5 mm entre elles. Ledit espace ­réservé aux joints s’avère superflu dans la mesure où les plaques ne sont pas jointoyées. L’étape du traitement des joints étant supprimée, la mise en service des cloisons est donc beaucoup plus rapide, environ 20 % de gain de temps annoncé par le fabricant. Sur le plan esthétique, la pose bord à bord est compensée par la couleur blanche qui apporte de la luminosité et une unité de surface. Il est vrai que l’esthétisme n’est pas la première exigence dans ce type de locaux. En revanche, la luminosité de la plaque se révèle une source de confort supplémentaire pour les usagers.

Également remarquable, la mise sur le marché de plaques faisant l’objet d’une préfinition en usine. Ici, l’avantage porte sur la disparition de la couche d’impression, habituellement obligatoire sur les plaques de plâtre standard avant la mise en peinture ou la pose d’un revêtement mural. Les joints entre les plaques sont de la même couleur blanche, d’où un aspect de surface uniforme et sans défaut. Plus tard, le décollage chimique ou à la vapeur des revêtements anciens, lourds ou légers, ne provoquera aucune altération de l’épiderme cartonné. Ces plaques se déclinent également avec un doublage PSE, graphite ou non, pour une isolation thermo-acoustique des parois.

À noter également, l’arrivée sur le marché d’une plaque de plâtre pour plafond spécialement conçue pour assainir l’air ambiant, en réduisant les COV présents dans l’air ambiant et notamment le formaldéhyde (Cleaneo de Knauf.).

Une nouvelle norme DTU

Cette ­caractéristique est obtenue grâce à la composition de la ­plaque qui inclut de la zéolithe, un minéral volcanique proche des argiles, aux effets catalyseurs assainissants. Sur le plan normatif et réglementaire, les choses sont également en pleine évolution et la nouvelle norme NF DTU 25.41 Ouvrages en plaques de parement de plâtre, attendue depuis longtemps, devrait être publiée dans le courant du premier trimestre 2008. Son application sera alors obligatoire pour tous les marchés signés dans les trois mois suivant sa ­publication. Comme tous les nouveaux NF DTU, le 25.41 comprendra trois parties : un cahier de clauses générales, un cahier des clauses techniques et un cahier des clauses administratives générales. L’ancien texte, qui datait de 1981, a subi un profond toilettage. Au programme de la nouvelle mouture : ­intégration de la réglementation européenne – c’est la motivation de départ suite à l’entrée en ­vigueur des normes européennes et du marquage CE des composants des systèmes plaques en septembre 2006 ; élargissement du recours aux produits certifiés ; intégration des bonnes pratiques chantiers constatées depuis 1981 ; intégration des nouvelles applications ; amélioration de la qualité et de la sécurité des ouvrages.

Du côté des produits, le nouveau texte fixe très précisément ceux qui sont en phase ou non avec le DTU. Ainsi, sont conformes les plaques de plâtre qui affichent la marque NF Cstb. Le marquage CE ne suffit donc pas à assurer la conformité des ouvrages par rapport aux DTU révisés. Cette disposition exclut les plaques qui ne sont pas d’usage courant en France. Le manque d’expérience concernant le comportement des ouvrages réalisés avec celles-ci ne permet pas actuellement de définir des dispositions techniques de mise en œuvre. Donc, si elles peuvent être utilisées, elles devront faire l’objet d’un Document technique d’application. Une procédure visant les produits, systèmes ou mises en œuvre de procédés nouveaux. 

De même les plaques spécifiques feu (F) ne sont pas visées par le texte, le DTU ne contenant ­aucune prescription incendie.

À noter, un groupe de travail planche actuellement pour inclure à terme des spécifications feu. Les mêmes exigences de conformité s’appliquent aux profilés métalliques. Etant donné les dérives observées dans les épaisseurs et dans la qualité des traitements anticorrosion, les rédacteurs du nouveau DTU ont prévu pour les rails et les fourrures des caractéristiques minimales en termes d’épaisseur et de traitement (voir tableau encadré). Cette disposition correspond à la mise en place, dès janvier 2008, d’une marque NF profilés. Laquelle reprend les caractéristiques prévues dans le DTU. Résultat : le marquage CE seul ne garantit pas la conformité des profilés avec le DTU 25.41 révisé. Du côté des plafonds et contre-cloisons avec appuis intermédiaires, le nouveau texte impose, pour éviter les effondrements, que les couples profilés-accessoires ne forment des systèmes indissociables et que la tenue mécanique des assemblages fasse l’objet d’un rapport d’essai. Le texte prévoit même les résistances mécaniques minimales (charge de rupture 75 daN, charge de service 1/3 de la charge de rupture).

D’une manière générale, le nouveau texte tend à clarifier les interfaces entre corps d’État en prévoyant des dispositions techniques comme les incorporations d’huisseries ou en formalisant les traversées d’ouvrage. Il apporte aussi des précisions sur la réception des supports des ouvrages en plaques de plâtre. Une réception conforme aux spécifications des normes DTU les concernant (aspect de surface, planéité, aplomb, alignement…).

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