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La nouvelle discothèque le Colisée, à Saint-Raphaël

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Plan masse La forme oblongue du bâtiment satisfait des critères de modularité, d’acoustique et de sécurité. L’évacuation des personnes est réalisée depuis l’espace central par 6 issues de secours de 18 unités de passage

Pérennité, sécurité et limitation des nuisances sonores sont les principaux critères qui ont guidé la conception de cet établissement voulu par la municipalité.

Inauguré au printemps dernier à Saint-Raphaël, le Colisée fait figure d’exception. Cette nouvelle boîte de nuit d’une capacité d’accueil de 1 800 personnes fait en effet partie des rares projets de création récemment menés en France, où les établissements de nuit sont soumis à d’importantes contraintes techniques liées principalement à des problématiques de nuisances sonores et de sécurité. Construit grâce à la détermination de la municipalité et en premier lieu de son maire, qui souhaitait remédier au manque de lieu de vie nocturne sur l’agglomération, le bâtiment a été financé par la ville, qui en garde la propriété, et donné en gérance à un professionnel du secteur.

Le projet R+1 de l’architecte Christian Allibert se développe sur 1 500 m2 à l’intérieur d’un volume compact, dont le plan oblong, inspiré de l’hippodrome ou du stade, répond autant à des critères de gestion des flux que de modularité et de qualité acoustique.
Le rez-de-chaussée est occupé par une grande piste de danse centrale, bordée de trois bars et d’une scène amovible permettant le passage d’un véhicule lors d’une soirée de promotion. L’accueil, les vestiaires, les sanitaires et les locaux techniques sont implantés sur les extrémités. L’étage en mezzanine dispose d’un emplacement réservé pour le DJ, avec vue plongeante sur la piste, et d’un espace festif avec bar, quelques locaux administratifs et loges. Il est desservi par un ascenseur accessible aux PMR et des escaliers. Cette organisation permet de créer trois discothèques de jauge variable (niveaux 0+1, niveau 0 ou niveau 1).

Un grand soin des détails

Le souci de pérennité est un aspect clef du programme. Aussi, là où la plupart des discothèques des périphéries urbaines sont construites sur un modèle de bâtiment industriel sur-isolé, le Colisée a été entièrement réalisé en structure béton armé avec des prestations haut de gamme.
Dans le respect de la réglementation sur les établissements de nuit, le bâtiment possède une isolation acoustique renforcée, validée par une étude d’impact sur l’environnement et un contrôle acoustique en fin de travaux. L’étanchéité des parois est telle qu’aucun bruit ne filtre vers l’extérieur (0 dB mesuré) lorsqu’un son de 105 dB - le plus haut niveau sonore admissible dans un lieu public est émis dans la discothèque. Mise au point avec l’aide du cabinet Rez’on, l’isolation acoustique est un énorme « mille-feuille » associant des matériaux de densité et d’épaisseur différentes (voir encadré page précédente). Selon ce principe, les parois ont une largeur totale de 62 cm quand le complexe de toiture atteint 1,60 m d’épaisseur. L’entrée de la discothèque ainsi que toutes les issues de secours sont équipées de sas acoustiques avec des doubles portes isolantes. À la manière d’un studio d’enregistrement, les parois des sas sont rendues ultra-absorbantes par l’utilisation de caissons en mousse absorbante revêtue de tissu acoustique type Texaa.
Aucun détail de mise en œuvre n’échappe à cette logique d’isolation. Par exemple, au niveau des doublages, les deux files de rails servant à la mise en œuvre des plaques de plâtre croisées sont posées sans se toucher. Les percements des parois et les plafonds étant interdit, le passage des réseaux de petit diamètre (câbles électriques, alimentations en eau, fibres optiques...) a été anticipé avant la pose des peaux finales. Les gaines de gros diamètre pour le désenfumage et la ventilation ont quant à elles été passées en apparent, doublées d’une épaisseur supplémentaire de 5 cm de laine de roche et habillées d’un capotage en aluminium laqué ou inox. Quelques réseaux ont été intégrés dans le faux plafond, comme les 200 m de conduites de boisson desservant les bars. Une gaine de Ø 8 cm contient 12 petits tubes dans lesquels circulent différents extraits de boisson, un tube étant réservé à de l’eau gazeuse à 4 °C. Un pistolet en extrémité distribue la boisson désirée en réalisant le mélange eau + extrait.
Autre aspect technique qui concerne cette fois la réduction de l’écho à l’intérieur de la discothèque, la correction acoustique est obtenue en combinant surfaces absorbantes et surfaces réfléchissantes. Elle se traduit notamment au niveau de la jonction avec le faux plafond par des corniches en plaques de plâtre et tissu acoustique tendu sur isolant phonique qui ont un effet de « masse molle ». On notera que la fonction réfléchissante est jouée par le revêtement de sol en résine coulée de 4 mm d’épaisseur.

ERP de 1re catégorie de type L

Du point de vue de la réglementation incendie, le Colisée est adapté à tout type de manifestation. Il répond au classement en 1re catégorie de type L. La sécurité au feu est assurée à la fois par des matériaux incombustibles, un système de sécurité incendie (SSI) de catégorie A, des portes à ventouse asservies à un détecteur pour les issues de secours (18 unités de passage) et un système de désenfumage mécanique ayant un débit de 80 000 m3/h. En cas d’incendie, l’extraction des fumées est réalisée par 4 bouches situées en partie haute, les amenées d’air se faisant par un tunnel de section approximative 1,50 x 1,50 m, ceinturant le bâtiment en partie basse.
Le gérant de la discothèque n’étant pas connu au moment de la conception, les équipements techniques du bâtiment ont été dimensionnés sur une base standard pour faciliter la prise en main des locaux et permettre la personnalisation du lieu par des professionnels son et lumière. Ainsi des deux Pac air/air assurant la climatisation (chaud ou froid) de l’ensemble, ou encore du système de ventilation et de l’éclairage à leds. Seuls écarts à la règle pour le grand auvent extérieur à leds, la lumière tamisée de l’accueil avec leds sur variateur et les rails lumineux en aluminium intégrés dans les joints creux des parements bois intérieurs.
Enfin, une domotique a été mise en place pour gérer et piloter à distance, depuis un ordinateur ou une tablette, l’ensemble des installations de la discothèque, c’est-à-dire l’éclairage, la sonorisation, les fumigènes, et tout ce qui relève d’un bâtiment classique, à savoir la climatisation, l’éclairage standard...

N°348

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