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La mitoyenneté pour limiter les déperditions

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La mitoyenneté pour limiter les déperditions

Ce projet de sept maisons individuelles en bande R+1 (Atelier Bauve, 77) montre qu’un travail sur les volumes permet d’individualiser les maisons, tout en conservant une homogénéité d’ensemble. (Doc. VMzinc.)

Accoler les constructions afin de limiter les déperditions thermiques, c’est l’un des avantages que procure la mitoyenneté. En revanche, sur le plan technique, une attention particulière doit être portée aux risques de nuisances acoustiques.

Dans une maison individuelle ou un petit collectif, passifs ou pas, les déperditions thermiques se font principalement par conduction au niveau de l’enveloppe du bâtiment. Pour un même volume, les déperditions seront plus ou moins importantes selon la surface dite « déperditive ».

Pour des raisons de performances thermiques, les concepteurs vont donc chercher à réduire la surface de déperdition, tout en maximisant le volume habitable, ce qui se traduit par une forte compacité des bâtiments. Compacité souvent décriée, car se faisant au détriment de la créativité architecturale.
Un moyen d’optimiser cette compacité consiste à construire des maisons ou bâtiments mitoyens . L’avantage de cet « habitat groupé » est évident, puisque pour chaque construction, au moins une des façades disparaît pour devenir un mur mitoyen beaucoup moins déperditif. D’ailleurs, la mitoyenneté est d’ores et déjà valorisée par le coefficient Bbio de la RT 2012, indicateur qui rend compte de la qualité de la conception et de l’isolation du bâtiment, indépendamment des systèmes énergétiques mis en œuvre (les systèmes de chauffage et d’eau chaude sanitaire en particulier).

Une attention particulière portée à l’acoustique

À surface et à performance énergétique égales, les épaisseurs d’isolant seront moins importantes pour les murs mitoyens, d’où des économies de matière et d’argent, même si l’isolant n’est pas ce qui coûte le plus cher dans une construction. Sans omettre l’augmentation non-négligeable de la surface habitable à l’intérieur.
Plus problématique, la gestion de l’acoustique entre les deux logements. Dans le neuf, surtout lorsqu’il s’agit de construction bois (ossature ou massif), l’option de construire deux murs côte à côte, afin d’éviter les transmissions solidiennes est préférée. C’est la solution technique la plus efficace, mais aussi la plus coûteuse en matière et espace utile perdu.
Autre donnée liée à l’acoustique, la mise en place d’une Isolation thermique par l’extérieur (ITE), solution la plus fréquente des constructions passives, en neuf comme en rénovation. Mise en place sur un petit immeuble mitoyen ou des maisons en bande à étage, il y a un risque de dégradation du confort acoustique entre les logements ou les étages. Dans certaines conditions, un système d’ITE, appliqué sur les parois verticales, peut en effet amplifier la transmission du bruit entre locaux, superposés ou adjacents, par les parois ou les planchers.

Le choix d’un mode constructif

De fait, l’absence de doublage thermo- acoustique intérieur renforce les trans- missions acoustiques latérales, ce qui peut déboucher, en fonction de la nature et de l’épaisseur de la façade et du refend, sur des nuisances. Ce ne sont pas les bruits d’impact qui sont en cause - leur isolement peut être obtenu avec un revêtement de sol performant - mais les bruits aériens transmis par les parois ou les planchers.
Chaque opération présente ses propres spécificités. En effet, c’est bien plus simple dans le neuf, où cette problématique est intégrée dès la phase de conception, notamment par le choix du mode constructif. Si l’on prend les solutions béton, qui sont encore aujourd’hui les plus courantes dans la construction de logements collectifs, la solution dalle flottante sur sous-couche acoustique (dalle BA18), voile béton en façade (BA15), isolation extérieure (PSE) et refend (BA18), affiche de meilleures performances qu’une solution dalle poutrelles hourdis (8 13 5) avec façade en blocs creux (ép. 20 cm), isolation extérieure (PSE) et refends en blocs à bancher (ép. 20 cm). Dans le premier cas, l’usage d’une dalle flottante présente de nombreux avantages, tant sur le plan thermique qu’acoustique. Outre une meilleure inertie thermique de la partie supérieure de la dalle, elle limite les échanges thermiques d’un étage à l’autre, ainsi que le pont thermique de la dalle. De même, elle offre la possibilité d’un chauffage (rafraîchissement) par le sol.
Sur le plan acoustique, les mesures (1) montrent que l’isolement aux bruits aériens dépasse les exigences réglementaires, tant à l’horizontale qu’à la verticale, et autorise, par exemple, des superpositions de pièces principales de locaux d’habitation et de garage. Cette option obtient également de bons résultats d’isolement aux bruits d’impacts. Résultats obtenus indépendamment du revêtement de sol, ce qui confère une liberté appréciable à l’occupant. Les solutions mixtes bois béton - façade à structure bois et mur et plancher béton - répondent au même type de contraintes.

Des systèmes minces perfectibles

En revanche, avec la solution poutrelles hourdis et blocs creux, les mesures indiquent que l’isolement aux bruits aériens est conforme aux exigences réglementaires à l’horizontale, mais qu’il ne l’est pas à la verticale. Pour cette raison, cette disposition constructive est à réserver aux maisons en bande, ou à étudier en détail en fonction des dimensions et dispositions des pièces. En prévoyant, par exemple, une superposition des pièces de services, et non des pièces principales, ou en suspendant un faux plafond qui sera dimensionné en conséquence. Autre option : l’adjonction d’une dalle flottante sous-couche acoustique au système poutrelles hourdis. Dans ce cas, l’isolement aux bruits aériens est réglementaire dans tous les cas - à l’horizontale et à la verticale.
Dans l’ancien, lors d’opérations de rénovation avec mise en place d’une ITE, les solutions acoustiques passent nécessairement par l’intérieur. Il peut être utile comme précédemment de mettre en place un faux plafond pour l’isolement à la verticale. Pour l’isolement des parois, la mise en œuvre d’un isolant souple thermo-acoustique est probablement la meilleure des solutions. Il existe d’ailleurs des systèmes minces spécifiques, plaques de plâtre isolant, en plafond ou en parois pour ce type de problématique acoustique. Mais le résultat n’est pas toujours au rendez-vous.

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