La Maison des arts de combat se dote d’une armure de béton

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La façade arrière nord est également protégée par une série de pare-soleil de 4 m de haut mis en place en débord, pour ménager des vues directes en rez-de-chaussée.

© Doc. Lisa Ricciotti

Atypique, la structure en béton brut de cette salle de sport, à Aix, a demandé une mise en œuvre spécifique de haute précision. Résultat : deux plans libres de plus de 500 m2 chacun à l’intérieur, quand l’extérieur se pare de quelque 150 imposants brise-soleil. Le tout dans un style très martial.

Dans le sud d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), au cœur du quartier du Val de l’Arc, prend place la Maison des arts de combat conçue par l’architecte Christophe Gulizzi. Ayant ouvert ses portes en septembre 2015, cet équipement est scindé en deux entités (sud et nord) de deux niveaux qui, donnant sur un patio décoré de bambous, sont reliées par deux passerelles. Dans le premier bâtiment sur rue, le rez-de-chaussée (36,80 m x 10,30 m), dédié aux arts martiaux, accueille deux clubs résidents, l’AUC Judo et l’AUC Taekwondo, représentant quelque 300 adhérents. Servant d’entrée principale, il loge un sas et un hall d’accueil, une salle de musculation, un bureau, des vestiaires, des sanitaires et divers locaux techniques. Alors que l’autre partie du bâtiment (36,80 m x 26,50 m), composée d’un dojo (500 m²) divisible en trois aires d’évolution pour les entraînements et en trois pistes de combat (12 m x 12 m) pour les compétitions, est complétée par un hall d’accueil, un espace spectateurs, des bureaux, deux blocs de vestiaires et sanitaires (hommes et femmes) et d’espaces de rangement.

Destiné à l’escrime, l’étage de la première entité abrite un hall d’accueil secondaire, une salle de réunion gérée par la direction des sports, des sanitaires et vestiaires, des bureaux et des locaux de rangement. Quant à la seconde entité, elle loge une salle d’armes (655 m²) équipée de quatorze pistes d’escrime, dont douze sont homologuées pour la compétition, et assortie d’un club résident, l’Escrime du Pays d’Aix : un bureau, deux blocs de sanitaires et de vestiaires, un local magasin-atelier et un autre de rangement se greffant dessus. Sur le plan architectural, le bâtiment représente, pour Christophe Gulizzi, « une améthyste, symbole de la clarté de l’esprit, de la sagesse et de l’humilité ».

Des solutions structurelles particulières

S’inspirant du casque de kendo (le « men »), la façade reprend sa modénature en réinterprétant la grille de protection faciale du « men » . Cela se matérialise par une structure en béton architectonique, apparente et enveloppante, formée d’une succession de voiles parallèles en forme de grand « L » inversé, servant de brise-soleil. Ce projet atypique a été étudié et élaboré par le BET Lamoureux & Ricciotti Ingénierie, qui a retenu des solutions structurelles particulières.
Ainsi, le plus grand corps de bâtiment (dojo et salle d’armes) est édifié à l’aide d’amples plateaux exempts de joints de dilatation, un cas rare dans cette région soumise à de fortes variations de température et d’hygrométrie. « Ce monothéisme constructif, explique l’ingénieur Romain Ricciotti, permet d’optimiser le comportement parasismique du bâtiment - situé en zone 4, la plus forte zone sismique de France - en même temps qu’il fournit une réponse efficace aux objectifs de plans libres et de grande portée adaptés aux activités sportives. » Outre les 152 pare-soleil en béton de la façade, la structure en béton de l’ensemble, « conçue comme un pont », comporte un plancher sportif alignant une succession de poutres préfabriquées en béton précontraint de 15 m de portée, libérant tout le volume du dojo. Il en est de même en toiture, où la charpente métallique dominant la salle d’armes compte une série de poutres en PRS (profilés reconstitués soudés) franchissant, elles, 25 m de portée. Quant aux voiles en béton des façades latérales (est et ouest), ils ont été coulés d’un seul tenant sur une hauteur de 8 m, en plusieurs passes.

N°350

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