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La lumière s'adapte aux besoins de chacun

Isabelle Arnaud

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AVIS D'EXPERTS - Ce qui change avec l'arrêté « rénovation » du 22 mars 2017

Dominique Ouvrard
Délégué général adjoint du Syndicat de l'éclairage

« Il y a dix ans qu'est paru au JORF le premier texte exigeant un minimum d'efficacité énergétique lors d'une rénovation, même partielle, d'un bâtiment. Ce texte, assez ignoré, pour la partie éclairage, par les acteurs du bâtiment, est modifié par un arrêté du 22 mars, applicable dès 2018. Il s'étend à l'éclairage des parties communes en habitat collectif, avec une obligation d'extinction avec détection d'absence dans les couloirs, les parkings… . Il impose, uniquement en non résidentiel, de profiter des apports gratuits de lumière du jour. Il abaisse le plafond de puissance installée pour l'éclairage dans le non résidentiel. Par rapport à une installation de plus de 15 ans, chaque mètre carré d'installation d'éclairage rénové avec des luminaires Led performants et des automatismes simples de gestion aboutit aujourd'hui à une économie de 5 à 8 € par an. » 

 

Hervé Plakowski
Président de la commission systèmes de gestion et composants du Syndicat de l'éclairage

« L'arrêté du 22 mars rend explicitement obligatoire la gestion de l'éclairage et va enfin transformer les installations existantes qui, même après rénovation, se contentaient encore d'un allumage/extinction sans même avoir recours à la gradation. Ensuite, la notion du Human Centric Lighting qui met en œuvre des changements de température de couleur et d'intensité, se rapprochant ainsi du cycle de la lumière naturelle. L'éclairage artificiel est proposé tout en nuances pour mieux répondre aux besoins et aux rythmes de chacun. »

La lumière s'adapte aux besoins de chacun

© Osram Lighting

De la simple détection à la programmation de scénarios, en passant par l'Human Centric Lighting, la gestion de l'éclairage s'impose dans toutes les applications. Du bureau aux commerces, des hôtels aux Ehpad, la lumière mise sur notre bien-être.

À l'heure de la connectivité tous azimuts et du Lifi, il serait légitime de se demander pourquoi un tel « retour » sur les systèmes de gestion. D'une part, parce que la réalité du terrain ne suit pas le même rythme que l'évolution technologique. D'autre part, si les outils de gestion de l'éclairage disponibles sur le marché sont désormais connus de tous, leurs avantages et leur fonctionnement restent encore souvent mal compris. Conséquence : de tels systèmes sont très peu prescrits, en particulier en rénovation.

Le premier axe de développement de la gestion de l'éclairage s'est appuyé, pour des raisons de maîtrise de l'énergie, sur la détection de présence. Des automatismes ont rapidement remplacé les minuteries qui, associées aux sources fluocompactes, « fatiguaient » ces dernières et avaient une incidence sur leur durée de vie.

Limiter les consommations

Avec la Led et l'électronique embarquée, la détection de lumière du jour s'est généralisée pour limiter les consommations (l'éclairage artificiel se domestique au point de s'effacer au profit de la lumière du jour), mais aussi améliorer le confort des utilisateurs.

La notion de confort a fait peu à peu place à celle de bien-être. C'est avec une attention accrue, centrée sur les besoins humains, que les fabricants ont développé des technologies de plus en plus sophistiquées pour s'adapter aux besoins et aux préférences de chacun. Indépendants ou intégrés aux luminaires, reliés entre eux ou autonomes, les systèmes font varier la lumière en intensité, en température de couleur, en couleur : autant de changements qui s'opèrent selon une programmation définie ou au moyen d'une télécommande.

Anticiper les mouvements des utilisateurs SylSmart de Feilo Sylvania fonctionne par algorithmes : aucun câblage particulier n'est nécessaire, le système est directement intégré au luminaire, et anticipe les mouvements de l'utilisateur.

À chaque espace, sa technologie

Dans les bureaux de faibles dimensions, la détection de présence peut être réalisée par des capteurs déportés ou intégrés aux appareils. Ils comprennent aussi le plus souvent la détection de lumière naturelle avec une distinction « premier jour » (luminaires situés près des fenêtres) et « second jour » (placés côté couloir). Les cellules 1-10 V tendent à disparaître au profit des détecteurs Dali plus répandus et plus simples à décoder.

Chaque luminaire est relié au capteur en Bluetooth ou en hyperfréquence, l'information est envoyée au contrôleur qui transforme le signal afin que le driver commande l'allumage ou la gradation de l'appareil. Il existe des boutons poussoirs qui permettent à l'utilisateur « d'avoir la main » afin de pouvoir déroger à l'automatisme si nécessaire.

Pour les plus grands espaces, une gestion technique centralisée (GTC) s'impose : un routeur est placé dans l'armoire électrique. Dissociés des appareils d'éclairage, plusieurs capteurs (un pour plusieurs luminaires) sont installés dans la pièce et envoient l'information au routeur, qui la transmet automatiquement aux luminaires. Ces derniers vont s'éteindre, s'allumer, monter en puissance ou abaisser leur flux.

Une autre solution (gestion décentralisée) consiste à associer un capteur à un luminaire : chaque appareil d'éclairage interagit avec les autres, sans passer par un routeur. Dans cette configuration, le contrôle, la commande et la gestion horaire et calendaire de l'installation d'éclairage permettent de connaître l'état et les consommations des luminaires de tout un bâtiment. Des scénarios lumineux peuvent être enregistrés au préalable, par exemple la mise en service automatique de différents groupes de luminaires, à certaines heures de la journée. Il devient aussi possible de paramétrer le pilotage de l'installation sur plusieurs étages en intégrant d'autres fonctions que celle de l'éclairage, comme le chauffage, les volets roulants, etc. Les utilisateurs, via leur smartphone, peuvent ainsi se géolocaliser dans le bâtiment et trouver une salle de réunion, un bureau disponible. Feilo Sylvania vient de développer un nouveau système, SylSmart. Directement intégré dans les luminaires, il permet aux appareils de communiquer entre eux et d'anticiper les mouvements des usagers (grâce à des algorithmes) afin de piloter le niveau d'éclairement en fonction du poste de travail ou de la lumière du jour, la temporisation, la gradation.

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°362

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