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La filière sèche gagne du terrain

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La filière sèche gagne du terrain

© Doc. CIR-Prefa

Les procédés de préfabrication et d’industrialisation des façades se diversifient, y compris dans le béton où la filière humide règne encore en maître.

Avec les exigences thermiques et acoustiques accrues, les façades font leur révolution. La préfabrication et le préassemblage des éléments, en usine ou en atelier, peuvent aider à tenir des délais de chantier de plus en plus serrés. La filière par excellence de la préfabrication est le mur-rideau en unité complète à cadre métallique. Pour les façades en béton, la filière humide demeure très largement dominante en France. Mais, là aussi, les méthodes constructives évoluent, aussi bien en filière sèche qu’en préfabrication béton, soit complète soit partielle avec des solutions de type prémurs. Pour ces chantiers préparés sur mesure, l’implication du bureau d’études s’avère primordiale. La complexité de l’ouvrage vient des points singuliers à traiter, angles et ondulations des façades, prismes, loggias ou autres décrochements.

Murs-rideaux en unités complètes

Le mur-rideau est une façade légère assemblée sur site rapidement à partir de modules cadrés préfabriqués en usine. La masse unitaire de ces blocs en simple ou double peau, de grandes dimensions et entièrement équipés, peut atteindre jusqu’à une tonne. Typiquement, il s’agit d’ensembles menuisés, à profilés en aluminium ou avec un cadre en bois lamellé-collé, dont les parties vision et opaques sont préassemblées en usine. Ces modules sont fixés sur l’ossature en béton armé en bande filante, soit horizontalement entre deux dalles, soit verticalement, à l’intérieur des trumeaux. La fixation s’effectue par des pattes ponctuelles en acier inoxydable, avec un réglage tridimensionnel qui permet l’ajustement aux tolérances du gros œuvre. Les techniques non traditionnelles rencontrées sont le vitrage extérieur collé (VEC) et la lame d’air respirante ou ventilée, dont il faut vérifier l’efficacité sur un prototype physique. Généralement, les panneaux sont apportés à la grue par l’extérieur afin d’être posés. Pour la continuité de la reprise des efforts de vent, les cadres sont liaisonnés mécaniquement entre eux, par des éclisses latérales ou verticales.
Concernant les façades en béton, la filière humide domine largement. Elle a intégré en partie la préfabrication avec les bétons précoffrés, comme les prémurs de KP1. Le principe consiste à préfabriquer deux plaques de béton positionnées sur site sur le ferraillage en attente. Un béton autoplaçant est alors coulé par strates entre les deux voiles qui servent de coffrage, assurant une continuité structurelle. Produits en usine aux dimensions nécessaires pour le chantier, ces panneaux sont prêts à l’emploi, avec le ferraillage et les connecteurs (raidisseurs) composites ou métalliques, lesquels maintiennent les voiles en place. Ces murs peuvent comporter un noyau isolant en polystyrène ; ils doivent alors faire l’objet d’une procédure d’avis technique (Atec).
Comparé au procédé classique d’un béton entièrement coulé sur site avec un isolant rapporté, le prémur isolé garantit la qualité de l’adhérence entre les deux matériaux et le résultat est durable. Parmi les bétons précoffrés existant en version isolée ou matricée, on trouve Isopré (Spurgin), Neomur (UCD), Inov’Mur (Jousselin) ou Précoffré thermique (Groupe Fehr).

Murs sandwichs préfabriqués

La préfabrication complète des façades en béton comprend plusieurs familles : les murs massifs, les murs sandwichs à isolation intégrée et les murs bicomposants préisolés comme le Neochanvre (lire le focus p. 41). Les panneaux sandwichs préfabriqués en usine intègrent un voile intérieur qui peut être porteur, un isolant (polystyrène, laine de roche, polyuréthane, etc.) d’une épaisseur de 8 à 30 cm, ainsi qu’un voile extérieur en béton de parement avec des finitions de surface (matricé, teinté, sablé, etc.). Leur utilisation structurelle nécessite de couler un peu de béton pour les clavetages. « Les panneaux sandwichs préfabriqués constituent une réponse adaptée aux nouvelles exigences réglementaires d’un point de vue thermique, met en avant Patrick Soubiran, directeur commercial de CIR-Prefa. La demande porte sur des panneaux monoblocs double peau avec une isolation intégrée et généralement structurels. Les menuiseries peuvent être incluses dans les panneaux de façades en usine. »
La préfabrication cumule les avantages : une maîtrise de la qualité, une précision plus grande, et un chantier plus propre et moins bruyant, avec des délais raccourcis.

N°338

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