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La fiabilité n'est pas encore au rendez-vous

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Le cycle Hype de Gartner montre qu’après une période d’enthousiasme puis de désillusion, les objets connectés prendront progressivement leur place dans l’environnement domestique. Entre-temps, de nombreux produits auront disparu.

Chaque objet communicant ajouté dans le bâti accroît le risque de friction entreles informations véhiculées. Seul le temps et les progrès permettront de les éviter.

Gadgets à la mode ou équipements durables ? Comme avec toute innovation, l’adoption des objets connectés devrait suivre le cycle Hype décrit par le groupe Gartner. Cette analyse de la banalisation d’une technologie dans le temps montre qu’après avoir atteint le « pic des espérances exagérées » puis sombré dans le « creux de la désillusion », le marché d’une nouvelle technologie progresse sur la « pente de l’illumination » avant d’atteindre, enfin, le « plateau de productivité ». La période actuelle correspond clairement à celle des espérances exagérées. Pas étonnant, dès lors, que de nombreux produits apparus en fanfare disparaîtront dans le silence les mois à venir, faute d’avoir convaincu suffisamment de clients. Seuls les plus performants, les mieux vendus ou les plus connus survivront. Lesquels ? Impossible de le savoir, tant que la pente de l’illumination ne sera pas atteinte. C’est le premier risque qui guette tous les installateurs et utilisateurs d’une technologie : que celle-ci devienne rapidement obsolète. Car aujourd’hui, aucun de ces appareils n’offre de garantie d’existence ou de fiabilité à court ou moyen terme.

Multiplication des conflits

Une autre désillusion viendra du décalage entre les promesses et la réalité d’usage. Par l’exemple, les thermostats connectés dont les fabricants (Netamo, Nest, Tado ou Qivivo) annoncent des économies de chauffage de 15 à 25 %, grâce à une régulation intelligente intégrant la température extérieure et l’isolation de la maison, prévoyant la météo et devançant les besoins des occupants. Incompatibles avec les radiateurs électriques, ils fonctionnent uniquement sur des chaudières à gaz, fioul, bois ou pompe à chaleur. En théorie, l’appareil se pose facilement. Dans la pratique, l’installateur devra être agréé par la marque. Mais surtout, l’économie annoncée ne sera atteinte que si l’équipement ne dispose pas d’une modulation intégrée. Sinon, la facture risque même d’augmenter car le thermostat connecté pourra entrer en conflit avec le calculateur d’une chaudière moderne dotée d’une régulation intelligente.
Car avec la multiplication des objets connectés, dont chacun obéit à sa propre logique, les conflits vont se multiplier. Comment réagira une prise électrique intelligente, dotée d’un détecteur de présence, d’une horloge régulatrice et d’un capteur solaire, lorsqu’elle sera actionnée à distance via internet ? Les installateurs en sont bien conscients : il sera de plus en plus difficile de gérer simultanément les informations, parfois contradictoires, lorsqu’une dizaine d’objets pas forcément interopérables seront interconnectés. La solution se trouve sans doute dans les travaux entrepris en intelligence artificielle contextuelle (IAC). Lancée à la rentrée, l’application Snips Day pour smartphone (Android ou IOS) marque une première étape. À terme, cette interface intuitive pourra trier les fonctions les plus pertinentes dans un contexte donné et les actionner au bon moment. De la même façon que se préparent à le faire aussi Google avec Now, Apple avec Siri, Yahoo avec Aviate, ou Microsoft avec Cortana.
D’ici là, il faudra pallier le risque de pannes ou de coupures des réseaux de communication. Les box autant que les routeurs wifi, Bluetooth ou la téléphonie mobile n’étant pas fiables à 100 %, deux sociétés françaises, Sigfox et Matooma, proposent des solutions. L’une a développé son propre dispositif à basses fréquences par ondes radio et Matooma a conçu une puce qui choisit le meilleur réseau disponible selon le besoin. Avec cela, les objets connectés devraient enfin pouvoir devenir fiable, comme le sont aujourd’hui les appareils électriques.

N°343

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