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« La cybersécurité dans l’ingénierie numérique 4.0 est la responsabilité de tous ! »

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« La cybersécurité dans l’ingénierie numérique 4.0 est la responsabilité de tous ! »

Rémi Brulurut (à gauche) et Denis Boudy.

© Ingerop

Rémi Brulurut, responsable du service BIM & Ingénierie numérique 4.0, et Denis Boudy, responsable commercial solutions digitales d'Ingerop, prennent position sur les questions de sécurité.

« La transformation numérique des entreprises les surexpose aux risques et la période de confinement a montré que le recours au télétravail massif a contribué à l’augmentation du nombre de cyberattaques. Le plus souvent d’ailleurs de type Ransomware (un cryptage des données numériques d’une entreprise, qu’elles soient hébergées sur un serveur interne ou externalisées - le pirate informatique demande alors une rançon à l’entreprise en échange de la clé de décryptage). Mais il existe bien d’autres modes d’attaques. Pour s’en prémunir, tous les acteurs d’une structure, d’un projet de construction, devraient bénéficier de la même culture numérique pour adopter les bonnes pratiques. Le Mooc de l’ANSSI (Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information), qui offre une formation certifiante sur la sécurité numérique et permet de s’initier gratuitement à la cybersécurité, devrait à cet égard être un axe de culture numérique prioritaire....

Dans le cas de la construction en BIM, il faut par exemple se demander si le fait de partager avec tout le personnel de l’entreprise, ainsi qu’à ses partenaires, les maquettes numériques 3D de l’architecte, des bureaux d’études CVC et Élec, représente un risque particulier pour le projet en lui-même, pour la phase d’exploitation de l’actif immobilier. Se poser ce type de question, être capable d’y répondre, peut protéger d’une cyberattaque mais aussi de tous risques liés à la sécurité périphérique du lieu et des personnes qui l’occupent. Car les données et le niveau de détail d’une maquette 3D peuvent permettre à un pirate d’accéder à toutes les informations sensibles relatives à un bâtiment : positionnement des caméras de surveillance, des objets connectés… C’est la raison pour laquelle il faut impérativement fiabiliser la smart data, c’est-à-dire l’ensemble des données produites et agrégées lors des phases de conception et de réalisation, qui doit permettre l’exploitation de l’usine du futur, d’un bâtiment intelligent ou d’une Smart City durant plusieurs dizaines d’années. Différents cas d’usages se profilent : la maintenance préventive associée à l’utilisation d’un jumeau numérique et des objets connectés qui s’appuie sur les données produites via les processus d’ingénierie numérique 4.0 comme le BIM ou encore le CIM voire le PLM dans l’industrie.

Le BIM manager - ou plus généralement le Data manager -  doit avoir la pleine maîtrise de l’attribution des tâches de production de la donnée numérique ainsi qu’un accès par type d’information. Il doit aussi être en capacité de chiffrer la donnée dès sa création, l’anonymiser avant tout partage. Étant entendu que l’émetteur de la donnée ne devra pas rentrer en conflit avec la stratégie de cybersécurité, et ne pas ralentir la production. »

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