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La Bourse de Commerce entame une autre vie

La Bourse de Commerce entame une autre vie

Pour éviter un phasage du chantier niveau par niveau, un échafaudage unique a été réalisé, permettant des interventions simultanées en sous-sol, sur la verrière et les décors peints en partie inférieure du dôme.

© Patrick Tourneboeuf/Collection Pinault Paris

La reconversion de la Bourse de Commerce en lieu d'exposition pour la collection Pinault s'opère dans le respect de la restitution de l'état du e siècle, au moyen de subtiles adaptations.

Au cœur de Paris, un édifice emblématique du paysage architectural, et pourtant délaissé pendant des années (il doit à son inscription en 1975 au titre des Monuments historiques d'avoir échappé à la démolition), est en cours de mutation.

Construite au XVIIIe siècle par Nicolas Le Camus de Mézières, l’actuelle Bourse de Commerce a d’abord été une halle destinée au stockage du blé. À ceci de particulier qu’elle intégra d’emblée un vestige architectural du XVIe siècle, une colonne astronomique cannelée, sauvée de la démolition de l’hôtel de Soissons bâti par Jean Bullant pour Catherine de Médicis. « C ’est là un des premiers exemples de conservation patrimoniale en France », remarque Pierre-Antoine Gatier, Architecte en chef des monuments historiques, en charge de la restauration.

Cela préfigure également la destinée singulière de ce bâtiment de plan circulaire (fait rare pour un tel usage), composé d'arcades ceinturant une cour centrale. Car cette cour a ensuite été couverte d'une première coupole, incendiée au début du XIXe siècle, avant que l'architecte François-Joseph Bélanger, secondé par Jacques-Ignace Hittorff, ne vienne la doter en 1813 d'une couronne reposant sur une charpente inédite, en fonte de fer, d'une portée exceptionnelle.

La technicité de cette coupole lui valut d'être conservée lorsqu'entre 1885 et 1889, l'architecte Henri Blondel entreprit de transformer la halle en bourse des marchandises. Sa seule intervention consista à la recouvrir à mi-hauteur en introduisant, entre les fermes métalliques de Bélanger, une maçonnerie de briques creuses. En revanche, la structure annulaire périphérique du bâtiment fut démolie, puis entièrement reconstruite en pierre de taille, et l'ensemble des espaces intérieurs reconfiguré (création d'un entresol, ajout d'un étage, etc. ).

C'est donc à cet état de 1889, progressivement dénaturé au gré des différentes affectations du bâtiment, que se réfère la restauration actuelle conduite par Pierre-Antoine Gatier, autant que son adaptation à ses futurs usages, sous la direction de l'architecte Tadao Ando et des deux associés de l'agence NeM, Lucie Niney et Thibault Marca.


Des espaces reconfigurés pour l'art monumental. Un second niveau de sous-sol a été creusé, sous ce qui deviendra un auditorium, pour fonder la structure béton du cylindre.

Conserver et reconstituer

La restauration est ainsi guidée par une double intention : offrir au bâtiment une cure de jouvence, ainsi que les conditions techniques nécessaires à l'exposition d'œuvres d'art contemporaines et à l'accueil du public. Les façades extérieures en calcaire de Saint-Leu ont donc fait l'objet d'un traitement dépolluant afin d'éliminer les dépôts de poussière de plomb, suivi d'un hydro-gommage au carbonate de calcium destiné à restituer aux parements leur teinte d'origine. Les ardoises qui recouvraient en partie le dôme ont été remplacées. « Quant à la charpente métallique de Bélanger [NDLR : classée depuis 1986], elle attestait d 'un exceptionnel état de conservation dû à une ingénierie très aboutie : le diagnostic préalable n'a révélé qu'une barre rompue sur une poutre entretoise », rapporte Pierre-Antoine Gatier. Les pièces de fonte ont juste été remises en peinture pour retrouver leur teinte grise initiale.

Plus interventionnistes sont les restitutions d'ouvrages disparus. Elles[…]

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