L’impression 3D fait le mur

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Le mur présente une structure interne en double sinusoïde : la première, sur un axe transversal, rappelle celle d’un panneau sandwich. La seconde, qui suit l’axe vertical, réduit les ponts thermiques en limitant les points de contact.

© Docs. XTreeE

Il ne sera pas passé inaperçu, ce mur en béton exposé au dernier Batimat. Cette forme qui semble sortir d’une bande dessinée de Moebius a été érigée par la start-up XTreeE. Son ambition ? Démocratiser l’usage de l’impression 3D à grande échelle.

À l’origine, il y a un projet de recherche porté par le Conservatoire national des arts et métiers, l’école nationale supérieure d’architecture Paris-Malaquay (département Digital Knowledge), et l’Institut national de recherche en informatique et en automatique. Démocrite, c’est le nom du projet, avait pour but de démontrer la faisabilité d’une fabrication additive à grande échelle. « Cela devait nous occuper toute l’année 2015, mais en juin nous avions déjà atteint l’objectif », explique Philippe Morel, architecte et président cofondateur de la start-up XTreeE.

Quatre éléments de preuve étaient en effet apportés à cette date. D’abord, le mur produit était à dimension architecturale, en l’occurrence 1,60 m de haut, réalisé en deux passes de quatre heures. Ensuite, il présentait une résistance mécanique conforme au besoin constructif, et ce, grâce à un béton à haute performance non fibré. LafargeHolcim, partenaire du projet (*), avait permis à l’équipe d’avancer rapidement sur ce point. Autre aspect, la complexité formelle du mur avec sa double sinusoïde prouvait la maîtrise robotique et la capacité à imprimer une pente. Enfin, la stabilité des couches de béton s’accordait avec la cadence d’impression du mur.
« Ce mur est presque de l’histoire ancienne, constate Philippe Morel. En ce début d’année 2016, nous atteignons 2,5 m en deux heures. La progression technique est très rapide et les véritables verrous technologiques liés au mix des mortiers ou au temps de montée ont, il me semble, été levés. Avec la technologie robotique de dimension adéquate, nous pouvons déjà imprimer une cellule de vie de 20 m2 comme cela se fait en Chine. Notre prochain objectif est de la construire aux normes d’habitabilité françaises. Et nous espérons y arriver à la fin de cette année. »

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