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L’exploitation du smart building à l’épreuve du temps

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L’interface web HTML 5 de conception et de visualisation graphique Envysion (Distech Controls) peut être embarquée dans le contrôleur modulaire Eclypse. Elle permet de superviser une installation et de contrôler en temps réel le statut des équipements. À l’université de Jussieu (Paris), 3 600 équipements sont repris par 41 automates Jace (Tridium) avec supervision Niagara, fournis par B.tib.

© Docs. Distech Controls - B.tib

L’intelligence des bâtiments s’étend à tout le bâtiment et leurs fonctionnalités s’imbriquent. Mais la pérennité des systèmes doit être anticipée dès le cahier des charges.

L’essor du smart building a été stimulé par l’arrivée du numérique, la baisse du coût des capteurs et compteurs, et par l’augmentation de la bande passante des protocoles de communication. Les réseaux numériques fonctionnant sur IP se sont généralisés, aussi bien en dorsal du bâtiment que pour les réseaux techniques (CVC, production, éclairage, etc.), avec des protocoles standard et interopérables comme LonWorks (ISO 14908), KNX (ISO/IEC 14543-3) ou BACnet (ISO 16484-5). Mais l’électronique apporte de nouvelles défaillances qu’il faut savoir gérer et anticiper.

La maintenance et l’exploitation du smart building doivent être pensées dès l’amont. « Le principe de l’interopérabilité est dorénavant acquis auprès des bureaux d’études et des intégrateurs ; tous les constructeurs proposent des solutions multiprotocoles, plus ou moins complètes, résume Teddy Caroni, directeur marketing chez B.tib. Néanmoins, il ne suffit pas que les cahiers des charges GTB détaillent l’architecture technique de la future GTB. Il faut également préciser les fonctions nécessaires à l’exploitation du bâtiment, prévoir les dysfonctionnements et les outils d’analyse, penser à l’ergonomie des superviseurs mis à la disposition des exploitants. »
Le secteur a ainsi opéré sa révolution. Les constructeurs comme Siemens, Schneider Electric, Johnson Controls, Sauter, Honeywell, Delta Dore, ou ABB sont tous aptes à fournir une architecture GTB intégrée, fréquemment livrée avec l’ensemble du lot électricité. La plupart ont construit une double offre. La communication entre leurs produits peut fonctionner soit avec des protocoles propriétaires (novaNet pour Sauter, N2 pour Johnson Controls, etc), soit avec des protocoles standard de type BACnet. Les poids lourds du secteur, qui s’efforcent de consolider une offre complète, savent ainsi communiquer hors de leur monde. Mais à chaque projet, sa solution. Certes, le protocole propriétaire verrouille la communication entre les produits d’une même marque, mais il se révèle moins gourmand en bande passante et en puissance de calcul, ce qui réduit l’investissement initial. En neuf ou en rénovation, la nécessité de gérer un environnement hétérogène peut favoriser le choix d’un réseau bâtiment IP standardisé, de type BACnet. Mais attention, la communication avec les réseaux techniques (KNX, LonWorks, Modbus, etc.) est parfois obtenue de manière bancale, avec des passerelles et un empilement de couches logicielles. Certains fabricants ont misé d’emblée sur une stratégie multiprotocolaire, comme Newron System (ABB) ou Tridium (distribué par B.tib) et des partenaires OEM comme Distech Controls.
Car si les nouveaux bâtiments sont équipés - voire suréquipés - en capteurs, compteurs et automates, il arrive trop souvent que leur performance réelle se révèle en deçà des prévisions. Dès le cahier des charges, le bâtiment doit être conçu sur l’ensemble de sa durée de vie, avec son fonctionnement et l’évolution de ses équipements. L’exploitation et la maintenance doivent être facilitées par une vision fonctionnelle et graphique de la GTB et une supervision facile à utiliser. Les alarmes doivent être adaptées, hiérarchisées et archivées à des fins de statistiques et de comparaisons.

Maintenance évolutive

Avec la multiplication des objets connectés, de nouveaux équipements doivent pouvoir s’intégrer dans l’architecture existante. « En faisant l’acquisition de Newron System, ABB se positionne comme le liant entre les différents équipements présents sur un projet et garantit une maintenance évolutive, met en avant Serge Le Men, président de Newron System. La solution d’intégration proposée est certifiée par le groupe. Les mêmes outils logiciels sont mis en œuvre, quel que soit le bureau d’études ou l’intégrateur qui font partie d’un réseau d’acteurs agréés. »
En aval, le marché de l’exploitation est lui aussi en effervescence pour tenir les promesses du smart building. D’un côté, les fabricants ou bureaux d’études se positionnent sur les services cloud pour la supervision énergétique du bâtiment (Energy Operation de Schneider Electric, Community Energy Management System de Toshiba développé pour Lyon Confluence…), ou la télésurveillance (Tecsol One pour les installations solaires). D’un autre côté, les exploitants traditionnels (Dalkia, Cofely, etc.) étoffent les fonctionnalités de leurs superviseurs, afin de conserver leurs parts de marché.

N°345

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