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L’espace bien-être au cœur des enjeux techniques

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L’espace ado de l’Hôtel Club MMV Le Monte Bianco Saint-Gervais, à proximité du Mont-Blanc.

Spa, sauna, hammam, jacuzzi, espace massages… Le bien-être est désormais la priorité des exploitants. Toujours plus grands et qualitatifs, ces équipements et espaces nécessitent de respecter un cadre architectural et normatif précis particulièrement contraignant en intervention sur site existant.

LLa montée en gamme des espaces bien-être s’affirme dans les hôtels, résidences et villages clubs. L’heure est au cahier des charges techniques sur mesure et au dossier de consultation des entreprises (DCE) ultraprécis, avec des surfaces minimales de 200 m² en cas de spa, et un prix dépassant désormais les 3 000 €. Les dernières évolutions sont liées à l’univers de la santé. Les solutions d’aquafitness se développent, avec des jets de massage de plus en plus élaborés, et deux nouvelles tendances sont en approche : les cabines avec mur de sel (Selarium) combinant les bienfaits de la vapeur et de l’halothérapie, et les techniques de luminothérapie avec la création d’espaces dédiés.

Des enjeux techniques multiples

La configuration des lieux respecte des règles d’hygiène et de bon sens en distinguant, notamment, des zones sèches, humides, tempérées et chaudes. Les réglementations ERP et la norme NF X 50-843 spécifique au spa de bien-être sont à prendre en compte (cf. encadré). « Si l’installation d’un sauna est simple, il s’agit, en simplifiant, d’un meuble sans eau nécessitant une bonne ventilation, précise François Tissot, directeur de la société Espace & Eau, spécialisée dans les résidences de tourisme. L’installation d’un hammam n’est guère plus complexe qu’une cabine de douche. Spa et jacuzzi sont, eux, des bassins chauffés au-delà de la température de l’air qui créent une zone saturée d’humidité. La gestion de l’hygrométrie nécessite un local technique avec une installation de déshumidification qui reprend l’air humide et pollué des pièces, le refroidit pour le condenser et chasser l’eau, puis le réchauffe et le renvoie avec un apport d’air neuf. »

L’importance du bâti

Très énergivores, ces équipements représentent, désormais, entre 15 et 20 % du bilan énergétique de l’établissement. Les quantités d’énergie étant liées aux volumes des pièces et des équipements, la réduction des consommations passe par un contrôle permanent, l’optimisation des systèmes de veille et la qualité de l’isolation thermique du bâtiment.
Le silence et la quiétude sont un autre enjeu. Il s’agit de traiter les émissions sonores des machineries (environ 60 dB pour un spa), celles des circuits aérauliques et hydrauliques, mais aussi les bruits aériens et d’impacts, tel le déclenchement des jets ou les plongeons des clients, dont les basses fréquences portent loin et se transmettent à la structure. La bonne réponse passe par une étude acoustique avec une réflexion sur l’emplacement des espaces, idéalement situés dans une zone d’activité diurne éloignée de d’hébergement.
«Au-delà des équipements, la réussite d’un spa et de ses espaces liés tient à son degré de finition et au souci apporté à chaque détail, souligne Bernard Zamparo, directeur du patrimoine de MMV Vacances Club. Les architectes et les décorateurs sont, ainsi, sollicités pour créer une identité unique et raconter une histoire en jouant sur les formes, les ambiances, les revêtements et le mobilier. »
La lumière participe totalement à cette mise en scène. Par leur capacité à varier en intensité, à proposer une grande variété de couleurs et à leur programmation, les leds règnent désormais en maître, y compris dans les bassins avec l’arrivée d’éclairages aquatiques.

Le challenge de la rénovation et l’exigence de réactivité

Ces défis techniques et décoratifs sont d’autant plus complexes en rénovation où il s’agit, bien souvent, de pousser les murs et de réaliser des acrobaties afin d’intégrer la partie aquatique. Dès les pré-études, la collaboration doit être totale entre les directions marketing et patrimoine de l’exploitant, l’architecte, le décorateur, les bureaux d’études spécialisés, les équipementiers et, de plus en plus souvent, la marque de soins partenaire choisie pour renforcer l’attrait de l’espace bien-être.
Côté chantier, le point crucial est la maîtrise des délais. « La livraison n’exige aucun retard de phasage compte tenu de la saisonnalité de notre activité, précise Bernard Zamparo. Le moment de tous les dangers est l’ouverture avec une montée en puissance immédiate de 0 à 100 % de l’activité. Nous sélectionnons clairement les équipes de maîtrise d’œuvre et les équipementiers en prenant en compte leur réactivité et leur capacité de SAV et menons, chaque année, des travaux préventifs complets sur chaque établissement afin de limiter les risques. »
Complexité technique, obligation de se remettre en question et de composer avec le client et le bâtiment, capacité de réaction… Intervenir en hôtels et résidences clubs est, de l’avis de tous les acteurs, une aventure passionnante.

N°352

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