Interview

« L’Atex s’est imposée comme une possible étape préalable à la demande d’avis technique » Entretien avec étienne crépon, président du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB)

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© Doc. CSTB

Quels enseignements le CSTB tire-t-il des appréciations techniques d’expérimentation (Atex) délivrées en 2015 ?

D’abord, les Atex ont gagné la confiance des acteurs de l’innovation, puisque nous enregistrons une croissance de 7 % par rapport à l’année 2014, en franchissant pour la première fois la barre de la centaine d’Atex délivrées. À l’inverse du Pass’Innovation, qui lui, n’a pas su rencontrer son public, l’Atex s’est naturellement imposée comme une possible étape préalable à la demande d’avis technique. Une étape caractérisée par des délais de procédure tout à fait raisonnables pour l’entreprise soucieuse d’accompagner la mise à disposition sur le marché de son procédé ou produit. La validité d’une Atex est de deux à trois ans, ce qui correspond à la période qui s’écoule généralement avant la demande d’avis technique.

Peut-on dégager les principales tendances de ce panel d’Atex ?

Nous enregistrons 36 Atex de type « a », 62 de type « b » et 3 de type « c ». Si la proportion d’Atex « a » et « c » demeure stable, on observe en revanche une croissance très significative des Atex de type « b », qui rassemblent une proportion importante d’innovations dans le domaine du clos et couvert. La représentativité de ce secteur était déjà amorcée en 2014, elle se trouve confirmée cette année : 65 % des Atex correspondent en effet au clos et couvert, 15 % à des dispositifs structurels, et 20 % à des solutions d’aménagement (revêtements de sol). Cela n’est pas sans logique : le déploiement des solutions de façade illustre l’objectif performantiel de la réglementation qui fait désormais de la paroi un « système » à part entière.

Comment cette évolution se traduit-elle ?

La paroi devient multifonction : elle enveloppe, assure l’efficacité énergétique, le confort d’été, intégrant désormais une dynamique de volets roulants, de pare-soleil, etc. En cela, elle constitue un système dont la technicité s’est déplacée du chantier à l’usine, où la fabrication s’effectue en amont. Autre aspect notable à relever, la frontière entre la conception-réalisation et l’exploitation du système tend à disparaître. Un phénomène que nous devrons nécessairement prendre en compte dans l’amélioration de nos procédures d’évaluation.

Précisément, quelles sont les pistes de développement fixées pour 2016 ?

L’objectif est de mieux faire connaître nos outils d’évaluation à l’échelle régionale, en particulier auprès des TPE/PME, afin de mieux orienter leurs démarches de demande d’Atex ou d’avis technique, en fonction de leurs capacités. À cette fin, nous poursuivons la structuration progressive de notre réseau national d’accompagnement (lire p. 40-41) qui devra couvrir l’ensemble du territoire d’ici à la fin 2016. Mais notre démarche d’accompagnement se traduit également par la promotion des dossiers instruits. Depuis juin 2015, la majorité des Atex de type « a », avec leur cahier des charges, sont librement accessibles sur le site « évaluation » du CSTB (*), et nous comptons faire de même pour les autres.

N°347

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