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ITE L’efficacité dépend du traitement des points singuliers

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Enduit minéral, organique, revêtement bois, métal, céramique, pierre naturelle ou reconstituée, ardoise, stratifié… les systèmes d’isolation thermique par l’extérieur offrent aujourd’hui des possibilités d’expression infinies. Nécessitant une approche globale de l’enveloppe, ces techniques doivent cependant faire l’objet d’une mise en œuvre soignée dans le traitement des points singuliers.

L’isolation thermique par l’extérieur, ou ITE, est aujourd’hui reconnue comme l’une des voies les plus efficaces pour améliorer les performances de l’enveloppe. Et ce, afin de répondre aux exigences de la construction BBC et prochainement à celles des bâtiments à énergie positive. Se distinguant des autres techniques, répartie et intégrée, elle consiste à placer l’isolant sur les parois extérieures et à le recouvrir d’un revêtement de protection jouant le rôle de finition. Réalisant ainsi – pour reprendre l’appellation du groupement d’industriels du G2M – « un mur-manteau », elle permet d’optimiser le traitement des ponts thermiques au droit des planchers et des murs de refend, en même temps qu’elle protège les murs des sollicitations climatiques. Faisant écran aux températures extrêmes, une ITE supprime en outre l’effet de paroi froide en hiver et permet de profiter de l’inertie thermique des parois en autorisant les échanges de chaleur entre les murs et l’intérieur. En hiver, dans une pièce chauffée, les parois stockent la chaleur et la restituent si l’ambiance intérieure se refroidit. Selon l’Ademe, la réduction des consommations de chauffage est de l’ordre de 15 à 30 % par rapport à un bâtiment non isolé. En été, en pratiquant une ventilation nocturne, les murs sont capables d’emmagasiner une partie de la fraîcheur de la nuit et d’atténuer en journée une chaleur excessive, ce qui limite du même coup le recours à la climatisation.

Les procédés d’isolation thermique par l’extérieur se partagent en deux grandes familles selon que le support, l’isolant, le revêtement de finition sont solidaires ou non : filière humide d’un côté, filière sèche de l’autre, avec, dans chaque cas, des matériaux, des techniques de pose et des enjeux différents. Au-delà de l’esthétique, le choix d’une solution dépend de la typologie de l’ouvrage, mais également des dispositions architecturales, des dimensions, de la distribution des ouvertures. La première famille est celle des enduits sur isolant, tandis que la seconde regroupe les systèmes de bardage, vêture et vêtage, ainsi que les contre-murs en briques.

Filière humide ou sèche : des systèmes spécifiques

Les enduits sur isolant se composent invariablement d’un enduit armé, ayant une fonction de finition et d’imperméabilisation, appliqué sur un isolant extérieur en polystyrène, dans la plupart des cas ou polystyrène graphité, laine de roche, laine de verre, voire fibres de bois dans le domaine de la construction bois. Plus marginalement, sur une mousse phénolique qui offre un très bon niveau d’efficacité thermique et permet de diviser par deux l’épaisseur d’un isolant classique. La fixation de l’isolant peut s’effectuer de trois manières différentes : par collage, par calage et chevillage, ou par fixation mécanique seule. La pose collée est exécutée sur support neuf, non contaminé par des huiles de démoulage. C’est elle qui offre la meilleure résistance au déboutonnage. La pose calée et chevillée est quant à elle préconisée sur support ancien, tandis que la fixation mécanique, sans calage préalable, est utilisée dans la construction bois où les isolants en fibres de bois sont simplement vissés sur une ossature secondaire. Elle concerne également la pose de polystyrène rainuré sur rails.

Parmi les produits, on distingue les enduits organiques des enduits hydrauliques, ou minéraux. Représentant plus de 85 % du marché, les premiers sont des systèmes minces, de moins de 10 mm d’épaisseur, formulés à partir de produits pétroliers qui leur confèrent une grande élasticité. Il existe des enduits minces prêts à l’emploi qui, hormis leur facilité d’utilisation, garantissent une homogénéité d’aspect sur ­l’ensemble de l’enveloppe. De leur côté, les enduits hydrauliques ont des épaisseurs plus importantes, de l’ordre de 1,5 à 2 cm, et leur composition fait apparaître du ciment ou de la chaux. Traditionnellement utilisés en maisons individuelles, ils sont de plus en plus mis en œuvre sur des bâtiments collectifs et tertiaires. À noter qu’enduits organiques et hydrauliques font appel à des savoir-faire particuliers et à des filières différentes : applicateurs peintres d’un côté, maçons ou façadiers de l’autre.

En terme de finition, l’offre des industriels va en s’élargissant et autorise, tant dans le domaine des enduits minces que des systèmes épais, des aspects gratté, projeté, écrasé, voire béton brut. Par ailleurs, pour les parties les plus exposées aux chocs et aux graffitis (comme les RdC d’immeubles) il existe des formulations spécifiques à base de granulats de marbre ou des parements en briquettes, céramique. Des bossages et joints en creux peuvent aussi être envisagés, tandis que des éléments de modénature à âme polystyrène peuvent être rapportés sur les façades pour réaliser corniches, bandeaux et encadrements de baie.

Un prix fourni posé variant entre 70 et 400 € HT/m2

Entouré par le Cahier de prescriptions techniques n°3035 du Cstb, le choix des teintes est relativement étendu bien que, pour éviter une fissuration des enduits, il exclue les coloris les plus foncés – ayant un coefficient d’absorption solaire supérieur à 0,7, voire 0,5 lorsque le ­projet se situe à plus de 1 300 m d’altitude -, et qu’il proscrive les juxtapositions de teintes dont la différence de coefficient d’absorption solaire soit supérieure à 0,2. Parmi les différents procédés d’ITE, la technique des enduits sur isolant est actuellement la solution la plus répandue. Elle représente environ les deux tiers des chantiers. « Les prix fourni-posé varient de 70 à 80 € HT/m2 sur un bâtiment de grandes dimensions jusqu’à 150 € HT/m2 pour une rénovation de maison individuelle. Mais, on voit des entreprises suicidaires proposer des systèmes à 50 e/m2 », remarque Dominique Delassus, président du G2M. Associant des procédés et revêtements variés, les systèmes de la filière sèche offrent une grande liberté formelle, tandis qu’ils utilisent les mêmes types d’isolants que la famille précédente. Il en va ainsi des bardages composés d’un isolant mis en œuvre directement sur la façade, d’une structure porteuse, dans l’épaisseur de laquelle est aménagée une lame d’air, et d’un revêtement.

Ce dernier se décline dans tout type de matériau naturel ou composite : bois, acier, zinc, ardoise, brique, céramique, pierre naturelle, pierre reconstituée, fibres ciment, stratifié, mais aussi verre clair ou émaillé, et panneau photovoltaïque… Il existe également des plaques de bardage destinées à recevoir un enduit mince qui offrent ainsi la possibilité d’enduire des façades fortement dégradées ou présentant des désaffleurements importants, ou encore de s’affranchir des limites de teinte des enduits sur isolant. La plupart des procédés disposent de fixations[…]

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