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Isolation : les différents emplois de la laine minérale

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Isolation : les différents emplois de la laine minérale

Les complexes d’isolation pour toitures plates sont conçus pour s’adapter de nombreux cas de figures, en neuf comme en rénovation, avec des éléments permettant de s’adapter à des profils variés. Exemple d’un isolant recevant un voile de verre renforcé d’une grille de verre imprégnée de bitume, et d’un film thermofusible en polypropylène. (Doc Isover.)

Les complexes d’isolation à base de laines minérales ne cessent d’évoluer pour se conformer à tous les besoins. Plébiscités en isolation de toitures, ils sont également majoritaires en cloisonnements et en doublages.

Présentes dans tous les domaines de l’isolation, les laines minérales s’imposent en toiture, qu’il s’agisse de combles aménagés ou de combles perdus. Particulièrement en rénovation, leur présence est très forte en doublages et cloisonnements. Elles monopolisent aussi le créneau du doublage de bardages en isolation par l’extérieur, mais sur des quantités limitées.

Les performances technico-économiques de ces matériaux expliquent en partie leur ­succès. Depuis quelques années, les principaux fabricants font évoluer leurs productions, anticipant même les contraintes à venir, telles celles de la RT 2005 en construction neuve. En rénovation, ils développent des systèmes simples et polyvalents, capables d’améliorer l’isolation thermique de millions de logements existants, majoritairement énergétivores. Enfin, utilisés en isolation thermique, ces matériaux doivent répondre de plus en plus à des contraintes d’isolation acoustique. Actuellement, les produits qui font la différence sont ceux qui simplifient le travail de pose des entreprises, confrontées à un manque de main-d’œuvre et à des plannings serrés. Cela explique en partie le succès des panneaux en rouleaux, compatibles avec une majorité de situations.

Ils sont suffisamment souples pour suivre les aléas d’une charpente, et assez rigides pour être mis en œuvre dans des cloisonnements traversés par des réseaux multiples, tels que l’électricité, la domotique, l’eau ou l’aspiration centralisée. Cette évolution est sensible en combles, mais aussi en cloisons, dans lesquelles différents profilés et pattes de fixation simplifient et accélèrent la mise en œuvre des isolants.

Vers les cloisons à ossature métal

Sur le plan acoustique, le travail réalisé par plusieurs fabricants sur les DAM (doublages acoustiques minces) permet de disposer de systèmes économiques, peu encombrants, avec des performances suffisantes pour des ­usages en habitat. Enfin, on peut noter une atténuation de la frontière entre les applications laine de roche/laine de verre. Traditionnellement, les laines de roche étaient plutôt réservées aux applications nécessitant une densité importante (sols, complexes d’étanchéité) ou dans le cadre de la protection incendie. Progressivement, les fabricants de laine de verre ont ajouté à leur gamme des produits plus denses qui ont ainsi empiété sur le territoire « naturel » de la laine de roche.

Avant l’arrivée de la NRA (nouvelle réglementation acoustique), les produits et systèmes thermo-acoustiques offraient peu de débouchés. Cette absence de réglementation a permis le développement des cloisons ­alvéolaires et des doublages collés, les systèmes les plus simples et les plus économiques à mettre en œuvre.

En neuf comme en rénovation, l’arrivée de la NRA, applicable à l’habitat neuf, a eu également des effets sur le cloisonnement. Les cloisons à âme alvéolaire ne permettent pas de répondre à une quelconque performance acoustique. De surcroît, elles sont accusées, du fait de leur poids, de participer au développement de maladies professionnelles liées aux manipulations répétées d’objets lourds.

Progressivement, les prescriptions se sont orientées vers la cloison à ossature métal. Malgré un surcoût réel de plus de 15 % (fourni posé), leurs avantages sont nombreux : moins de pénibilité, possibilité de passer des gaines et des réseaux divers, mais d’obtenir des performances acoustiques élevées avec l’ajout d’un isolant fibreux.

Combles : vers la suppression de la lame d’air ?

En doublage, les systèmes collés restent très utilisés en construction neuve et en rénovation lorsque le support est suffisamment plan. Mais les contraintes acoustiques et de passages de réseaux expliquent l’usage croissant des contre-cloisons à ossature intégrant un isolant fibreux, qu’il s’agisse de systèmes classiques ou de solutions à appui ­intermédiaire.

En aménagement de combles, les plaques de plâtre sur ossature métallique intégrant un isolant minéral sont les plus utilisées. On constate une évolution proche de celle constatée pour les doublages, à savoir le développement de systèmes permettant de simplifier la pose de l’isolant comme des fourrures.

Autre évolution notable, la mise sur le marché de systèmes associant des laines minérales à des écrans de sous-toitures hautement perméables (HPV). L’intérêt de ces systèmes est triple :

– une hauteur sous plafond optimisée, du fait de la supression de la lame d’air ventilée entre l’isolant et la couverture, l’écran HPV servant à combler ce déficit ;

– une limitation de la condensation ;

– une amélioration de l’étanchéité à l’air.

Le développement de ces écrans HPV a également incité quelques fabricants à proposer des systèmes multicouches, sur la base d’une première couche insérée entre les pannes, puis d’une seconde, mise en œuvre de façon classique. Majoritairement, l’isolation des combles s’effectue par l’intérieur. Néanmoins, en cas de rénovation lourde et/ou de réfection de la couverture, d’autres techniques – tels les panneaux supports de couverture et le sarking – sont intéressantes en termes de performances thermiques, d’espace récupéré, mais aussi de protection aux bruits aériens. Alors que les panneaux supports de couverture font peu appel aux isolants fibreux, le sarking permet de réaliser une toiture complète, à partir d’éléments standardisés.

Toutes les sous-faces sont possibles, de la plaque de plâtre à la planche de bois, la seule contrainte étant de pouvoir bénéficier d’un chevronnage suffisamment plan pour recevoir l’ensemble de la couverture. ­Certains fabricants ont développé des composants spécifiquement à partir d’une laine de verre haute densité et traitée à la silicone, pour une meilleure résistance aux intempéries lors de la mise en œuvre. Un autre atout de la laine de verre est l’isolement aux bruits aériens : outre la grêle et la pluie sont atténués dans les zones urbanisées, les bruits de la ville, des véhicules et des avions.

Percée des complexes thermo-acoustiques

En doublage, les systèmes collés sont majoritaires en construction neuve, mais aussi en rénovation lorsque le support est suffisamment plan. Encore une fois, les demandes d’acoustique ont fait évoluer les produits. Les fabricants de doublages à base de ­polystyrène ont mis au point un polystyrène élastifié qui améliore l’acoustique du complexe. Les systèmes à base de laine minérale, désormais concurrencés sur ce terrain, ont dû évoluer. Le plus ancien d’entre eux, le Calibel, a perdu son pré-­encollage. Son étanchéité à l’air s’est améliorée, le nombre de plots de colle s’est réduit et sa plaque de parement est pré-imprimée en usine. Plusieurs fabricants ont mis au point des systèmes de doublage en laine de verre sur ossature avec appui intermédiaire : Acoustizap de Thermolan, Optima de Isover, Ursafix de Ursa… Les prescripteurs plébiscitent ces systèmes, qui conjuguent performances thermiques, acoustiques et simplicité de pose.

Ces dernières années, les DAM se sont également développés. En rénovation, il existe une demande importante pour des systèmes apportant de l’isolation acoustique sans trop pénaliser la surface habitable. Cela ­concerne d’abord l’habitat collectif ancien qui n’en bénéficie d’aucune, mais également la maison individuelle. La plupart des DAM font appel à des isolants alvéolaires, hormis le Calibel, qui sous sa forme 40 10, permet une amélioration tangible pour un encombrement limité. Enfin, au sol, les fabricants de laine de roche comme de laine de verre ont développé des ­panneaux rigides de faible épaisseur et de densité élevée pour répondre au développement des chapes sèches.

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