ISH 2003 : les économies d’énergie orientent les équipements

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ISH 2003 : les économies d’énergie orientent les équipements

En plancher chauffant, la nouveauté majeure est le développement des solutions sèches à la fois pour la rénovation et la construction neuve. Un chantier complet se déroule en 2 jours : on fait ainsi l’économie des 30 à 40 jours de séchage des dalles.

© (Doc. DR.)

ISH, qui vient de fermer ses portes à Francfort, exprime l’avance de nos voisins allemands en matière de réduction des besoins énergétiques. Une volonté traduite par l’apparition de nouveaux systèmes basse température, la multiplication des solutions de ventilation double-flux et un fort développement des énergies renouvelables.

En Allemagne, une chaudière domestique sur deux, vendues aujourd’hui, est à condensation, une sur trois en collectif. Avec des générateurs d’une puissance allant de 2,7 kW à presque 7 MW, la condensation n’est plus limitée aux gaz naturel : les chaudières à condensation fioul apparaissent chez tous les grands constructeurs. Ainsi, Buderus propose la Logano plus GB135, chaudière individuelle de 18 ou de 25 kW dotée d’une nouvelle régulation (Logamatic EMS) et d’un préparateur d’ECS (eau chaude sanitaire) placé en dessous ou sur le côté. Deux modèles fioul pour Viessmann : une chaudière au sol Vitolaplus 300 de 19,4 à 29,2 kW Ange Bleu, dont le rendement global annuel atteint 103 % sur PCI. Complétant en mural la Vitolaplus 300 pourvue du nouveau brûleur Unit Vitoflame 300 à flamme bleue, la gamme (104 % de rendement global sur PCI) étend sa plage de puissance de 16,1 à 23,5 kW. Sa future commercialisation en France est tributaire de la disponibilité d’un fioul à très basse teneur en soufre (? 500 ppm).

Développement de l’électronique de contrôle

Tous les modèles de chaudières, de pompes à chaleur (Pac) ou de ventilation double-flux sont conçus en fonction de la maintenance. Le rendement d’exploitation annuel d’un matériel n’est plus un critère suffisant : sa performance globale doit être maintenue dans le temps. D’où le fort développement de l’électronique de contrôle dans les générateurs. Les quatre modèles de chaudières Weishaupt Thermo Condens (WTC) modulants, équipés d’un corps de chauffe en fonte d’aluminium (4,3-17,7, 7,5-25,2, 14-44, 14-62 kW), peuvent ainsi être commandés par un régulateur mural déporté DDC-Regler DR 1000. Ce dernier est compatible avec les protocoles de bus de terrain LonWorks, BACNet et Profibus. Objectif : détecter l’apparition de désordres et intervenir en maintenance préventive. Les installateurs allemands, devançant les obligations de la future directive européenne sur l’efficacité énergétique des bâtiments, proposent à leurs clients des contrats de garantie de maintien du rendement pour éviter les surconsommations d’énergie, la dérive des dépenses d’exploitation, la dégradation des performances environnementales et le maintien du confort. Point important : du fait de l’électronique, le rendement ne se dégrade pas lorsque la charge baisse. La puissance nominale est requise pour produire l’ECS et, les jours les plus froids, pour le chauffage.

Basse température : murs, sols et plafonds

Ainsi, le générateur ne fonctionne à pleine puissance que 20 % du temps. L’Allemagne, la Suisse et l’Autriche ont depuis longtemps dépassé le plancher chauffant basse température (Pcbt). Les possibilités de rafraîchissement sont systématiquement mises en avant, assorties de régulations évoluées pour éviter le point de rosée. Dans les immeubles tertiaires fortement isolés, le Pcbt est raccordé non plus à un système thermodynamique mais à de simples capteurs enterrés du fait des faibles besoins de chaleur et de rafraîchissement souscrits. Le système se complète d’une ventilation double-flux à récupération de chaleur. Toutes les marques (Gaboterm, Roth, Velta, Polytherm…) présentent des murs et des plafonds basse température ainsi que des systèmes pour la construction neuve ou la rénovation. Elles proposent aussi des solutions dites de « béton tempéré » : des tubes multicouches montés sur des ferraillages sont directement posés à fond de banche avant coulage du béton dans les étages intermédiaires, sans isolation ou dans les parois de refend. Le système Polyactiv de Polyterm équipe ainsi la nouvelle tour de Deutsche Post à Bonn.

Ventilation : double-flux ou rien

L’Allemagne ne pratique que le double-flux, mais sous diverses manières : centralisé en logement neuf ; décentralisé en tertiaire ou en rénovation de logements. Dans tous les cas, le rendement de récupération de chaleur dépassent 90 % alors qu’en France, il se situe en moyenne à 70 %. Le record est détenu par les échangeurs Paul Wärmerückgewinung, qui atteignent 99 % de taux de récupération. Les grands industriels du chauffage (Buderus, Hoval, Junkers, Siemens, Stiebel-Eltron, Viessmann) proposent aussi des systèmes de double-flux. Leurs centrales sont alimentées en air extérieur à travers un « puits canadien » : une canalisation enterrée sur plusieurs dizaines de mètres. L’air neuf est introduit par cette canalisation, ce qui en hiver augmente sa température de 4 à 8°C et, en été, la réduit de 3 à 5°C, selon la longueur du conduit, son diamètre et la vitesse de l’air. En tertiaire, le convecteur de façade est un système décentralisé installé en construction neuve, bureaux ou hôtels. Il assure le complément de température, en appoint d’un système basse température par le sol ou le plafond. Enfin, pour les maisons à faible consommation d’énergie, il existe de complexes centrales domestiques, construites autour d’un double-flux avec récupération d’énergie haute efficacité et alimentation en air neuf par puits canadien. S’ajoute un ballon tampon de 200 à 300 l et une ou deux pompes à chaleur. Ces appareils produisent de l’ECS en toute saison, du chauffage en hiver et du rafraîchissement en été.

Sanitaire : matériaux de synthèse et encastrement

En sanitaires, plusieurs tendances se dégagent. Notamment, la dissimulation de l’ensemble des ouvrages techniques. À l’image du système triangulaire de Missel, qui permet de monter deux appareils sanitaires en épi, les bâti-supports servent à créer des salles de bains confortables dans des espaces réduits. Viega élargit sa gamme et le concept avec son bâti-support Eco Plus que l’on peut monter devant le mur, en angle ou en auto-portant avec un seul appui au sol.

Les canalisations sont en matière de synthèse ou en multicouche. Le couple tube multicouche/raccord à sertir s’étend dans tous les domaines : plomberie, chauffage par radiateurs, planchers chauffants basse température, plafonds et murs chauffants et rafraîchissants, tubes de gros diamètres en industrie pour le transport de l’air comprimé, de l’eau glacée, de fluides industriels… La gamme Alu-Laserpex de Roth atteint désormais le diamètre 63. Ce tube est composé d’un sandwich PE/Alu/PE-X (polyéthylène réticulé). Le système RauFrigo pour l’eau glacée est composé d’un tube PE-X bleu, d’une isolation thermique et d’une coque aluminium, plus les accessoires (coudes et tés) nécessaires. Le tube Rehau Industrie, de couleur verte, est destiné à l’air comprimé et autres gaz industriels.

Viega propose les raccords sertis pour le cuivre SC-Contour, avec marque verte pour l’eau potable, l’eau chaude ou le chauffage et marque jaune pour le gaz. Mais le raccord serti n’est pas encore accepté en France sur des tubes gaz.

Des appareils sanitaires en acier émaillé

Côté équipement, retour en force de l’acier émaillé employé pour des appareils sanitaires légers mais résistants. Bette l’utilise pour ses baignoires asymétriques gain de place BettePool, ainsi que pour ses baignoires-douches, qui combinent douches et bains avec un réel confort. Alape, une filiale de Dornbracht, utilise l’acier émaillé pour créer de nouveaux types d’appareils sanitaires plutôt destinés aux collectivités. Le mitigeur sans contact Dornbracht se trouve au centre d’une table blanche émaillée et l’eau s’écoule sur la table, recueillie par une rigole aménagée sur le périmètre, dissimulant ainsi l’évacuation. Franke élargit son offre avec Xinox, un concept de salles de bains pour locaux publics et collectivités en acier inoxydable. La robinetterie sans contact entre dans les salles de bains domestiques. Le modèle le plus spectaculaire est certainement Magic Basin de Villeroy et Boch : le bec de la robinetterie a disparu et le robinet est incorporé dans la paroi de la vasque. Reste un simple orifice circulaire dans la vasque, source d’eau mitigée. Cette robinetterie sans contact apporte un plus : la température de l’eau se règle en déplaçant les mains vers la droite (plus chaud) ou vers la gauche (plus froid), à partir d’une température d’eau mitigée préréglée. Villeroy & Boch décline ce mécanisme dans Magic Faucet, un robinet à bec sur gorge pour lavabo. Les deux versions embarquent des microprocesseurs alimentés par piles ou par secteur, interfaçables avec la GTB de l’immeuble pour une maintenance à distance. Avec un nouveau mitigeur sans contact Tempomatic, Delabie vise à la fois son marché habituel en collectif et les salles de bains domestiques. Il met en avant la version sur gorge avec réglage de température : le passage d’un mitigeur classique sur lavabo à un mitigeur temporisé permet d’économiser 50 % de la consommation d’eau. Et remplacer un mitigeur classique par un mitigeur sans contact électronique pousserait l’économie jusqu’à 75 %.

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