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Iris et rétine : deux techniques d’authentification

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Iris et rétine : deux techniques d’authentification

La reconnaissance par la rétine ou l’iris de l’œil est de loin la plus fiable car elle arrive à différencier deux vrais jumeaux. Cette technique, très indiscrète et coûteuse, est toutefois réservée à la protection de lieux ultraprotégés.

Parmi les systèmes biométriques, la reconnaissance par l’œil est certainement l’une des plus fiables. C’est aussi l’une des plus rarement utilisées car très onéreuse et pas toujours bien acceptée par les usagers. Le fait d’envoyer un rayon lumineux, même inoffensif, dans l’œil reste difficilement acceptable. Des particularités qui orientent ces systèmes de reconnaissance vers des sites extrêmement sensibles exigeant un très haut degré de sécurité.

Pour les spécialistes, ces systèmes permettent de passer de l’identification à l’authentification, soit une étape supplémentaire dans le niveau de sécurité requis, au point que des expériences ont été réalisées à l’étranger pour les distributeurs de billets de banque. Il existe en réalité deux systèmes de biométrie par l’œil. Le premier repose sur l’analyse de l’iris, le second sur celle de la rétine. Leur principe de fonctionnement, hormis la nature du capteur qui est ici une caméra, est identique aux autres systèmes : capture de l’information à analyser, traitement de l’information et création d’un fichier signature, puis mise en mémoire sur un support quelconque (disque dur, carte à puce, code barre…) et enfin, phase de vérification.

L’iris, indépendant du code génétique

Lors de cette dernière phase, on procède de manière identique que pour la création du fichier signature. Les deux fichiers sont ensuite comparés pour que l’on puisse déterminer le taux de simi­litude et le résultat, à savoir si l’on a affaire à la même personne ou non.

Dans le système d’identification par l’iris, l’authentification repose sur la numérisation. Cela permet le contrôle d’un nombre de points caractéristiques, qui ne varient pratiquement pas pendant la vie d’une personne. Du point de vue de la biométrie, ce procédé se révèle très intéressant dans la mesure où il n’y a jamais deux iris identiques, même entre jumeaux ou entre l’œil gauche et l’œil droit. Par ailleurs, il est indépendant du code génétique (ADN) de l’individu et donc quasiment infalsifiable. Il a également l’avantage de présenter une infinité de points caractéristiques (comparables en nombre à ceux de l’ADN) qui ne varient pas, contrairement à la couleur qui peut évoluer. Cela ne pose aucun problème dans la mesure où les images de l’iris sont recueillies avec un capteur noir et blanc, type caméra CCD/CMOS, équipé d’un objectif macro. Concrètement, le capteur reconnaît l’iris, recherche sa position par rapport à l’œil durant une ou deux secondes puis transmet l’image à l’ordinateur qui va la transformer à l’aide d’un algorithme. Les données sont ensuite comparées pour retrouver la personne.

Dans ce système fiable, la prise de mesure peut cependant ­poser problème. Ces derniers sont souvent liés à la distance entre l’œil et la caméra et à des contraintes d’éclairage. Ainsi, la distance idéale œil/caméra est de l’ordre de 10 à 30 cm. Il ­convient également de tenir compte de l’éclairage, notamment des reflets ponctuels, non ponctuels et uniformes. En effet, les images liées à l’environnement immédiat, susceptibles de se refléter sur l’iris, viendraient perturber la reconnaissance par le capteur, d’où la nécessité d’avoir un éclairage restreint. Autant de contraintes qui demandent une préparation en amont des espaces où sont installés les capteurs.

Authentification par la réactivité de la pupille

Quant aux éventuelles tentatives de fraude comme les faux yeux (photos et lentilles), les systèmes les plus évolués les déjouent aisément en faisant appel à certaines caractéristiques dynamiques de l’œil qui prouveront son authenticité : réactivité de la pupille (dilatation/rétraction) par rapport à la quantité de lumière, étude de l’iris dans l’infrarouge et l’ultraviolet.

Dans les systèmes qui utilisent la rétine, la reconnaissance est basée sur le schéma et le dessin formés par les vaisseaux sanguins. Encore une fois unique chez chaque individu, différent même entre jumeaux, leur « photographie » reste relativement stable tout au long de la vie (sauf en cas de maladies vasculaires). L’aspect des vaisseaux peut certes être modifié par l’âge ou par la maladie, mais leur position respective reste inchangée. Avantages supplémentaires : l’empreinte rétinienne est peu exposée aux blessures.

Avec ce procédé, la caméra examine le fond de l’œil à l’aide d’un rayon lumineux et capture la cartographie vasculaire. Comme précédemment, la mesure est transformée en un algorithme puis analysée. Cette mesure biométrique peut fournir jusqu’à 400 points caractéristiques du sujet, un procédé performant si on la compare aux 30 à 40 points fournis par une empreinte digitale. Réputée comme le moyen le plus sûr, elle reste cependant mal acceptée par les utilisateurs, car plus contraignante. En effet, pour un balayage réussi, la mesure doit s’effectuer à quelques centimètres du capteur (il est impossible de la réaliser à 30 cm) et les individus y sont très réticents en raison de la sensibilité de l’œil à la lumière. Cela dit, les banques sont intéressées par le système qui présente un taux de rejet très faible.

Cela étant, les professionnels sont convaincus que ces ­systèmes, bien que très fiables, resteront marginaux et ne seront jamais distribués, du moins dans les quinze à vingt prochaines années, comme produits de masse.

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