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Innovation technologique et créativité esthétique illimitées

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Innovation technologique et créativité esthétique illimitées

© (Docs. Novoceram, Apavisa, Émaux de Briare.)

Relevant d’une technique ancestrale, le carrelage affiche une éternelle modernité. Naturellement résistant, étanche, anti-allergène et facile d’entretien, il séduit de plus en plus par son esthétique sans cesse renouvelée. Et les fabricants rivalisent d’inventivité pour moderniser ce produit, qui affiche désormais une inifinie palette de coloris, dimensions, textures et effets de matière.

Longtemps recherché pour ses propriétés naturelles et son aspect rustique, le carrelage s’affiche depuis quelques années comme un revêtement des plus contemporains.

En constant renouvellement, accompagnant les modes et évolutions technologiques, il revêt les aspects et fonctionnalités les plus inattendus et insolites. L’époque où son usage était réservé aux cuisines et salles d’eau est révolue. Il investit désormais toutes les pièces, avec des teintes chatoyantes, minérales ou translucides, des reliefs et textures aux effets visuels surprenants, des formats allant du minicarreau mosaïque à la plaque extra-large de 3 m².
Il se divise en quatre principales familles de matériaux : la céramique (comprenant terre cuite, faïence, grès cérame, grès étiré), le verre, le ciment et la pierre. La mosaïque étant par définition un assemblage de petits carreaux (ou tesselles) pouvant provenir de tous ces types de matériaux.
Les murs, beaucoup moins sollicités mécaniquement que les sols, peuvent recevoir tous ces matériaux en revêtement.
Mais ce sont les céramiques (plus particulièrement la faïence et le grès cérame), ainsi que le verre (en carreau) et la pâte de verre (en mosaïque) qui sont les plus utilisés pour cette pose.

La terre cuite en version émaillée

Ancêtre des céramiques, la terre cuite a été utilisée en carrelage dès l’Antiquité, il y a quelque 4 000 ans.
Aujourd’hui, les carreaux de terre cuite sont encore souvent issus de production artisanale. Une minorité de fabricants de carrelage s’y consacre. Les carreaux sont fabriqués à partir d’un mélange d’argiles plus ou moins fondantes cuites entre 900 et 1 000 °C. Ils présentent un aspect rugueux brut de finition et des colorations inégales, dues aux variations des températures de cuisson et aux mélanges différents de terres plus ou moins dosées en oxydes de fer. Ils offrent ainsi une large palette de couleurs naturelles flammées, allant du jaune clair au brun foncé en passant par des beiges rosés et rouges vifs.
La terre cuite offre une bonne résistance aux contraintes et à l’usure, mais sa structure exempte de toute vitrification affiche une porosité atteignant les 5 à 15 %. Elle doit donc être traitée pour résister à l’eau et aux taches, soit par un mélange à base d’huile de lin et de térébenthine - un traitement à l’ancienne, à renouveler régulièrement - soit par un traitement unique par résine hydrofuge à la sortie du four. Toutefois, même traitée, la terre cuite brute ne convient pas aux pièces humides.
Seule sa version émaillée, imperméable, peut être posée sur les murs des salles d’eau. L’émail, une couche superficielle vitreuse réalisée à partir d’un composant chimique (oxyde de fer, d’étain ou de manganèse), est appliqué sur le carreau cuit, avant de lui faire subir une seconde cuisson.
Ainsi émaillée, la terre cuite peut aussi se présenter sous forme de petits carreaux colorés, nommés émaux, souvent vendus préencollés sur filet.

L’émail pour décorer et imperméabiliser

Basée sur une technique également très ancienne, la faïence est la céramique la plus utilisée aujourd’hui pour carreler les murs intérieurs. De faible épaisseur, elle est constituée d’un mélange d’argiles claires, sable, kaolin et feldspath. Ces éléments sont broyés, puis mélangés à de l’eau pour obtenir une barbotine, elle-même atomisée, puis pressée pour la fabrication du carreau. Le carreau cru est alors recouvert de plusieurs applications d’émail décoratif à base d’étain ou de plomb qui lui confèrent brillance et étanchéité. Une variante haut de gamme, la faïence anglaise ou faïence fine, est fabriquée avec une pâte d’origine blanche et très fine, recouverte d’un vernis transparent. Auparavant produite par bi-cuisson, c’est-à-dire première cuisson du support à 1 100 °C, décor et émaillage, puis seconde cuisson à plus basse température, la méthode de fabrication de la faïence a évolué depuis quelques années vers la monocuisson, plus économique et conférant plus de résistance au produit. La faïence n’en reste pas moins un produit très tendre et fragile, peu résistant à l’usure et aux taches, mais facile à entretenir à l’eau savonneuse et convenant parfaitement pour une utilisation en revêtement mural de pièces humides. Elle est disponible dans une grande palette de coloris, d’effets de matière ou de reliefs, en finition brillante, mate, polie, satinée ou encore métallisée. Ses dimensions sont très variées, allant de la mosaïque 2 x 2 cm au grand carreau 60 x 120 cm. Les carreaux, souvent unis, sont assortis avec des listels, frises ou carreaux décorés. S’ils jouent généralement la carte du motif floral ou géométrique, dans des tons pastel ou acidulés, on constate également aujourd’hui l’essor de l’impression numérique de photographies sur carrelage, à l’effet ultra-réaliste. Il est désormais possible d’installer un paysage bucolique dans sa cuisine ou une cascade plus vraie que nature dans sa salle de bains…

Le grès cérame : l’as de la métamorphose

Le grès cérame, matériau céramique au procédé de fabrication beaucoup plus récent, est notamment recherché en pose murale pour ses capacités à imiter à la perfection les matériaux les plus divers (bois, cuir, métal, pierre, textile…), l’aspect et la texture de leurs surfaces.
Devenu un matériau haut de gamme, il fait régulièrement l’objet de collections spéciales créées par des designers pour de grandes marques. Alliage d’argile et de silice, il est conçu par pressage, puis par cuisson à très haute température (1 200 à 1 400 °C), qui le vitrifie partiellement, le rendant très résistant et très étanche (porosité inférieure à 1,5 %). Antitache, il s’entretient facilement, résiste aux produits chimiques et convient particulièrement aux pièces humides. Ses inconvénients se résument à son toucher froid, à la glissance de sa surface lorsqu’il est mouillé, à son aspect mat et au fait qu’il ne peut revêtir de couleurs chaudes pour des raisons inhérentes à sa fabrication.
Mais pour pallier ces défauts, il peut se décliner en différentes finitions (poli, émaillé ou porcelainé), moyennant de légères modifications du process de fabrication (voir encadré précédent).
Bien que plus fragile dans ces finitions, il devient alors satiné ou brillant, offrant des possibilités de décors encore plus nombreuses en jouant sur la brillance, les couleurs et les nuances.
Au-delà des céramiques, le verre est un matériau qui se développe tout particulièrement ces dernières années en revêtement mural (Quadra Verra de La Rochère, SGG Feeling de Saint-Gobain Glass, Saverbat).

Le verre : brillance et transparence

Imperméable, résistant aux chocs thermiques, aux produits chimiques et à l’abrasion, il convient très bien pour les salles de bains et cuisines. Mais ce sont surtout ses effets de profondeur étonnants, apportant translucidité et luminosité dans les intérieurs qui le démarquent des autres matériaux. En verre transparent ou dépoli, les carreaux ont une sous-face laquée, imprimée ou émaillée, qui donne de la profondeur à la teinte et offre un revêtement raffiné et sophistiqué en une large palette de coloris et de finitions (poli, miroir, flammé, satiné). En dehors des dimensions standard (10 x 10 cm à 45 x 45 cm), il peut se réaliser sur mesure.
Autre solution et autre effet, son dérivé, la pâte de verre, est le constituant le plus employé pour la réalisation de mosaïques. Teintée dans la masse, la pâte de verre provient de la fusion de granules de verre et de pigments colorants, qui lui assurent transparence et brillance. Elle peut recevoir un traitement d’émaillage qui renforce ses propriétés et notamment son imperméabilité. Les carreaux, de format 1 x cm à 5 x 5 cm, d’une épaisseur de 4 à 10 mm, existant également de forme ovale ou rectangulaire, permettent des rendus très différents. Ils sont préencollés sur un support textile, du papier kraft ou du PVC, en forme de plaques (30 x 30 cm), de frises, parfois même de rouleaux. Cela rend leur pose aussi facile que celle d’un papier peint et leur permet d’épouser les murs aux formes complexes et arrondies. Régulière, la mosaïque de pâte de verre engendre un aspect géométrique. Irrégulière, elle permet de composer des fresques à l’antique ou des décors uniques. Depuis une dizaine d’années, le dynamisme du secteur du carrelage, représenté en grande majorité par des fabricants espagnols et italiens, passe par une créativité esthétique débridée. Après des années d’imitations plus ou moins heureuses, le carrelage simule désormais à la perfection les matériaux et textures les plus divers.

Les efffets de matière et jeux de reliefs

Béton, bois, cuir, métal, pierre, tissu, dentelle ou nacre, plus aucun effet de matière ne lui résiste grâce à l’utilisation de nouvelles technologies. Les veines du bois ou du marbre, les trames textiles, la porosité de la terre ou la granulosité du sable peuvent être recréées à l’identique. Certains fabricants exploitent cette spécificité afin de créer des produits destinés aux malvoyants (Fiandre). Offrant des différenciations tactiles, ils permettent la signalisation des espaces intérieurs.
À noter également, l’arrivée des jeux de volumes et d’effets graphiques, avec des carrelages « puzzle » ou « patchwork », constitués d’assemblages de formes, de matériaux aux épaisseurs irrégulières. Sur un même carreau peuvent coexister texture sablée, émail brillant et liseré métallique. À l’inverse, des carreaux identiques d’aspect peuvent présenter des dimensions et/ou épaisseurs différentes, pour créer un jeu de reliefs et de contrastes sur les murs (Apavisa, Asarota, Dune, Grespania, Unicer). Autre tendance, le développement récent du carrelage grand format en grès cérame.

Les grands formats, les antibactériens et autres...

Le carreau 60 x 60 cm, deve- nu monnaie courante, est aujourd’hui dépassé par des carreaux pouvant mesurer 120 ou 150 cm de longueur, voire 300 cm, la hauteur d’un mur !
La grande souplesse et l’extrême finesse (3 à 5 mm) de certains de ces produits, dues à un procédé de pressage à sec innovant, les rapprochent de la catégorie des papiers peints ou des revêtements pelliculaires (Kerlite de Cotto d’Este, Slimtech de Lea Ceramiche). Ils apportent modernité et unité aux intérieurs, grâce à la quasi-disparition des joints. L’esthétique sobre de ces grands formats s’accompagne de coloris naturels, généralement gris, anthracite, beiges, chocolat ou noirs. Inconvénient : l’opération délicate de la pose de ces produits, qui peuvent peser jusqu’à 30 kg et qui requièrent une parfaite planéité du support. Enfin, autre innovation de taille pour une mise en lumière des murs, le carrelage à leds intégrées (Terra Led de Royal Mosa). Les carreaux, ornés d’une diode lumineuse en leur centre et livrés avec leur câble de raccordement, ne demandent aucune spécificité de pose. L’encastrement des sources lumineuses ne nécessitant pas de surépaisseur, le carreau à led peut être associé à des carreaux classiques. Les fabricants de carrelage se sont également lancés dans la vague écologique et environnementale. Préoccupés par l’impact environnemental de leurs produits, certains affichent l’Écolabel européen, marque de qualité indiquant que le cyle de vie de leurs produits a un impact limité sur l’environnement.
D’autres proposent des carreaux à finition antimicrobienne au dioxyde de titane (Agrob Buchtal, Fiandre, Fiordo, Panaria, Lea Ceramiche). La réaction photocatalytique de cette molécule produit de l’oxygène actif et empêche le développement des microbes, bactéries et moisissures durant toute la durée de vie du produit.

Tableau des fabricants

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°315

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