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Infiltrations par les liaisons menuiserie extérieure/gros œuvre

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Infiltrations par les liaisons menuiserie extérieure/gros œuvre

Le constat

Les infiltrations d’eau provoquent un gonflement des enduits, plaques de plâtre, isolant et plinthes, l’éclatement des peintures, la dégradation des papiers peints et l’apparition des moisissures.
Des désordres peuvent aussi apparaître sur tous les ouvrages sensibles à l’eau proches des fenêtres, comme les prises électriques, isolant acoustique sous parquet, etc.
La pathologie peut toucher tous les types de menuiseries en bois, en métal ou en PVC.
Elle est largement influencée par les conditions climatiques du site et l’exposition du bâtiment (la façade reçoit plus ou moins d’eau accompagnée de vent), ainsi que par la hauteur de la baie au-dessus du sol (le vent soufflant plus fort quand on s’élève).
NB : cette fiche concerne le mode de pose en applique intérieure et en feuillure extérieure.

Le diagnostic

La méthode traditionnelle de bourrage au mortier, bien souvent accompagnée de fissures de retrait ou de défauts localisés, a laissé place, depuis 2010, à des techniques de calfeutrement par mastics organiques. Un cordon en mousse imprégnée et comprimé à la mise en œuvre reçoit, côté extérieur, un joint en mastic élastomère. Le premier assure l’étanchéité à l’air, le second l’étanchéité à l’eau.
Deux causes principales
Montage irrégulier de la maçonnerie de baie
• Les dimensions de la baie ne respectent pas les tolérances usuelles vis-à-vis des cotes de plans.
• Le tableau se présente avec du «faux aplomb » ou un défaut de parallélisme.
• L’appui de fenêtre et son rejingot ne sont pas bien plans et horizontaux, ou sont discontinus en raccordement aux tableaux.
• L’appui de fenêtre en maçonnerie est réalisé postérieurement à la pose de la menuiserie extérieure (impossibilité de mettre en œuvre le joint comprimé).
La réalisation du joint est imparfaite si le recouvrement de la menuiserie en vis-à-vis de la maçonnerie est insuffisant, si ce joint est d’épaisseur trop variable (la maçonnerie comporte des épaufrures ou des joints en creux). En effet, le cordon en mousse imprégnée est inefficace s’il n’est pas comprimé uniformément sur toute sa longueur.
Malfaçons lors de la pose
• La section du cordon est inadaptée à la taille de l’interstice à calfeutrer.
• Le mastic sélectionné n’est pas adapté à la taille de l’interstice à calfeutrer (l’épaisseur du mastic doit se tenir entre un minimum et un maximum).
• Le cordon en mousse imprégnée présente des discontinuités, notamment entre le rejingot et les tableaux.
• Le cordon en mousse imprégnée est trop ou insuffisamment comprimé entre menuiserie et maçonnerie.
• Le nettoyage des parois de contact n’a pas été réalisé.
Autres causes de sinistres
Fixation de la menuiserie
Un défaut de fixation des éléments de menuiserie, notamment dans les parpaings creux, peut être à l’origine de pénétration d’eau et d’air. En effet, l’instabilité de la menuiserie entraîne la rupture ou le décollement des joints en mastic élastomère, la décompression, voire le déplacement des cordons en mousse imprégnée.
Autres désordres présentant les mêmes symptômesUn défaut d’étanchéité de la menuiserie elle-même, par l’assemblage à la jonction traverse basse/montant vertical, l’obturation des dispositifs de récupération des eaux ou un défaut dans le joint entre le bâti et l’ouvrant peuvent entraîner des infiltrations. Mais ces points relèvent de vices de la menuiserie elle-même et non de la jonction menuiserie/maçonnerie.
À noter : les infiltrations d’eau se manifestent souvent en partie basse de la fenêtre, mais les parties supérieures ne sont pas exemptes de désordres.
L’apparition d’humidité en partie basse de la fenêtre peut provenir d’une malfaçon du calfeutrement en partie haute. En cas d’infiltration, l’examen complet du calfeutrement de la fenêtre doit être effectué.

Les bonnes pratiques

• Vérifier la compatibilité et la qualité des mastics : dimensions de l’interstice à calfeutrer, élongation et contraction minimales, compatibilité, adhésivité, durée de vie et stockage.
• Soigner la pose des fonds de joints.
• Porter un soin particulier au raccordement entre le cordon sous la traverse basse et les cordons verticaux.
• Rester dans les tolérances d’exécution : épaisseur et profondeur minimales de l’interstice, parallélisme des parois recevant le calfeutrement, et planéité de ces parois.
• Privilégier dans les ouvrages en béton armé la pose sur précadre inséré au coulage.
A consulter
NF DTU 20.1 : Ouvrages en maçonnerie de petits éléments.
NF DTU 36.5 : Mise en œuvre des fenêtres et portes extérieures.
NF DTU 44.1 : Étanchéité des joints de façade par mise en œuvre des mastics.

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°329

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