Humidité en sous-sol des bâtiments

Sujets relatifs :

PHOTO - 887533.BR.jpg

Le constat

Les infiltrations se manifestent sous diverses formes, depuis de simples traces d’humidité ponctuelles sur la face intérieure des murs périphériques ou à la jonction entre murs périphériques et dallage, jusqu’à l’inondation totale du sous-sol.
Ce type de désordre concerne notamment les sous-sols réalisés en maçonnerie de petits éléments, et principalement les maisons individuelles.

Le diagnostic

L’absence d’ouvrage

Les locaux destinés à être aménagés (atelier, buanderie, pièces habitables) doivent être protégés par des murs étanches et traités avec des complexes adaptés à cette fonction. Les locaux restant à l’état de cave peuvent tolérer des traces d’humidité, et les murs devront seulement être traités par un revêtement imperméabilisant.
• Cuvelage non prévu ni réalisé, alors que le niveau de la nappe phréatique est susceptible d’être supérieur à celui du dallage ;
• Cuvelage non prévu ni réalisé, alors que d’importants ruissellements d’eau souterrains sont susceptibles d’atteindre le sous-sol ;
• Drainage périphérique non prévu ni réalisé, alors que des eaux souterraines ou de ruissellement sont susceptibles de s’accumuler contre les murs de sous-sol.

Le mauvais choix des revêtements extérieurs

• Emploi de revêtements inadaptés sur la face extérieure des murs périphériques. Une simple émulsion bitumineuse appliquée directement sur la maçonnerie n’apporte pas de protection efficace contre les infiltrations d’eau. Il faut, au minimum, un revêtement à fonction imperméabilisante, type enduit de mortier ou enduit bitumineux. Voire un revêtement étanche (type membrane bitumineuse collée), qui interdit tout passage d’eau ;
• Les nappes à excroissances n’assurent aucune protection contre l’eau car, n’étant pas collées, l’eau les contourne. Elles n’assurent qu’une protection mécanique des revêtements ou sont intégrées à des systèmes de drainage en association avec d’autres matériaux.

Les défauts d’exécution

• Défauts d’exécution des drainages

• Drainage vertical inefficace : par absence ou mauvaise mise en œuvre de matériaux drainants ou de procédés drainants performants sur toutes les surfaces de murs enterrés ;
• Mauvais raccordement de ce drainage vertical avec les drains ;
• Utilisation de drains de type agricole (perforés de tous côtés) à la place de drains de type bâtiment (perforés uniquement sur le dessus) ;
• Insuffisance de pente des drains, contre-pente entraînant des rétentions d’eau ;
• Fil d’eau du drain plus haut que le sol intérieur du sous-sol ;
• Absence ou insuffisance d’exutoire des eaux recueillies par les drains. L’eau s’accumule alors contre les murs de sous-sol ;
• Absence de feutre géotextile, ou équivalent, empêchant le colmatage du système de drainage par entraînement des particules de terre ;
• Absence, mauvaise réalisation ou décrochage, par le compactage des terres de remblai, de la protection en tête du système de drainage (nappe à excroissances). La terre pénètre dans le système de drainage et le colmate ;
• Absence de regards de visite aux changements de direction des drains.

• Défauts d’exécution des revêtements extérieurs des murs périphériques

• Nombre de couches de produit de revêtement inférieur aux préconisations du fabricant ;
• Omission de l’enduit de mortier préalable à la mise en œuvre de certains produits bitumineux ;
• Discontinuités du revêtement extérieur ;
• Manques localisés de revêtement autour des châssis de sous-sol, aux attentes de murets sur rampe de sous-sol et au niveau supérieur des sols.

• Défauts d’exécution des abords

• Remblais de fouille mal ou non compactés. Les cavités présentes dans ces remblais favorisent l’accumulation d’eau contre les murs de sous-sol ;
• Présence de trottoirs et terrasses en pavés autobloquants posés sur lit de sable, en pied de façade. Ils constituent des réservoirs d’eau au contact des murs de sous-sol ;
• Niveau excessif des sols extérieurs par rapport à celui du revêtement extérieur des murs de sous-sol : les ruissellements de surface passent par-dessus les arases étanches. Les exigences en matière d’accessibilité des PMR nécessitent des dispositions particulières, au moins au droit des accès ;
• Les pentes dirigées vers le bâtiment favorisent l’accumulation d’eau contre les murs enterrés ;
• Les cours anglaises, sauts-de-loup et tout aménagement en cuvette contre les sous-sols, dépourvus de système de renvoi des eaux pluviales à bonne distance ;
• Défaut d’étanchéité des regards, réseaux enterrés, récupérateurs d’eau et autres à proximité des sous-sols ;
• Proximité excessive d’épandage de système d’assainissement non collectif ;
• Absence ou fuite de gouttières et descentes d’eaux pluviales.

Les bonnes pratiques

• Réaliser impérativement une étude de sol préalable approfondie pour prévenir de toute accumulation d’eau contre les sous-sols.
• Déterminer s’il faut un cuvelage ou un drainage périphérique, un revêtement imperméable ou étanche. Le cas échéant, renoncer à réaliser un sous-sol ;
• Éviter d’aménager ultérieurement en lieu de vie ou d’habitation un local en sous-sol non conçu initialement pour cet usage ;
• Mettre en place une ventilation des locaux en sous-sol ;
• Veiller à la bonne exécution des travaux prévus, en particulier au droit de tous les points singuliers, et dans le traitement des abords ;
• Solidariser les regards EP aux murs de sous-sols ;
• Utiliser des regards EP avec joints d’étanchéité en EPHD incorporés à la fabrication.

A consulter

NF DTU 20.1 : Ouvrages en maçonnerie de petits éléments - Parois et murs.
DTU 14.1 : Travaux de cuvelage.
BP X35-075 : Accessibilité des établissements recevant du public - Franchissement du dénivelé constitué par une marche d’entrée.
Principes constructifs pour l’Accessibilité des balcons, des loggias et des terrasses (CSTB).
Avis Techniques pour les procédés autres que traditionnels.

N°349

vous lisez un article des Cahiers Techniques du Bâtiment N°349

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2016 des Cahiers Techniques du Bâtiment

Nous vous recommandons

Informatique

Informatique

L’informatique révolutionne la façon de travailler au travers notamment des maquettes numériques et des outils collaboratifs. Plus qu’offrir un simple gain de temps, elle révolutionne le mode de[…]

21/12/2016 |
Un matériau durable et stable sans apport chimique

Un matériau durable et stable sans apport chimique

Un matériau artisanal à l’imagination débridée

Un matériau artisanal à l’imagination débridée

Matériaux

Matériaux

plus d’articles