HQE : une démarche qui poursuit son chemin

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HQE : une démarche qui poursuit son chemin

président de l’association HQE.

© (Doc. Didier Chatelain.)

Une méthode rigoureuse servant des objectifs ambitieux à la fois pour l’individu et pour la collectivité… : telle pourrait être une définition de la haute qualité environnementale (HQE), démarche concrète qui est la traduction opérationnelle du développement durable appliqué aux constructions.

La qualité environnementale d’un bâtiment comprend d’abord l’environnement in­térieur, celui du futur utilisateur. La HQE consiste alors à atteindre des objectifs de santé et de confort, comme la qualité de l’air intérieur ou le confort hygrothermique. Cette approche élargit le champ aux enjeux d’environnement pour la collectivité, de la bonne implantation du bâtiment dans sa parcelle, au chantier, au paysage et à l’effet de serre. Au total, ce sont ainsi quatorze « cibles » regroupées en quatre grandes rubriques qui permettent de décrire la qualité environnementale d’un bâtiment : « écoconstruction », « écogestion », confort et santé.

Le concept HQE a été créé pour intégrer l’environnement dans l’acte de bâtir. Contrairement aux produits industriels, répétitifs par nature, les œuvres bâties constituent une aventure à chaque fois renouvelée en termes de site d’implantation spécifique, d’équipe de production constituée autour du maître d’ouvrage avec de nombreux professionnels, d’impact environnemental largement marqué par la « vie en œuvre » auquel s’ajoute, bien sûr, la construction proprement dite, les transformations successives du bâtiment et sa « fin de vie ».

L’objectif de la HQE est simple : obtenir le meilleur résultat possible dans un contexte donné. L’exigence et la souplesse sont présents dans cette définition, car on ne saurait définir une fois pour toute en quoi consiste la qualité d’une opération. Il faut à l’évidence s’adapter au terrain, à l’usage envisagé pour un bâtiment, à son évolution possible, aux compétences et aux usages locaux. Il est en revanche nécessaire de définir les paramètres qui composent la qualité environnementale d’un bâtiment, de manière à fixer le cadre pour chercher l’excellence. La qualité environnementale d’un bâtiment telle que nous l’entendons est celle que l’on évalue sur le cycle de vie de l’ouvrage, avec son impact tout au long de sa vie jusqu’à sa démolition finale, et non celle de la somme des matériaux nécessaires pour le construire.

C’est donc un être hybride qui est né sous le nom de HQE, à la fois démarche de type qualité, avec sa rigueur et un descriptif des éléments qui constituent la qualité d’un bâtiment. Le management de l’opération est appliqué à une grille d’analyse des enjeux. Cela permet notamment au maître d’ouvrage de s’interroger sur les paramètres les plus importants pour son projet et de porter ensuite un effort particulier sur les points les plus sensibles. C’est ainsi que l’on s’adapte aux circonstances précises d’un projet, avec la souplesse nécessaire pour « coller » au terrain, tout en recherchant un résultat de haut niveau. Sans obligation de management, seule une liste de performances générales à atteindre pourrait être retenue, avec un caractère systématique et rigide qui ne pourrait rendre compte des spécificités locales. Reste à donner à la HQE les armes dont elle a besoin pour être reconnue et lui éviter les « contrefaçons ». Sans pour autant la brider dans sa créativité, ni oublier d’y intégrer le management et les performances.

C’est l’enjeu des travaux en cours pour parvenir à une certification de la démarche, qui s’appuiera notamment sur les conclusions d’expériences. Une autre voie d’évolution de la démarche HQE est son développement dans les domaines de l’aménagement et du génie civil. Mais si elle s’y applique à l’évidence dans ses principes généraux, le travail de transcription à ces nouveaux champs reste encore à faire.

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