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HQE = haute qualité de l’éclairage ?

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HQE = haute qualité de l’éclairage ?

Jean-Michel Trouïs, vice-président du Syndicat de l’éclairage et président de la Division éclairage architectural.

© (Doc. P.Tournebœuf.)

Comme beaucoup d’autres, notre organisation professionnelle – qui rassemble les industriels des lampes, des luminaires et des systèmes de contrôle, commande et gestion automatique de l’éclairage – a comme objectif prioritaire la qualité des matériels et des études. Mais que d’écarts parfois entre les qualités prescrites et attendues et la réalité constatée lorsque le bâtiment entre en exploitation.

Il y a quelques mois, le directeur général de l’Agence qualité construction évoquait dans cette chronique, les efforts développés pour réduire les taux encore trop élevés de sinistres et de non qualité, essentiellement dans le gros œuvre. La situation du second œuvre n’est pas plus satisfaisante. L’éclairage, qui associe fourniture de matériel, prestations d’études et d’ingénierie, techniques d’installation et enjeux esthétiques, en est d’ailleurs une bonne illustration. Si les signes de qualité, référentiels techniques et règlements se multiplient, ils sont souvent mal connus et peu suivis.

Notre responsabilité d’industriel est de répondre aux exigences essentielles de qualité et de sécurité édictées par la loi. Ce socle de la qualité a un caractère obligatoire : sécurité générale du produit, compatibilité électromagnétique, efficacité énergétique des ballasts pour lampes fluorescentes font l’objet de directives européennes, et le fabricant doit apposer le marquage CE pour signifier qu’il respecte ces exigences. Pour certifier à l’acheteur ce niveau de qualité, nous avons demandé et obtenu de l’Europe, en 1991, la création de Enec, une marque européenne de qualité, une sorte de NF européenne pour les matériels d’éclairage. Sa présence sur le produit indique que la conformité est régulièrement vérifiée par un organisme indépendant. Mais le coût de cette marque ­volontaire renchérit celui des produits…

Il faut donc vérifier la sincérité du marquage CE annoncé ; c’est pourquoi, alertés par nos adhérents et certains maîtres d’œuvre, nous avons fait tester cet été des luminaires vendus en France :projecteurs, encastrés, réglettes fluorescentes, des luminaires low-cost, professionnels ou semi-professionnels. Les résultats : sur 17 produits suspects, 11 d’entre eux s’avèrent non­conformes à la norme, dont 5 doivent être considérés comme dangereux. ­Notre rôle est d’informer la ­Dgccrf, les douanes, et nos partenaires, des résultats de ce sondage, désormais réguliers.

La qualité du produit va bien entendu au-delà du seul respect des règlements : nous participons à l’élaboration des normes harmonisées, d’application volontaire, mais seuls outils objectifs d’évaluation des niveaux de qualité atteints par les produits. Il existe ainsi aujourd’hui une norme pour calculer les répartitions et effets de lumière de nos luminaires. Nous avons publié sur syndicat-eclairage.com l’engagement de chacun de nos membres à publier ces performances photométriques selon ce référentiel. C’est un critère objectif de plus pour comparer les produits, et un moyen de combattre la présence sur le marché de luminaires affichant des valeurs mensongères.

Je n’ai évoqué ici que certains aspects de qualité de l’éclairage relatifs au produit, il en existe d’autres liés au projet d’éclairage, à l’installation et à l’exploitation. Les normes et recommandations qui s’y rapportent sont des contraintes, mais dans le sens où le respect de l’orthographe et de la syntaxe en sont aussi. Les normes européennes sur l’éclairage des lieux de travail, l’éclairage sportif ou l’éclairage public, éditées par l’Afnor, n’ont pas pour but de brider la créativité mais de fournir des garde-fous.

Soyons attentif à ce que ces Hautes qualités et Hautes performances mises en avant aujourd’hui ne cachent pas la forêt des qualités modestes et essentielles que l’on peut attendre d’un cahier des charges respecté : maîtrise des effets lumineux et calorifiques, utilisation rationnelle de l’énergie, facilité de maintenance et d’entretien, contrôle-commande et gestion via l’électronique, durabilité…

C’est la qualité au quotidien des produits et services associés que nos ingénieurs savent définir avec la maîtrise d’œuvre et la maîtrise d’ouvrage.

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