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Gros œuvre Mise en œuvre de bétons colorés dans la masse

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Gros œuvre Mise en œuvre de bétons colorés dans la masse

1. bicoloration de la facade.

Trouver un colorant de béton autoplaçant et obtenir des séparations nettes de coloris sur un même parement sont les deux grandes difficultés de coulage résolues sur ce chantier.

Les concepteurs du centre multi-accueil de la ­petite enfance de Versailles ­(Yvelines) souhaitaient animer les façades de ce bâtiment R  3 de forme parallélépi­pédique pour donner l’apparence d’un emboîtement de différents volumes cubiques. Ils ont donc choisi de colorer les bétons banchés (dans la masse), selon trois tons uniformes de gris : clair et foncé en façade, gris moyen en pignon. L’emplacement du terrain (zone d’habitation) interdisait l’usage de vibreurs du béton, trop bruyants. Les voiles verticaux des structures porteuses et des façades, destinés à rester bruts de décoffrage, ont donc été réalisés en béton autoplaçant intégrant un colorant dans sa masse. Son coulage a doté le bâtiment d’un parement lisse d’aspect glacé, sans bullage ni raccords visibles entre les secteurs teintés. De plus, certaines parties de la façade devant être habillées d’un revêtement en Alucobon – au même nu extérieur que les surfaces en béton brut – des décrochés ont été imposés dans les voiles en béton.

Cette réalisation comportait deux difficultés : une incompatibilité entre les colorants classiques du béton et les banches métalliques initialement prévues ; la nécessité de réaliser une étanchéité parfaite entre les jouées de limitation des zones teintées et les banches.

Des essais de coulage du ­béton liquide, destinés à trouver la meilleure viscosité pour éliminer tout risque de bullage, montraient une ségrégation des colorants rendant la surface inesthétique. La charge magnétique de la banche en acier – née pendant le coulage – « aspirait » les oxydes métalliques du colorant et générait ce désagrément. L’utilisation de colorants synthétiques n’offrit pas de meilleurs résultats car, pour garantir la stabilité des couleurs, les fabricants incorporent 30 % d’oxydes métalliques. La solution : des banches en bois, magnétiquement neutre. Elles comportent de nombreux raidisseurs et dispositifs de sécurité et d’étaiement pour éviter les déformations lors du coulage et garantir la bonne planéité des surfaces brutes finies. Cette version a rendu plus facile « l’amarrage » des écarteurs et la mise en place des réservations. Seul inconvénient, les réservations vissées pour résister à la pression du béton (inserts, décaissés, engravures) détériorent la peau du coffrage qui devait être régulièrement remplacé (quasiment impossible sur le chantier).

Des joints nets entre les différents tons de gris

Par cette technique, les teintes de gris sont restées homogènes sur toute la surface et les taches blanchâtres apparues au décoffrage ont été éliminées sans difficulté lors de la pose du revêtement antigraffitis. Afin de garantir des délimitations nettes entre les différents tons de gris, les voiles ont été coulés en plusieurs fois : chaque élément monocolore étant banché et délimité par des jouées ou par l’élément précédemment coulé. Le serrage, l’écartement et la nature du matériau ont imposé aux équipes un « tour de main » spécifique afin d’éviter la dégradation des banches, conséquence d’une utilisation répétée. En ­effet, sous la forte pression générée par le coulage d’un matériau très fluide, un faible serrage peut entraîner des fuites de laitance disgracieuses au droit des « raccords » entre éléments de teintes différentes. Un fort serrage ­accroît les risques de détérioration de la peau coffrante et la perte de la qualité de surface du voile. Un soin particulier a été porté à l’étanchéité entre les composants du coffrage pour supprimer les coulées de laitance dues à la grande fluidité du béton, par l’emploi de joints d’étanchéité entre les jouées et les banches qui résistent à la pression du béton, et le repliement des aciers en attente, afin d’éviter de percer les jouées. Ces aciers sont ensuite dépliés après décoffrage.

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