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Gros œuvre 4 500 m2 de planchers collaborants à isolation intégrée

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Gros œuvre 4 500 m2 de planchers collaborants à isolation intégrée

Avec un poids de 200 kg/m2,ce système de plancher collaborant est 2,5 fois plus léger qu’une dalle de béton de 18 cm d’épaisseur.

Outre sa légèreté, cette solution mixte acier/béton s’est révélée adaptée aux contraintes d’un chantier en centre-ville. Parmi ses atouts, des nuisances et délais réduits et un stockage limité.

Au cœur de ­Marseille, à l’angle de la ­Canebière et du boulevard ­Garibaldi, l’ancien hôtel de Noailles a fait l’objet d’une profonde réhabilitation afin d’accueillir l’hôtel de police du ier arrondissement. La configuration initiale de ce bâtiment haussmanien de la deuxième moitié du xixe siècle ne correspondant pas aux besoins actuels, seules les façades sur rues et sur cour ont été conservées. Fondées sur des pieux en bois, celles-ci ne pouvaient tolérer de descentes de charges supérieures à celles existantes, conditionnant ainsi le choix de planchers légers réalisés selon le procédé Cofradal 200 de la société ID Structures.

Primé au concours Batimat de l’Innovation en 2001 et ­bénéficiant d’un Avis technique ­depuis mai 2004, ce système collaborant présentait l’avantage d’être environ 2,5 fois plus ­léger qu’une dalle de béton pleine de 18 cm d’épaisseur, pour des performances acoustiques équivalentes.

Un affaiblissement acoustique de 58 dB

Le procédé est caractérisé par un poids de 200 kg/m2 avec un affaiblissement acoustique de 58 dB dans sa version seul et de 64 dB avec un faux plafond.

Il s’agit d’un système de plancher mixte acier/béton se ­présentant sous forme de panneaux de 1,20 m de largeur, et d’une portée limitée à 7 m (ici, 5 à 7 m). D’une épaisseur totale de 20 cm, chaque panneau associe un profilé métallique, une âme en laine de roche d’une densité de 50 kg/m3, un treillis soudé et une dalle de compression en béton. Le profilé métallique, en tôle d’acier galvanisée de 1 mm d’épaisseur, travaille en tension et constitue l’armature princi­pale du système. Situé en sous-face du complexe, il évite tout étaiement à la mise en œuvre. Il existe en finition brute ou prélaquée, mais peut aussi (comme dans ce cas précis) être habillé d’un faux plafond.

Les panneaux de laine de roche jouent, quant à eux, le rôle de coffrage perdu pour le coulage de la dalle de compression en usine. Ils assurent par ailleurs l’isolation thermique et acoustique des planchers tout en autorisant une protection coupe-feu grâce à l’intégration d’armatures de renfort noyées dans la partie béton entourant les plateaux. Sur le chantier de l’hôtel de ­police de Marseille, la protection CF exigée était de 90 minutes, mais elle peut atteindre 120 minutes sans protection rapportée. Le treillis soudé complète l’armature du plancher et joue un rôle antipoinçonnement sous des efforts concentrés. Il est soudé sur les lèvres du profilé métallique évitant ainsi le glissement du béton par rapport à l’acier. Enfin, la dalle de compression est coulée en usine ou sur chantier lorsque la configuration du chantier ne permet pas l’emploi d’élément préfabriqué.

Dans les zones à risque, une solution traditionnelle en béton

Les planchers de l’hôtel de ­police de Marseille ont principalement été préfabriqués en usine, à l’exception de la partie située à l’angle de la Canebière et du boulevard Garibaldi.

En effet, des bielles de contreventement, mises en place au cours de la phase de démolition, ­gênaient les opérations de levage. Dans cette zone, l’entreprise a eu recours aux éléments manuportables du système ­Cofradal 200, ces derniers équivalant à des éléments complets moins la dalle de compression, réalisant sur chantier le coulage de la dalle de béton. Par ailleurs, dans les zones dites à risque (plancher haut des cellules de garde à vue et plancher de l’armurerie), une solution traditionnelle en plancher béton a été retenue, à la fois pour des questions de sécurité et de surcharges élevées (en ce qui concerne l’armurerie, environ 1 000 kg/m2).

Selon le procédé, les dalles ne sont utilisées qu’en travée simple. Elles sont reprises linéairement d’un côté sur des voiles en béton armé, de l’autre sur les façades existantes après création d’un corbeau périmé­trique en béton armé. Ce dernier est maintenu par des consoles courtes en acier, ancrées tous les 2,70 m dans les façades. Les dalles sont posées jointivement et assemblées par une liaison mécanique de type tenon/mortaise, complétée par un joint de clavetage en mortier à retrait compensé.

8 à 10 jours de montage par niveau de 600 m2

Outre son intérêt technique, l’utilisation du procédé ­Cofradal s’est révélée particulièrement adaptée à la réhabilitation de l’hôtel de Noailles et plus largement aux problématiques des chantiers en site urbain. S’agissant d’une technique de préfabrication, le procédé bénéficie de tous les avantages de la filière sèche : cadences de pose plus élevées (8 à 10 jours par niveau de 600 m2 contre 12 jours pour des prédalles classiques), réduction des nuisances sonores (faible utilisation du béton coulé), des déchets, faible production de poussières… La mise en œuvre étant réalisée au fur et à ­mesure de la livraison des dalles sur site, l’aire de stockage a par ailleurs pu être réduite. Enfin, autre avantage pour les corps d’État secondaires : la possibilité de suspendre des charges inférieures à 50 daN/m2 grâce à des vis ou des suspentes.

D’un point de vue économique, la solution mixte est sensiblement équivalente à celle d’un plancher traditionnel avec un coût fourni posé de l’ordre de 55 à 60 e HT/m2. Enfin, bien qu’initialement destiné à la réalisation de bâtiments industriels ou tertiaires, le système ouvre de nouvelles perspectives dans le domaine de l’habitat collectif, perspectives élargies par la possibilité d’intégrer à terme un réseau de production de chaleur ou de froid.

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