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GROS OEUVRE BAP blanc pour voiles courbes et matricés de 10 m de hauteur

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GROS OEUVRE BAP blanc pour voiles courbes et matricés de 10 m de hauteur

La nouvelle salle polyvalente du quartier de Mireuil, à La Rochelle, a nécessité la mise en œuvre de 400 m3 de béton blanc autoplaçant Isytecvoil pour réaliser des voiles courbes complexes, comportant des matrices atteignant 4 cm d’épaisseur, les pignons sud et nord présentant, de plus, la particularité d’être inclinés de 8 à 16°.

Ce bâtiment de 1 650 m2, situé avenue Kennedy à La Rochelle, remplira à la fois la fonction de salle des fêtes, pour l’accueil de manifestations publiques ou privées et de salle de spectacle. Le nouvel espace culturel disposant d’une capacité d’accueil atteignant 400 personnes selon la configuration retenue. L’ensemble se compose d’une entrée, donnant sur le foyer, d’un bloc de service regroupant la cuisine, les toilettes et différents locaux de service.

Le projet, qui s’inscrit dans un contexte paysager et bâti existant, se caractérise par sa forme incurvée, issue de la configuration propre du site et liée à l’implantation choisie.

Une formulation pointue

Principales difficultés techniques, dictées par les choix architecturaux : l’exigence de murs blancs et la réalisation d’une grande frise de personnages de spectacles, sculptés dans les voiles.Une frise étant obtenue via la mise en œuvre d’un décor matricé atteignant 4 cm d’épaisseur. Autrement dit, la nécessité d’employer un coffrage bois traditionnel (Peri), revêtu d’une peau en polyuréthanne.

Pour répondre à l’ensemble de ces exigences, les techniciens d’Unibéton ont donc développé une formulation spécifique, « des essais en grandeur nature étant réalisés in situ sur un voile test », commente Karine Merriaux, responsable technique régional Unibéton Ouest Pays de la Loire.

Dans la pratique, le béton mis en œuvre (400 m3 au total), composé de ciment blanc CEM 2 42,5 Ciments Calcia de Cruas et de granulats GSM, s’avère un savant mélange d’addition calcaire et de superplastifiant, avec un rapport G/S proche de 1. « L’objectif était en effet de concilier robustesse, fluidité importante pour remplir parfaitement la matrice et dynamisme, afin de contrebalancer les effets liés à la viscosité et éviter ainsi, toute formation de nids de granulats ».

Une mise en œuvre adaptée

À noter que les coulages ont été réalisés au moyen de bennes à manche, afin de limiter les hauteurs de chute et donc, là encore, les risques de ségrégation. « La vitesse de bétonnage a dû également faire l’objet d’une adaptation constante aux contraintes de pression admissibles par les coffrages », ajoute Karine Merriaux. Compte tenu de l’aspect monolithique du projet, une continuité parfaite des murs matricés était, par ailleurs, indispensable. Cette difficulté supplémentaire a été résolue en calant très précisément les lés de la matrice (110 x 728 cm) à l’intérieur de la banche courbe (660 x 1 000 cm), ainsi que par le raboutage à la banche équipée au droit du mur déjà coulé.

Précision : un travail important a également été mené sur les cires de décoffrage (Reckli). Si l’ensemble des voiles est courbe, deux d’entre eux présentent des particularités géométriques supplémentaires. Le pignon nord, incliné à 8°, a nécessité un coulage et un décoffrage spécifique, l’ensemble étant réalisé en trois rotations de banches avec étaiement à l’avancement.

Un projet moins agressif pour l’environnement

Quant au pignon sud, il se différencie par son inclinaison de 16° et sur le fait que la prise d’appui s’effectue sur seulement deux poteaux de 2,20 m de hauteur. Cet espace, libéré sous le mur de la façade d’entrée, offre ainsi un accès total au hall d’accueil. Il a été rendu possible par la réalisation d’une poutre voile de 26 mde portée. Le bâtiment, qui bénéficie également de performances énergétiques supérieures de 10 % par rapport à la réglementation en vigueur, comportera une toiture végétalisée qui offrira, outre une meilleure intégration paysagère, des performances accrues en termes d’isolation acoustique et d’inertie thermique, tout en minimisant les rejets d’eaux de pluie.

Un réseau de puits canadien garantira, par ailleurs, des économies d’énergie en assurant le préchauffage/prérafraîchissement naturel de l’air avant régulation de la température par la centrale de traitement d’air.

Une ventilation double flux contribuera également à la récupération de 50 à 60 % d’énergie sur l’air extrait, tandis que les eaux de pluie seront récupérées et utilisées pour alimenter les sanitaires couplés à des équipements économes en eau. Dernier point : des capteurs solaires, installés en toiture, assureront l’alimentationen ECS.

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