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Grande-Bretagne Exemple d’écoconception en préfabrication

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Grande-Bretagne Exemple d’écoconception en préfabrication

La charpente métallique et les poutres Vierendeel en porte-à-faux ont servi de supports pour le système de plancher en béton préfabriqué avec plancher flottant en contreplaqué lasuré.

Fruit d’une collaboration franco-britannique en faveur de la qualité architecturale et urbaine du logement social au Royaume-Uni et en France, les logements sociaux de Bourbon Lane à Londres sont emblématiques des recherches en cours, de part et d’autre du Channel.

Soutenue en Grande-Bretagne par la Commission pour l’architecture et l’environnement bâti (Cabe) et en France par la Direction de l’architecture et du patrimoine (Dapa), l’initiative franco-britannique en faveur de la qualité architecturale et urbaine du logement social a pour objectif de soutenir des projets expérimentaux franco-britanniques. Elle a abouti à un concours de maîtrise d’œuvre en 2003 et le projet retenu pour White City à l’ouest de Londres a été celui présenté par l’équipe Cartwright Pickard Architects (Londres) et B C architectes (Paris). Ce quartier – qui doit son nom à de grands hangars habillés de marbre blanc construits à l’occasion de l’exposition franco-britannique de 1908 – a fait l’objet d’une grande opération de rénovation urbaine. Cette opération d’environ un million de m2 comportait la construction d’un centre commercial et de loisirs, ainsi que de nouvelles infrastructures de transports en commun. Caractéristique anglaise : la législation impose l’édification de logements sociaux dès lors qu’il y a construction d’un centre commercial. Le promoteur a donc l’obligation de vendre une partie de la parcelle à un prix attractif. Une manière de faire baisser le coût du foncier qui, à ­Londres plus qu’à Paris, est le problème majeur des bailleurs sociaux. « L’insertion urbaine d’un centre commercial de cette taille sur une parcelle en forme de L d’environ 0,81 hectare nous a posé des problèmes d’échelle et de relation avec l’espace public environnant », explique Dino Coursaris de l’agence B C. De plus, l’entrée principale du centre était située du côté opposé au nouveau quartier et ledit centre se présente sous forme d’une muraille impénétrable avec un mur d’enceinte totalement aveugle d’une hauteur de 8 à 9 m. « Deux problématiques nous ont semblé importantes : réduire l’impact de ce complexe « introverti » qui tourne le dos au quartier d’habitation, et mettre en scène le long mur d’enceinte », explique l’architecte.

La solution envisagée dans les études de faisabilité de l’organisateur du concours était de prolonger la structure urbaine du quartier victorien au sud. Une réponse formelle qui ne prenait pas en compte la présence et l’impact du futur centre commercial.

Charpente métallique et structure bois

« Nous avons donc implanté les bâtiments d’habitation perpendiculairement à l’enceinte du centre commercial, selon un système de « peigne », ce qui permettait de donner des jardins privatifs aux logements situés en rez-de-chaussée », ajoute l’architecte. Le projet final comprend huit bâtiments de R  1 à R  4 en porte-à-faux, perpendiculaires et adossés au mur en brique du centre. Entre les bâtiments, alternent des espaces verts privatifs et des jardins,

avec des espaces semi-publics, dit « mews ». Les logements sont organisés en « houses » en duplex, avec rez-de-chaussée et premier étage, et aux étages supérieurs des logements collectifs sont en superposition. Chaque porte-à-faux comprend un logement avec une grande toiture-terrasse. La structure des bâtiments, en charpente métallique pour les bâtiments avec porte-à-faux, est celle qui répondait le mieux aux contraintes constructives et environnementales. Les deux bâtiments à l’extrémité est du site, composés uniquement de maisons de ville, sont entièrement en ­structure bois.Le projet est certifié « Ecohomes » à un niveau « very good » ou niveau 3 sur 4, pouvant atteindre 4 sur 4 avec des aménagements complémentaires prévus dans le futur.

Pour parvenir à ce ­niveau, les concepteurs ont choisi :

– de jouer sur la double orientation des bâtiments et de réduire ainsi les demandes énergétiques pour l’éclairage ;

– d’installer un mode de chauffage central en cogénération, fournissant eau chaude, chauffage et électricité à l’ensemble des ­logements. Cette solution permet d’optimiser les dépenses énergétiques et réduit considérablement les émissions de CO2 ;

– de garantir un niveau d’isolation thermique très élevé, 20 à 25 % au-dessus du minimum réglementaire permettant de réduire les dépenses énergétiques des locataires ;

– d’équiper chaque logement d’un système de ventilation à double flux avec extraction à vitesse variable par les pièces humides et amenées d’air frais dans les circulations et d’intégrer également un récupérateur de chaleur ;

– de concevoir des panneaux préfabriqués en usine avec isolants thermiques intégrés, aux joints scellés sur site permettant ainsi d’améliorer l’étanchéité à l’air ;

– d’utiliser des bois de bardage et de charpente de sources renouvelables.

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