GA Smart Building veut pousser la construction hors site

Stéphanie Obadia
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GA Smart Building veut pousser la construction hors site

Le groupe aura mis treize  mois pour concevoir et bâtir la plus grande plateforme logistique de France au profit d'Amazon (livraison septembre 2018).

Privilégier la préfabrication, améliorer l’empreinte carbone de ses opérations, développer des solutions mixtes bois béton et optimiser les délais par l’approche modulaire font partie des objectifs de GA Smart Building.

Ça bouge chez GA Smart Building, acteur depuis 140 ans de la promotion immobilière et du bâtiment. En 2017, ce concepteur, constructeur, promoteur et gestionnaire d’immeubles tertiaires a commencé par structurer son capital – les collaborateurs sont devenus actionnaires majoritaires à 60 % – puis à s’agrandir avec l’acquisition d’Ossabois en 2018, entreprise spécialisée dans la préfabrication et la construction modulaire bois.

Un changement de dimension, puisque le groupe emploie désormais 675  personnes (500  avant l’acquisition), dispose de huit usines contre cinq auparavant et s’attaque au résidentiel contre principalement le tertiaire. L’entreprise connaît un beau développement : GA Smart Building a réalisé un chiffre d’affaires de 200  millions d’euros en 2017 et le prévisionnel pour 2018 est de 275 millions d’euros (comprenant alors les résultats d’Ossabois).

Industrialiser avant tout

Les ambitions du groupe sont claires : GA Smart Building souhaite s’inscrire davantage dans la construction hors site. Une direction qui avait été prise dès 1970 pour maîtriser la qualité des produits, tenir des délais toujours plus courts. Pour GA, nul doute, l’industrialisation de la construction permet une nette réduction des délais. Exemple avec le site d’Amazon à Brétigny-sur-Orge de 142 000  m² dédié à la distribution des petits objets. Le projet est gagné en juillet  2017, les études ont été faites en août et entièrement modélisées en BIM. Les travaux ont débuté il y a un an et la livraison est prévue pour septembre  2018. En treize  mois, la plus grande plateforme logistique de France aura été conçue et construite.

« De tels délais n’auraient pas été possibles sans notre approche hors site ni sans le BIM, qui a permis l’optimisation de la synthèse et de la planification », explique David Lannelongue directeur de l’usine de Labège, Prega, une des trois usines de structures béton de GA Smart Building. Le BIM est une évidence pour le groupe qui emploie pas moins de 50  ingénieurs et projeteurs rien que pour la programmation et le dessin de la préfabrication. « Depuis 2014, tous nos projets sont modélisés en 3D (logiciels Tekla et Armaor), et réalisés en BIM que le client le demande ou pas. Ce plan, qui suit toute la chaîne, est consulté dès la conception dans nos usines. Il sert également à la programmation, au chiffrage des coûts… », indique Kader Guettou, directeur général de GA Entreprise.


Cependant, de la maquette numérique au lean manufacturing, GA a encore du chemin à parcourir. « Nous n’y sommes pas encore, indique le directeur. Chaque bâtiment et chaque élément que nous fabriquons et concevons est différent. Nous n’avons pas encore trouvé l’équilibre technique et financier d’une robotisation totale. » La marche à franchir est grande : sur le site de Labège, près de Toulouse, certains postes de fabrication sont encore manuels et peu automatisés. En sortent néanmoins 6 000  pièces béton par an (22 000  pièces par an sur les trois sites de préfabrication béton). « Nous sommes engagés dans l’industrialisation de la construction depuis les années 1960. Le coffrage, le ferraillage sont encore difficiles à automatiser pour les ouvrages que nous réalisons, mais nous sommes à la croisée des chemins. D’une manière générale, l’industrie du bâtiment a fait très peu de gain de productivité au regard des autres industries. Nous sommes convaincus d’être dans la bonne direction et que nous devons faire bouger les lignes de notre secteur », poursuit-il.

Prendre les avantages du bois et du béton

Pour Kader Guettou, « il faut pousser les feux sur la construction hors site pour construire plus vite, mieux et améliorer les bilans environnementaux, sociétaux de nos constructions, mais aussi répondre à des projets dont les formes se complexifient et au manque de main-d’œuvre qualifiée sur les chantiers ». Un axe fort qui explique l’acquisition d’Ossabois en cohérence avec la stratégie du groupe et qui pourrait être vecteur d’innovations. « Nous sommes dans une phase d’intégration et de convergence avec Ossabois. Cette acquisition nous pousse à des transformations sur les technologies, les marchés, les produits mixtes. »

Elle invite aussi l’entreprise à réfléchir aux avantages de chacun des matériaux et d’utiliser le bon au bon endroit, comme proposer des modules 3D en bois avec une chape en béton pour apporter la rigidité et gagner en épaisseur, réaliser les éléments pour centrales de traitement d’air en bois plutôt qu’en béton, réaliser des bâtiments mixtes bois béton où le bois serait présent aux derniers niveaux ou proposer des blocs sanitaires en 3D et en structure bois avec une finition traditionnelle. Une solution déjà déjà expérimentée sur un campus tertiaire de 56 000  m² au Plessis-Robinson.

Quelques pistes d’innovations

Comment réaliser des bâtiments personnalisés et composés d’éléments standards ? Comment aller plus loin dans l’industrialisation des bâtiments tout en continuant à proposer des bâtiments sur-mesure ? Quelques pistes sont évoquées à demi-mot par Kader Guettou. Un projet pilote est, par exemple, mené par le Design Studio GA en collaboration avec l’agence Inedit Architecture afin de repenser la conception des bâtiments pour aller encore plus loin dans la construction industrialisée hors site. La conception architecturale directement à partir d’éléments de base issus de la base de données du constructeur industriel est aussi un axe de développement. D’autres études sont aussi réalisées en interne sur la construction en 3D. Le directeur évoque même la possibilité d’utiliser la robotisation et l’impression 3D en usine pour des moules complexes et sur chantier pour certaines pièces. Ou encore la digitalisation du chantier avec, par exemple, la réalité augmentée embarquée pour les chefs de chantier.

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