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Façade-rideau Un procédé qui désolidarise la façade du gros œuvre

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Filant devant la structure porteuse sans participer aux efforts de reprise de charge ni à la stabilité d’ensemble, le mur-rideau permet d’accélérer la mise hors d’eau et hors d’air des bâtiments. Il libère dans le même temps la conception architecturale, tout en autorisant la réalisation de grandes surfaces vitrées. Plus onéreux qu’une solution traditionnelle, il demeure néanmoins l’apanage des immeubles tertiaires.

L’origine du mur-rideau contemporain se fond dans l’histoire des gratte-ciel américains et européens des années 50 et 60. Quelques ouvrages innovants en ont auparavant jeté les principes, à l’instar de la Maison du peuple de Clichy (92), construite en 1939 par les architectes Eugène Beaudouinet Marcel Lods avec le concours des ateliersJean Prouvé (1).

D’un poids inférieur à 100 kg/m3, contre plus de 200 kg/m3 pour une façade en béton ou maçonnerie, un mur-rideau est avant tout une façade légère qui a l’avantage d’alléger la structure primaire des bâtiments. Sa recette est simple : une ossature très fine sur laquelle sont fixés des éléments de remplissage de nature variée : produits verriers, pierre, céramique, bois, métal, polycarbonate, panneaux-sandwichs…

Son ossature est constituée de montants et de traverses, venant se reprendre sur la structure primaire par un système d’attaches. Elle utilise majoritairement l’aluminium pour répondre à un souci de légèreté et de tenue à la corrosion et se décline en profilés extrudés tubulaires de finition anodisée ou thermolaquée. Ces derniers ont déjà fait l’objet d’une cure d’amincissement, réclamée par des concepteurs en quête de transparence, puisque leur largeur vue s’établit aujourd’hui autour de 50 mm, contre 60 à 80 mm avant les années 1985. En contrepartie, ils ont connu une augmentation de leur profondeur, qui est passée de 80 mm dans les façades de première génération à 100, voire 120 mm.

Gagnant en inertie, les profilés ont ainsi permis d’accompagner l’évolution des façades. « Dans les années 80 et 90, les murs-rideaux étaient composés d’une partie vitrée et d’une allège en remplissage de panneaux isolants, les trames étant plutôt de l’ordre de 1,25 ou 1,35 m et les volumes verriers assez petits », se souvient Pierrik Letanneur, chef de marché Bâtiment de Technal. « Aujourd’hui, la tendance est davantage aux trames de 2 m de large sur 3 m de haut, avec des parois totalement vitrées. »

Outre l’aluminium, quelques fabricants proposent des systèmes en acier pour faire face à des charges importantes (jusqu’à 1 500 kg contre 400 kg en moyenne pour l’aluminium), ou répondre à des exigences de tenue au feu élevées. À noter, cependant, que des solutions en aluminium avec inserts intumescents sont à l’étude. Il existe également des murs-rideaux à ossature bois, appréciés pour leurs performances thermiques et leur esthétique.

Grille, trame horizontale ou verticale

La typologie des murs-rideaux a pour sa part connu nombre d’évolutions et compte aujourd’hui sept grandes figures dont les différences résident principalement dans le mode de maintien ou l’assemblage des remplissages :

• La façade à capot serreur, dite « façade grille », est la plus basique d’entre elles. Ses éléments de remplissage sont tenus sur quatre côtés par des profilés serreurs, filant à l’horizontale et à la verticale, ce qui visuellement lui donne un aspect de grille. Les profilés sont habillés par des capots, qui participent à l’étanchéité et à l’esthétique.

• Le mur-rideau à trame horizontale, apparu à la fin des années 80, est une déclinaison de la façade grille. Les vitrages y sont maintenus par des profilés horizontaux, soulignant les lignes horizontales de la façade, tandis que leurs côtés verticaux sont positionnés bord à bord, moyennant un joint d’étanchéité de type Epdm ou silicone.

• Le mur-rideau à trame verticale, utilisé depuis une quinzaine d’années, est également une variante de la façade grille. Les capots serreurs sont ici verticaux. « Dans la façade à trame horizontale ou verticale, chaque élément de remplissage est maintenu sur deux côtés par des serreurs, mais il est également repris ponctuellement sur ses deux autres côtés par des rosettes (de 6 cm de diamètre), fixées à travers les joints. Celles-ci permettent de s’affranchir des exigences en matière de résistance à la pression et à la dépression et de répondre au DTU 39 sur les produits verriers », note Cédric Puyou, directeur des ventes de façades chez Schüco. « Les façades à trame horizontale et à grille standard sont aujourd’hui les plus demandées par les architectes, qui ont de plus en plus tendance à travailler la forme et l’aspect des capots utilisés », précise quant à lui Pierrik Letanneur.

• La façade VEP (Verre extérieur parclosé) possède de son côté un aspect de cadres ou de damiers, séparés par des joints creux. Pour la réaliser, explique Cédric Puyou : « On ne vient pas plaquer l’élément de remplissage contre la structure porteuse, puis mettre un serreur. Ici, on emboîte des cadres sur l’ossature montants-traverses, les éléments de remplissage étant tenus par une parclose ». Chaque cadre est indépendant et dispose de sa propre barrière d’étanchéité à l’eau et à l’air.

Murs-rideaux double peau

• La façade VEC (Verre extérieur collé), développée dans les années 90, se caractérise par son aspect extérieur lisse, sans profilé apparent. Très proche de la façade VEP, dont elle reprend la technique de montage et les artifices d’étanchéité, elle relève cependant d’une plus grande technicité. Les cadres que l’on vient poser sur la structure ne laissent, en effet, voir que l’élément de remplissage, lequel est collé sur ses bords et sécurisé par des fixations ponctuelles. « Ayant connu un fort engouement, malgré un surcoût de 30 à 50 % par rapport à une façade à[…]

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